Review 3258 : Defect Designer – Depressants

Qui pensait que Defect Designer reviendrait aussi vite ?

Toujours allié à Transcending Obscurity Records, le groupe né en Russie (maintenant relocalisé en Norvège) mené par Dmitry « Mr. Scavenger » (guitare/chant, Diskord) et Martin Storm-Olsen (basse/chant, Hermit Dreams, ex-Trollfest), aidés par Eugene Ryabchenko (batterie, Fleshgod Apocalypse, ex-Banisher, live pour Babymetal, Decapitated, Vital Remains…) sort son quatrième album, Depressants.

On débute à toute allure avec Daily Dose of Gloom, premier titre aussi chaotique que l’était l’album précédent, frappant tous azimut entre Death, Grind et patterns plus expérimentaux qui feraient pâlir les fans de Prog organisé tant il est imprévisible. Le final lent et pesant nous sert à reprendre notre souffle, mais Butterfly Juice Straws n’est pas loin derrière, apportant sans attendre sa dissonance avant de retourner à sa technicité aussi poussée qu’explosive, nous balançant vague après vague sans jamais prévenir de ce qui pourrait se passer par la suite, et surtout pas le chant clair ni les leads orientés Hard Rock. On retrouvera ces traces plus douces sur Repeated Aversive Stimuli Inducer avant que l’ouragan ne reprenne, toujours aussi féroce mais aussi déroutant, créant un petit côté accrocheur par moments en s’apaisant comme pour rejoindre Carte Blanche, composition qui porte parfaitement son nom et qui semble tout autant le fruit d’une improvisation entre trois inconnus que l’une des pièces les plus structurées de l’album. L’aventure est différente avec Expiration Deferral Request Denied qui démarre plus lentement et s’oriente sur des tons Post-Metal presque aériens (toutes proportions gardées) avant de se montrer oppressant à nouveau et de soudainement passer le relai à Scorching the Rival Pogonomyrmex Burrows qui se montre immédiatement plus imposant et agressif, n’hésitant pas à rappeler tous ses éléments les plus violents. On se sent presque dépassé par ce qui se passe, tout comme sur Body Count of My Cow Tail où une voix féminine teinte le son de Blues, et aussi surprenant que cela puisse être; j’aime ce que j’entends, à l’inverse d’I Heard Robespierre Screamed Like a Bitch qui fait revenir cette migraine auditive quasi-permanente et s’offre même des racines plus Old School pour compléter le flot qui nous moleste. Petite pause avant d’enchaîner sur la rythmique haletante de Peons Before My Drabbing Wings qui va elle aussi broyer nos conduits auditifs avec ses vagues de sons tous plus dissonants les uns que les autres, usant même de claviers futuristes pour nous aider à parvenir à l’introduction épique d’As the Terracotta Dust Settles. Même si je sais généralement à quoi m’attendre du groupe, ce titre est de très loin le plus inattendu de l’album, et étrangement aussi le plus accessible (encore une fois, toutes proportions gardées), proposant des passages presque théâtraux et intenses avant de retrouver sa folie sur Awaiting the Return of the Golden Age, liant frappes brutes et riffs tordus. Si le morceau tend à revenir sur les sonorités puissantes, il garde ses éclats d’énergie communicative pour mieux contraster avec The Inevitable Mad Composite et son introduction une fois de plus étrange, qui n’a absolument rien à voir avec la déferlante qui nous roule dessus par la suite. La pression retombe, et c’est finalement avec Wrong Future Forecast que l’album va s’achever, et là encore, la surprise est totale : on assiste à une véritable bande-son de péplum avec des patterns instrumentaux majestueux.

Defect Designer a bien évolué depuis sa dernière sortie, et si certains titres vont donner mal au crâne aux musiciens les plus aguerris, on trouve sur Depressants des morceaux bien plus surprenants et appréciables, ce qui est encore plus déroutant !

80/100

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