
Le chaos règne chez No Vale Nada.
Pour leur troisième album, Quidam, Davy (chant/noise machines), Noze (guitare), Hugo (guitare/claviers) et Chrysal (batterie) ont choisi de s’allier avec les labels Itawak Records, Vox Project, Araki Records et Ace Of Wands.
L’album débute avec la sobrement nommée Intro, qui affiche déjà clairement son caractère dissonant et surprenant avant de devenir presque inaudible puis d’enchaîner avec Sans contact, morceau très agressif où riffs et hurlements s’entrechoquent à grand renforts de parties bruitistes. La rythmique est elle aussi imprévisible, ralentissant pour s’alourdir ou au contraire s’emballant avant le final qui mène à Quidam, morceau éponyme qui reprend l’approche explosive, changeant sans cesse d’allure pour nous matraquer comme bon lui semble. Le titre est très court, et passe rapidement la main à Les deux-tiers, nouvelle composition qui propose une approche un peu plus structurée, mais qui ne lésine tout de même pas sur les passages les plus abrasifs, incluant même de la saturation pesante sur le break censé être plus calme. Sortie d’affaire dévoile une énergie brute et communicative façon Post-Hardcore saisissant, mais là encore le morceau passe assez vite, tout comme 03 qui propose une pause plus mélancolique quoiqu’un peu inquiétante qui n’atteindra pas les deux minutes. On revient à la violence avec Sombre héros, titre vindicatif qui explose régulièrement et nous propose son flot irrégulier mais accrocheur avec cependant un final plus expérimental et presque chaotique qui ralentit pour rejoindre Un culte où le son redevient plus sauvage. Là encore, le groupe se plaît à changer d’allure et provoquer des vagues d’agressivité brute avant un long passage plus calme mais très étrange et bruitiste qui mène à Imaginaire trouble, titre qui représente d’abord un véritable imbroglio sonore, puis à nouveau un moment d’angoisse, et enfin une nouvelle explosion, cette fois un peu plus cadrée aux racines Sludge. Une fois la tempête terminée, Consommer les rituels prend le relai et nous expose à une lourdeur infernale couplée à des parties vocales lointaines qui complètent les cris avant que les notes ne volent à nouveau dans l’atmosphère enfin apaisée du long titre, qui nous abreuvera d’une dernière dose bruitiste avant de rendre les armes et clore l’album.
Il y avait bien longtemps que je n’avais pas écouté un tel vacarme organisé ! No Vale Nada n’est clairement pas un groupe accessible, et les musiciens le revendiquent avec Quidam, qui n’a de cesse de nous exploser dans les tympans pour mieux afficher sa singularité.
70/100