Review 3312 : Verdun – Abyssal Womb

Plus de pitié pour Verdun.

Sept ans après son dernier album, et cinq ans après le split réalisé avec Old Iron, le groupe français réunissant David Sadok (chant, Le Vicaire), Jay Pinelli (guitare, Doctor Livingstone), Florian Celdran (basse, ex-Fleshdoll) et Geraud Jonquet (batterie, ÖfÖ Am) signe chez Transcending Obscurity Records pour la sortie de son troisième long-format, Abyssal Womb.

Le groupe démarre en douceur mais aussi en lourdeur avec Funeral of the Cosmic Knight, premier titre aussi pesant que mélancolique à première vue, puis qui devient bien plus agressive avec l’arrivée des vociférations qui répondent aux harmoniques hypnotiques et à leurs larsens contrôlés. On notera tout de même ce break central pour reprendre nos esprits avant d’être de nouveau soumis à un son épais pour rejoindre Silent Witness qui lui emboîte le pas avec une approche assez similaire, tissant d’abord des tonalités dissonantes pour nous captiver avant de s’alourdir. La rythmique développe toujours son aspect lancinant et vaporeux même lors des vagues les plus intenses, puis c’est avec He Who Killed the Devil que le pas accélère, proposant des passages énergiques et accrocheurs qui répondent à ceux toujours aériens, ainsi qu’aux quelques choeurs clairs qui sortent de nulle part. Le son nous piétine régulièrement, prenant des accents presque théâtraux pour rejoindre La lame et la chair, premier morceau au titre en français qui se montre encore plus intense et étouffant que les autres, enchaînant les images pour nous conter son histoire macabre avant de rejoindre Rise of the Atomic Ghouls, le titre suivant. Le groupe repasse à l’anglais pour continuer de nous matraquer avec sa touche malsaine addictive qui se répand dans les riffs les plus lents avant de se transformer en éléments presque épiques à bonne allure sur The Man Behind My Eyes, composition suivante où le contraste est encore plus marqué qu’auparavant. Les vagues d’agressivité ponctuent le chemin déjà chaotique, mais la deuxième moitié du morceau sera encore plus infernale après le break, récupérant une touche planante pour rejoindre Les noces du néant, dernier titre où le chant clair apparaît en premier, nous permettant de nous raccrocher à cette dernière trace de douceur avant que les hurlements ne ressurgissent de l’ombre, accompagnant notre progression de par leur dualité et leur complémentarité avant de nous abandonner au silence.

J’avais complètement perdu la trace de Verdun suite à leur dernière sortie, mais Abyssal Womb me prouve que le groupe est loin de s’être reposé sur ses lauriers ! L’album est poisseux et abrasif à souhaits, et cette touche d’intensité contagieuse est toujours présente !

90/100

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