
Draconian, maîtres du désespoir ont encore frappé.
Célébrant le retour de leur vocaliste originelle, Lisa Johansson, Johan Ericson (guitare/choeurs, Doom:VS), Anders Jacobsson (chant) et Daniel Arvidsson (guitare, Mammoth Storm) ont également officialisé l’arrivée de Niklas Nord (guitare, DeathTrap) et Daniel Johansson (batterie, Antikvlt, ex-Wormwood) avec leur huitième album, In Somnolent Ruin.
On retrouve également la participation de Simon Bibby (My Silent Wake, Thy Listless Heart) à la narration.
L’album s’ouvre de manière très sombre et solennelle avec I Welcome Thy Arrow, première composition où l’on (re)découvre la voix de Lisa avant que la rythmique ne s’enflamme, proposant même un solo avant que les grognements d’Anders ne surgissent de l’ombre, recréant ce duo mythique qui nous enchante naturellement. Le contraste entre beauté et violence est parfaitement équilibré, les différents éléments soudés par les harmoniques qui nous mènent à The Monochrome Blade, second morceau où les six musiciens s’allient à nouveau pour nous proposer un son planant, même lors des passages plus agressifs. Le duo vocal se répond et danse dans la mélancolie, progressant à son allure vers Anima, titre où le groupe accueille à nouveau Daniel Änghede (Astroqueen, ex-Crippled Black Phoenix), bassiste de 2016 à 2019, au chant clair, proposant un duo d’une incroyable douceur avec Lisa, qui sera brisé par une partie lead et le retour du chant saturé. On passe ensuite à The Face of God qui revient dans la noirceur sonore tout en laissant les deux vocalistes s’exprimer chacun à leur manière, habitant les riffs lents et lancinants qui n’hésiteront pas à se briser, proposant un moment de quiétude avant de s’embraser à nouveau pour nous mener à I Gave You Wings, titre empli de tristesse qu’il tisse de manière extrêmement communicative grâce à des racines Doom angoissantes. Les parties les plus douces nous permettent d’apprécier encore plus pleinement le contraste avant de rejoindre Asteria Beneath the Tranquil Sea qui démarre avec un son apaisant mais très répétitif, et laisse Lisa poser sa voix pour un interlude très lumineux. La saturation revient sur Cold Heavens, imposant son agressivité si contagieuse que même la chanteuse proposera des parties bien plus intenses qui rivalisent avec les rugissements d’Anders, et donnent un rythme plus soutenu à la rythmique avant que Misanthrope River ne nous berce à son tour, se servant de sa lenteur pour nous captiver. Les hurlements se perdent dans le néant avant que la guitare ne s’embrase, pavant la voie pour les deux vocalistes qui reprennent finalement le devant de la scène, nous conduisant à Lethe, dernière composition qui démarre très doucement avec une simple mélodie et le chant clair, puis qui adopte les cris pour parfaire sa complémentarité avant le silence.
Bien que Draconian reste fidèle à ses racines, le retour de sa vocaliste permet au groupe de développer ses influences, proposant sur In Somnolent Ruin quelques passages très intenses inattendus. L’album sera parfait pour compléter la discographie.
90/100