
Il est déjà et enfin là, le brûlant quatrième jour du Hellfest Open Air Festival 2026 s’ouvre à nous et à nos courbatures !
Sans surprise, je le passerai surtout sous les tentes hurlantes (pas seulement à cause de la canicule), et j’ai plus que hâte d’en découdre avec une fois encore des nouveautés, mais aussi des valeurs sûres.
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J’arrive pile pour assister au début du show de Tempt Fate, groupe dont je connais la musique, mais que je découvre sur scène alors que Raven les avait interviewés il y a trois ans, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont de l’énergie à revendre ! Bien que l’Altar ne soit que très peu remplie, les cinq musiciens vont tout donner pour nous offrir une demie-heure de Thrash/Death furieux aux rythmiques accrocheuses surmontées de vociférations puissantes et d’harmoniques sanglantes aux touches Old School, et ça marche ! S’il faut du temps pour réveiller les plus courageux de Clisson, la motivation de Simon Guennoc (chant) est contagieuse, et on notera sur la fin du show une belle brochette de headbangueurs ainsi que de nombreux applaudissements pour féliciter les toulousains !
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L’une des formations qu’il me tardait le plus de voir est Silhouette, groupe très récemment signé chez Les Acteurs De L’Ombre, et qui est l’un des seuls de la journée à proposer ce double chant marqué et saisissant mené par Yharnam et Ondine. Là aussi, la tente a peiné à se remplir au début du concert, mais une fois l’atmosphère en place, les présents sont captivés, à la fois par l’alternance vocale, mais aussi par les vagues de noirceur offertes par les musiciens qui suivent un schéma bien précis tout en remuant le crâne. Mais alors que les passages les plus intenses nous parviennent, les micro vont assez souvent saturer, et nous proposer quelques moments assez désagréables qui peineront à être corrigés, empiétant sur la performance qui partait pourtant très bien… Une réception en demi-teinte selon moi, mais je suis plus que volontaire à réitérer l’expérience dans d’autres conditions.
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Premier constat en arrivant devant les danois de Bloodstain, le guitariste/chanteur Oskar Lindroos est littéralement le sosie de James Hetfield il y a quarante ans ! Le groupe joue donc tout naturellement du Thrash, et moi qui ne suis à la base pas vraiment amateur de ce genre, je me prends très facilement au jeu, et commence même à remuer le crâne entre deux photos tant leurs riffs sont accrocheurs. Malgré un petit problème de son qui vaudra au groupe de passer en trio quelques minutes, le quatuor donne tout dès ses premiers instants de jeu, et le public encore timide est réceptif, levant poings et cornes à chaque demande et entre tous les morceaux. Mais le groupe n’a pas le temps de s’éterniser, et c’est à peine un rapide “thank you” lâché qu’il entame le titre suivant, puis celui d’après, et ainsi de suite jusqu’à avoir rempli sa demie-heure de temps imparti, saluant et repartant sous des acclamations amplement méritées. Là encore, à revoir !
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Le changement d’ambiance est total pour Midnight Odyssey, trio majestueux et immobile qui œuvre sans batterie. Une fois la surprise passée, on se laisse aisément transporter par les riffs du groupe complétés par les hurlements de Dis Pater (basse/chant) qui est le seul élément à pouvoir nous tirer de temps à autre de notre torpeur tout en l’accentuant par moments, tant le son du groupe est lancinant, et heureusement très bien géré. Le public est calme, profitant de cette brise glaciale et apaisante alors que la chaleur est déjà presque intenable, mais les australiens restent de marbre, alignant leurs morceaux dans un calme olympien avant de quitter la scène. Déroutant, mais savoureux.
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On repasse à l’énergie brute avec Sublime Cadaveric Decomposition, groupe habitué des festivals au large sourire qui va tenter de faire remuer la fosse grâce à son mélange GoreGrind et Death/Grind pas piqué des hannetons qui démarre dès le coup d’envoi. Si on notera un léger souci de son côté guitare, le mélange reste gras à souhaits, et les premiers excités sont déjà lancés alors que le show débute à peine, prouvant l’attachement du public pour ce groupe qui compte parmi nos légendes françaises. Mais là non plus, le groupe n’a pas beaucoup de temps devant lui, et fort heureusement les titres sont très facilement enchaînables, laissant tout de même le temps à Seb (chant) de nous remercier de notre présence malgré la température. Ni une, ni deux, ça repart, ça frappe, et c’est finalement déjà fini. J’en aurais bien repris une part…
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Retour dans les ténèbres de Thy Light, formation brésilienne d’origine mais désormais internationale menée par Paolo Bruno (guitare/chant) qui nous propose quelques candélabres pour habiller son DSBM austère et peu accueillant pour les néophytes. Ayant depuis longtemps dépassé ce stade, je savoure chaque note de détresse, de misère et de désolation qui s’écoule des enceintes, et même si scéniquement, le groupe reste assez sobre, la musique est plus qu’équivoque. La chaleur n’importe plus, je suis transporté par la mélancolie douloureuse et saisissante du combo, je me vois errer mentalement dans la noirceur abyssale de leurs longues compositions qui hantent chaque coin de la tente, et qui résonnent encore après leur départ, célébré mais tout aussi froid que leur présence, en faisant un moment hors du temps.
