Review 3306 : Mork – Monolitt

Pas de repos pour Mork.

A peine son précédent opus promu comme il se doit, le projet mené par Thomas Eriksen (guitare/chant/basse, The Deathtrip, Udåd) signe déjà un huitième opus, nommé Monolitt, en collaboration avec Peaceville Records.

On notera la participation d’Asgeir Mickelson (batterie, God of Atheists, Veil of Secrets, ex-Borknagar, ex-Ihsahn…) à la batterie et d’Øyvind Kaslegard (Disintegration, Svart Lotus) au chant additionnel.

L’album s’ouvre à toute allure sur la glaciale Under Vekten Av Verden, titre qui peut sans mal passer d’une touche agressive à des parties majestueuses avant de revenir naturellement à l’autre extrême par une pointe de dissonance propre à ses racines norvégiennes. Les parties vocales brutes sont complétées par quelques choeurs menaçants, mais le mélange est cohérent, proposant même des harmoniques entêtantes pour captiver notre esprit avant de passer à Ødelagt où l’assaut reprend de plus belle. Quelques touches lancinantes se greffent aisément aux vagues de fureur brutes, créant parfois un contraste important entre les différentes parties du morceau, comme sur le final oppressant duquel découle un coup de tonnerre, puis l’étrangement mélodieux Torden, morceau à la fois aérien et relativement violent, le rendant très accrocheur. Quelques parties de chant clair se mêlent aux rugissements, et malgré qu’il soit assez court, le titre se montre plein de rebondissements, comme on le constate sur le break qui mène à Skrømt et ses harmoniques perçantes qui arpentent une rythmique déjà bien abrasive mais aussi quelques éléments plus angoissants. L’album se poursuit avec Ferdamann, titre à la fois martial et épique qui propose une base solide sur laquelle remuer le crâne, mais aussi des mélodies et choeurs très entraînants qui le rendent assez accessible, tout comme l’introduction d’Inn i en annen sfære, le plus long morceau qui nous dévoile d’abord une douceur enivrante avant de s’enflammer sans prévenir. Les habitués du groupe seront immédiatement happés dans cette nouvelle accélération aux relents Old School, mais également dans les tonalités mystiques qui ne prennent fin que pour nous mener à Martyr et à ses riffs tranchants infusés aux effluves malsaines. Le morceau est également assez rythmé et passe en un rien de temps, passant le relai à Jutul qui se montre immédiatement bien plus vif, puis qui se diversifie à son tour et propose des parties bien plus mélodieuses que ce à quoi je m’attendais ainsi qu’un véritable moment de douceur avant la dernière charge. Utryddelse vient refermer l’album avec un temps d’angoisse auquel succède un son lourd, puis une nouvelle vague de rage qui emporte tout sur son passage dans la tradition du Black Metal norvégien, et l’album restera ancré dans ses racines à chaque instant, peu importe l’allure.

Bien que le Black Metal ne coule dans ses veines, Mork n’hésite pas à adopter des influences plus variées que les arcanes Old School, faisant de Monolitt un véritable recueil de noirceur aux différentes volutes qui plairont à la fois aux fans de la première heure, mais aussi aux nouveaux venus.

85/100

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