Le rituel de Yoth Iria a repris.
Jim Mutilator (basse, Medieval Demon, ex-Rotting Christ, ex-Varathron), Vasilis Stavrianidis (batterie, Terrordrome, Twilight, ex-Head Cleaner), Nikolas Perlepe (guitare, Ritual of Odds, Dimlight, On Thorns I Lay), Naberius (guitare, Karma Violens) et He (chant, Rakoth, Superstatic, ex-Cruachan) sont maintenant signés chez Metal Blade Records, avec qui ils sortent Gone With the Devil, leur troisième album.

Nous découvrons cet album avec Dare to Rebel, une composition ancrée dans les racines grecques du groupe qui accueille chant massif et Black Metal entraînant, amenant mélodies entêtantes et violence majestueuse, laissant même une place à la voix claire qui répond aux rugissements. Le titre reste assez accessible tout en affirmant l’identité du groupe, tout comme Woven Spells of a Demon qui compte sur des leads perçants et des orchestrations pour compenser ses touches agressives et un peu plus sombres, ainsi que des refrains intenses où le vocaliste nous démontre l’étendue de son talent. Les instruments traditionnels apportent la pincée de mystère appréciable, complétée par les murmures, puis ce sont des choeurs féminins qui nous présentent The Blind Eye of Antichrist, titre le plus grandiose de l’album qui sonne déjà comme l’un des prochains hymnes fédérateurs du groupe lors des prochains lives. Le morceau est tout simplement l’essence même du Black Metal Hellénique, parfaitement équilibré entre approche mélodieuse et agressivité, alors qu’I, Totem nous expose à une part plus ténébreuse et oppressante de leur musique, affichant clairement un rythme malsain aux grognements terrifiants. Retour à la douceur avec 3am et ses touches entêtantes qui s’ajoutent à une rythmique déjà enivrante qui n’hésite pas à donner une place plus importante au chant clair avant de s’apaiser pour rejoindre Give ‘Em My Beautiful Hell, titre à nouveau contrasté entre violence et éléments entêtants dans la plus pure tradition du Black Metal Grec où l’on retrouve la lyre de George Rasoulis avant un final angoissant. Once in a Blue Moon prend le relai et nous révèle une intensité palpable dès l’introduction mais qui atteint ses points d’orgue sur les refrains avant de laisser place à Blessed Be He Who Enters, nouvelle composition elle aussi très accessible, notamment grâce aux guitares aériennes. Si le morceau pourrait être une parfaite porte d’entrée vers les styles extrêmes pour les néophytes, elle n’en est pas moins très appréciable et fédératrice, à l’inverse de The End of the Known Civilization qui profite d’un titre assez solennel pour développer toute l’oppression et la mélancolie possible au travers de guitares angoissantes qui nous mènent à leur rythme vers un final assez martial. Nous arrivons déjà au dernier titre de l’album, l’intrigante Harut, Government, Fallen et ses inspirations mystiques qui nous hypnotisent aisément et frappent à leur rythme, proposant diverses parties vocales qui se répondent et s’allient naturellement jusqu’au cri final.
S’il est aisé d’identifier les racines grecques de Yoth Iria, il est également évident de reconnaître que Gone With the Devil est un excellent album, forgé d’une main de maître par des musiciens qui savent parfaitement ce qu’ils font ! Les mélodies majestueuses prennent naturellement vie et réveillent en nous cette ferveur que nous attendions tant.
95/100
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