
Retour gagnant pour The Scalar Process.
Cinq ans après sa première création et dix ans après sa naissance, le groupe signé chez Transcending Obscurity Records mené par Mathieu Lefevre (chant), Eloi Nicod (guitare, Dawohl), Vincent Amar (basse), Thomas Giroud (batterie, live pour Adelon) et Lucas Martinez (guitare, Avaland, Seven Works of Mercy) dévoile son deuxième album, Agnomysticism.
Physical Conquest nous accueille avec des claviers majestueux, mais une première guitare vient très vite les rejoindre, suivie d’une autre plus saturée, et c’est enfin le groupe entier qui fond sur nous à toute allure, conjuguant puissance et technicité pendant que le vocaliste rugit de toutes ses forces. Le mélange est extrêmement efficace, et même si on constate quelques moments de relâche, le retour de flamme virulent au possible nous mène à la toute aussi agressive Far From The Flesh qui frappe sans attendre et propose une allure effrénée où les musiciens se déchaînent tous pour nous offrir une expérience intense. Là encore, les harmoniques nous offriront ce répit si appréciable dans l’ouragan de lourdeur et de violence qui s’apaise à nouveau avec Incessant Continuum, titre suivant où les harmoniques sont d’abord beaucoup plus aériennes avant de devenir cinglantes. Le contraste vocal est assuré par Andy Thomas (chant, Black Crown Initiate, Rivers of Nihil) qui place son chant clair enchanteur dans le moment le plus calme, mais qui cédera face au retour de la violence, suivi par Illness, où le groupe accueille cette fois Justin McKinney (guitare, The Zenith Passage, ex-The Faceless) pour compléter la rythmique ultra-saccadée du combo. Nouveau moment de flottement avec Affluent Marea et ses tonalités très éthérées qui s’envolent doucement avant de finalement s’enflammer et s’alourdir, puis A Breathing Moment nous laisse quelques secondes pour nous préparer avant de nous clouer au sol à son tour avec une rythmique aussi épaisse que dissonante. Blast et double pédale énergiseront quelques passages avant de revenir à une approche très travaillée, mais le titre est finalement assez court, et laisse place à la longue Agnomysticism qui prend le temps de développer chaque élément avec la technicité du Prog pour finalement mieux les faire exploser en même temps, révélant une violence dévastatrice. Bien que le groupe ait prévu des moments pour souffler, la saturation revient bien vite à la charge pour nous mener à Lack Of Colors, qui prend le relai et nous matraque sans ménagement avec des riffs aussi virulents que travaillés. Le titre va cependant très vite nous faire rejoindre Sigil, interlude planant aux influences Trip-Hop accueillant une voix fantomatique en arrière-plan, mais on sent que l’instrumentale se gonfle avant de déboucher sur le dernier titre, In A Light Frame, qui est infusé de son calme avant de finalement retomber dans sa violence et sa complexité en permanence pour clore l’album.
Si leur premier album vous avait plu, Agnomysticism va tourner un moment sur vos platines ! Alors que le groupe avait déjà un excellent niveau, l’enrichissement du line-up donne à The Scalar Process des armes pour faire encore mieux !
90/100