Review 3294 : Soulburn – Quantifying Cosmic Doom

Soulburn revient à la charge.

En 2026, Eric Daniels (guitare, Grand Supreme Blood Court, ex-Asphyx), Remco Kreft (guitare, Graceless, Just Before Dawn, ex-Grand Supreme Blood Court), Twan van Geel (basse/chant, Bunkur, Flesh Made Sin, ex-Legion of the Damned, ex-Sauron) et Marc Verhaar (batterie, Graceless) signent avec Testimony Records pour la sortie de leur cinquième album, Quantifying Cosmic Doom.

The Braveheart of Nightmares nous met immédiatement dans le vif du sujet avec une rythmique entre Black et Death Metal aussi agressive que majestueuse, s’apaisant à peine pour placer quelques harmoniques perçantes avant de ralentir d’un seul coup, puis de laisser un chant clair apparaître au milieu de ce chaos. Le mélange semblait assez calme, mais les hurlements viendront le troubler par moments, alors qu’un break mélancolique nous autorise à reprendre notre souffle pendant que l’histoire continue, cédant finalement sa place à Powehi, the Embellished Dark Source of Unending Creation qui revient aux tons imposants tout en créant un voile mystérieux grâce aux différentes parties vocales. Ces changements permettent de rythmer le long morceau qui se développe naturellement jusqu’à adopter lui aussi des influences Doom sur les passages lancinants, comme le final qui rejoint A Pyramid Absurd, morceau qui démarre très lentement mais qui ne manquera pas de laisser ses riffs s’embraser et proposer une saturation abrasive. L’oppression naît naturellement de ces sonorités infernales, mais on retrouvera également une touche plus mystique vers la fin avant que le son ne se redynamise sur An Impious Journey Through the Cathedral’s Mouth, titre suivant qui démarre immédiatement et nous emporte dans sa ferveur contaminatrice, mais qui ne durera malheureusement pas très longtemps. On enchaîne dans l’angoisse avec Stalactites of Molten Flesh, mais elle se change rapidement en riffs de plus en plus efficaces qui marqueront tout de même une légère pause pour laisser les parties vocales s’installer avant de mêler habilement les deux univers par vagues qui feraient heabanguer les plus récalcitrants. J’ai cru que mon fichier était buggé, mais le final est bel et bien surprenant, laissant soudainement place à M87 – What Hopes To Be Born? et sa mélancolie naturelle alimentée par un groove étrange et une alternance vocale mystérieuse, mais le morceau passe assez vite la main à Iconox Spew Black at the Razor’s Edge qui démarre très lentement, puis qui explose avec des racines Black Old School et saccadées, suivies de tonalités bien plus pesantes et entêtantes. Les notes étouffantes reviennent sur Down Among the Stars, titre lui aussi lancinant et infusé au Stoner/Doom lourd et fumant qui nous écrase à son allure, puis la violence resurgit avec The Desolationist, d’abord assez doucement, puis en revenant aux racines majestueuses qui décuplent la fureur. Le final est plus apaisant, à l’inverse d’In the Very Time That Will Rot Us qui accélère sans attendre et nous propose des vagues d’agressivité accrocheuses avant de rejoindre An Innocuous Swathe of Sky où le son redevient lancinant, enivrant et hypnotique pendant que le vocaliste nous replonge dans cet océan sombre et occulte, ponctué de petites éruptions de brutalité avant de rejoindre le silence.

Avec ce très long nouvel album et ses onze compositions, Soulburn prend le temps de développer son univers, que ce soit dans un Doom/Death planant ou dans un Black/Death plus furieux. Si vous prenez le temps de le découvrir, Quantifying Cosmic Doom peut vous réserver bien des surprises.

75/100

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