
Funebrarum n’était pas mort.
Alors que son dernier EP date de dix ans déjà, le groupe composé de Daryl Kahan (chant, Citizens Arrest, ex-Disma, ex-Darkened, ex-Abazagorath…), Winslow (basse, Mutant Supremacy), Charlie Koryn (batterie, Ascended Dead, ex-Chthonic Deity, ex-VoidCeremony, live pour Incantation et Morbid Angel…), Sam Osborne (guitare, Hulder, ex-Undergang) et Phil Tougas (guitare, First Fragment, Chthe’ilist, Worm…) revient à la charge avec son troisième album, Beckoning the Void of Eternal Silence, via Pulverised Records.
On débute avec The Arrival, une introduction sombre et oppressante mais qui comporte toutefois quelques passages majestueux avant de rejoindre Beckoning the Void of Eternal Silence, titre éponyme qui démarre assez lentement, offrant une première vague de noirceur accrocheuse avant de nous foncer dessus à toute allure avec les premières vociférations. J’avais presque oublié à quel point le groupe était pesant et malsain, assénant ses riffs comme si sa vie en dépendait et ajoutant une touche de technicité sur les leads finaux avant de passer à Sa Nagba Amaru, composition mystérieuse, mais elle aussi assez pesante qui devient bien plus vindicative en accélérant. Des influences Doom/Death sont explorées dans les moments les plus lancinants, mais c’est bel et bien la violence qui prime tout comme sur Through the Barren Halls of Grieving Emptiness qui lui emboîte le pas et propose un mélange Old School de Blackened Death à bonne allure que le groupe exploite avec une touche de complexité. Tous les musiciens sont mis à contribution pour créer un son infernal qui débouche sur Into Dark Domains, titre qui va s’embraser d’un seul coup et nous emporter dans son torrent de fureur occulte. L’intensité ne désemplit pas, sauf sur les tous derniers instants assez mystérieux qui nous font traverser les limbes jusqu’à Ancestral Manor, interlude d’une minute trente aussi apaisant qu’intrigant et théâtral avant de retrouver violence et lourdeur sur Anhela Odor Mortuorum (The Adepts), qui lui emboîte le pas et nous replace immédiatement dans son atmosphère pesante. Sans surprise, le titre est d’une efficacité redoutable, n’hésitant pas à faire diminuer l’allure pour alimenter l’oppression naturelle avant de repartir à bonne allure pour les leads puis sur From Rotting Burial Shrouds qui prend immédiatement le relai et frappe de toutes ses forces grâce à des patterns chaotiques. La touche mélancolique surprendra entre deux ouragans tout comme celle plus dissonante de Turning the Stones of Torment qui prendra le relai et nous abreuvera sans mal de sa vivacité impressionnante mais toujours assez naturelle, comme si les musiciens n’avaient travaillé leurs instruments que dans ce but. Le final est bien plus apaisé, mais c’était sans compter sur The Whispering Cathedral – Epilogue qui vient nous déverser plus de huit minutes de ses sonorités occultes et parfois même presque ritualistiques qui enchaînent sans transition avec l’agressivité ravageuse ou les parties imposantes aux claviers qui les complètent jusqu’au dernier moment.
Il y avait bien longtemps que je n’avais pas vu le nom de Funebrarum, mais le groupe sait compenser son absence avec des titres de qualité pour former Beckoning the Void of Eternal Silence, sa nouvelle ôde à la noirceur.
85/100