
Erdve ressort des profondeurs.
Depuis sa Lithuanie natale, le groupe signé chez Season of Mist et mené par Vaidotas Darulis (guitare/chant), Adomas Varnelis (guitare), Valdas Voveraitis (batterie) et Karolis Urbanavicius (basse) dévoile après cinq années de silence Epigrama, son troisième album.
L’album s’ouvre entre dissonance et lourdeur sur Epigrama, titre éponyme qui n’attend pas pour nous assommer avec des riffs massifs avant même l’arrivée des hurlements déchirants qui collent parfaitement avec les tons bruts du morceau. Il y avait longtemps que je n’avais pas eu de tels frissons tant les parties vocales sont déchirantes, même lors des quelques touches légèrement plus respirables, et il en sera de même pour Nyra, le morceau suivant, qui prend immédiatement le relai et nous hypnotise avec ses sonorités cristallines qui contrastent avec la base grasse et pesante. Là encore, c’est le clivage entre les différents éléments rend le son incroyablement communicatif alors que Skepsis s’axe sur une rythmique bien plus saccadée doublée de patterns complexes et travaillés, mais aussi de moments de pause bien méritées pour renforcer la reprise de la saturation, tout en intégrant les harmoniques légères. Les premiers instants d’Ydos pourraient nous laisser penser à un apaisement sous le groove planant de la rythmique, mais le retour des vociférations dynamise immédiatement le morceau, lui donnant même une vibe Hardcore avant une accélération inattendue et chaotique. Le titre reprend son rythme de croisière et nous violente jusqu’à Trukm? où l’atmosphère est loin de se calmer malgré le retour des leads enivrants, nous faisant revivre l’ouragan continu qui ne manquera pas de nous submerger comme à son habitude, s’enflammant même avant un passage Trap qui mène au final, puis à Svertas. Sans surprise, nous sommes à nouveau confrontés aux habituelles tonalités infernales étouffantes qui sévissent à différentes allures pour accentuer cet inlassable piétinement que nous subissons autant que nous l’apprécions, mais le titre nous réserve un véritable moment de flottement avant de reprendre sa marche lancinante vers Rauksles, non sans une dernière ruade. Cette nouvelle composition propose le rythme le plus accessible de l’album, mais il redevient aussi abrasif que les autres lorsque tous les éléments se combinent, puis nous profitons d’un temps de relâche avec les premières notes de Skleistis, dernier morceau qui nous cloue au sol pour mieux nous cajoler avec sa douceur, créant ici le plus gros clivage pour clore ce nouveau chapitre.
Erdve m’avait fait une très bonne impression avec son album précédent, mais il est évident que les cinq années qui le séparent d’Epigrama ont permis au groupe de développer et renforcer ce contraste désormais saisissant entre tous les éléments, liés par une lourdeur abyssale. Vous ne serez pas surpris de le retrouver dans le haut du classement de l’année des fins connaisseurs…
95/100