Review 3249 : Ingested – Denigration

Nouvelle étape pour Ingested.

Récemment séparé de l’un de ses membres fondateurs, le vocaliste Jay Evans, le groupe anglais mené par Sean Hynes (guitare/chant, ex-Age of Suffering, ex-Annotations of an Autopsy), Lyn Jeffs (batterie, Mal, ex-Annotations of an Autopsy), Thomas O’Malley (basse, Worm Shepherd, Diabolus Incarnate, ex-Steel Mage) et Andrew Virrueta (guitare/chant, Interloper, Vampire Squid) se voit confronté à un autre souci : les accusations menées à l’encontre de Josh Davies (chant, Malice). Sans attendre, le groupe le congédie, et réenregistre toutes les parties vocales de son neuvième album, Denigration, qui sort en 2026 chez Metal Blade Records.

Le groupe nous offre un dernier moment de calme avec l’inquiétante introduction de Dragged Apart, première composition qui va rapidement nous rappeler à quel point le groupe est connu pour sa puissance de frappe, alignant blast, riffs massifs et parties vocales furieuses, appelant même Skyler Conder (Varials) pour renforcer l’assaut à coups de hurlements dévastateurs. On notera aussi le solo particulièrement mélodieux qui tranche avec le reste du morceau, mais la moshpart finale nous mènera dans la violence vers l’explosif Merciless Reflection, titre qui fait office de chaînon manquant entre Deathcore et Slam Death, prenant le meilleur des deux styles pour en faire une atout de choix qui brisera des nuques en live. Damonteal Harris (PeelingFlesh) se joint aux anglais pour décupler les rugissements avant de passer à Watch You Fold, morceau suivant qui propose des racines Old School en compagnie de John Gallagher (Dying Fetus), qui va apporter la touche brute qu’il maîtrise à la perfection avec son groupe. Les riffs groovy s’enchaînent, puis finissent par nous laisser au sol, donnant à Stitch by Stitch la mission de nous relever pour mieux nous molester avec ses palm-mute assassins qui prennent leur rôle très à coeur, renforcés par une basse pachydermique et une batterie furieuse. Côté chant, l’alternance est très bien gérée, tout comme sur We Are All Inherently Evil qui lui emboîte le pas et propose une touche saccadée propice au mosh et autres mouvements de foule plus ou moins organisés sous cette atmosphère pesante avant de revenir à la sauvagerie sur Dredge the Dark, titre où le groupe est rejoint par Kyle Medina (Bodysnatcher) pour encore plus de violence. La collaboration est encore une fois très naturelle, les univers des deux groupes étant assez proches, puis le groupe enchaîne à quatre sur Oaths Betrayed, le morceau suivant, qui leur permet d’alterner entre riffs rapides et moshparts pesantes à souhaits, puis avec Beaten Beyond the Veil qui propose des touches dissonantes entre les différentes vagues de puissance brute. Le titre n’a aucun temps mort et il nous roule dessus continuellement, enchaînant les claques à bonne allure avant de nous laisser entre les griffes de Steel Toe Truth, morceau énergique qui rappellera les débuts du groupes avec ces racines incisives, mais la fin de l’album se dessine déjà avec Cold Sun, titre qui nous accorde une introduction lointaine pour reprendre notre souffle avant de nous jeter à corps perdu dans la bataille, endurant cet océan de brutalité avant le final aussi épais qu’explosif.

Ingested endure les épreuves depuis quelques années, réagissant de la meilleure manière qui soit à la dernière, mais cela ne les a pas empêchés de rester fidèles à leurs valeurs et de nous proposer avec Denigration un nouveau recueil de la plus grande violence !

95/100

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