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Retour à la réalité avec le show malheureusement expéditif de Fulci qui va encore nous balancer des parpaings sauce Giallo en pleine face, et qui va également rien qu’à constater que Fiore Stravino (chant) reste Old School jusqu’à la moelle et porte un longsleeve. Une fois la petite goutte évacuée de mon front, le Brutal Death des italiens est toujours aussi dévastateur, et porté par cinq gaillards en pleine forme qui ne cessent de headbanguer, les morceaux étant à peine séparés par quelques samples qui les rendent immobiles mais participent à cette atmosphère horrifique. Le son reprend inlassablement, le vocaliste penché sur ses retours à se briser la nuque et à hurler, et même si contrairement au show parisien les lumières sont plutôt bonnes et qu’il n’y a pas d’écran au fond de la scène, l’immersion est totale, et les crânes bougent bon train dans la fosse. Un rapide “Hellfest, thank you so much” concluera cette performance incroyable.
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Retour à la Temple pour les très rares Scour, menés par celui qu’on pourrait presque qualifier de résident à temps plein, Phil Anselmo (chant), qui – comme en 2017 – s’aidera de son pupitre pour les paroles des morceaux. Si la situation peut faire sourire, elle fera plaisir aux fans, car entre deux vagues de rage maîtrisée issues de toute la discographie du groupe, il chiffonne puis lancera devant lui une feuille, avant que ses camarades et lui ne repartent à l’assaut de nos tympans avec un son abrasif et au mix pas toujours très avantageux. Les musiciens sont très énergiques, mais tous les regards sont évidemment tournés vers le vocaliste, peu mobile, qui prend tout de même le temps de remercier entre deux morceaux, et tout le monde semble passer un bon moment. On observera même quelques excités suant à grosses gouttes qui veulent remuer…
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Remplaçant Forbidden, ce sont maintenant les grecs de Suicidal Angels qui montent sur l’Altar et qui ont pour mission de nous faire transpirer avec un Thrash de derrière les fagots que même moi j’apprécie ! Après une intro sur la bande-son des Dents de la Mer, les quatre gaillards s’élancent et placent des riffs virulents qui vont sans mal lancer la fosse, pendant que Nick Melissourgos (guitare/chant) n’hésite pas à haranguer entre ses parties vocales, elles aussi furieuses. Il y a malheureusement peu de monde sous la tente, mais le groupe ne nous ménage pas, enchaînant les morceaux entre deux “what’s up” ou “let’s go” rapides, signe que du haut de leur vingt-cinq années de carrière, ils ne sont pas là pour plaisanter mais plutôt pour frapper fort, et que ce soit rythmique, chant ou solos, tout est efficace et parfaitement exécuté, et les présents en profitent.
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Retour à la noirceur avec Gehenna, formation norvégienne née la même année que moi et qui doit jouer trois ou quatre concerts par an (dont un à Montbéliard en 2020 et ici même en 2014), mais qui nous fait cette fois-ci l’honneur de venir rafraîchir l’atmosphère avec un Black teinté de Death pesant et malsain. Le show est majestueux bien qu’agressif, avec un assaut vocal mené par Sanrabb (guitare/chant), épaulé par Svartalv (basse) qui n’hésite pas à se déplacer un peu pour maintenir l’attention pendant que leurs riffs nous envoûtent, malgré le peu d’affluence devant cette rareté musicale. J’ai peiné à remarquer la claviériste, bien en retrait par rapport aux autres musiciens, mais sa touche est parfaitement audible, soutenant les passages les plus aériens alors qu’elle disparaît presque lors des plus agressifs, permettant au groupe d’instaurer un bon rythme avant de quitter la scène sans demander leur reste.
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Retour à l’Altar pour une légende, que dis-je, LA voix qui a marqué le Death Metal il y a des années, le grand retour de Six Feet Under après douze années d’absence, et qui va aujourd’hui encore régaler ses fans. Personne n’a vraiment compris pourquoi le groupe a mis si longtemps à revenir… du moins jusqu’à ce qu’il commence à jouer : si du côté des musiciens, RaySuhi (guitare), Jeff Hughell (basse), Ruston Grosse (batterie) et Jack Owen (guitare) tiennent parfaitement la route – ce dernier s’autorisant même à danser un peu sur les riffs groovy – c’est du côté du chant que le bât blesse. Chris Barnes reste immobile, haranguant à peine et ses parties vocales (bien qu’améliorées depuis quelques albums après une période de vide) sont à peine audible, mis à part ce célèbre “eeeeeee” qui lui sera bien (trop) sonore… Malgré tout, les américains sont content d’être là, la fosse remue gaiement, j’ai pu remuer la nuque sur Revenge of the Zombie, et nous aurons même droit à deux reprises de Cannibal Corpse pour clore le set.
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Cela faisait un moment que je n’avais pas vu Wolves In The Throne Room, mais c’est surtout la première fois que j’ai l’occasion de les voir hors d’une glaciale salle de concert parisienne, et les américains prennent cette fois toute la place dont ils ont besoin. Le sample d’intro est un peu long à mon goût, mais lorsque le groupe démarre, la froideur de leur Cascadian Black Metal me rappelle pourquoi je suis là, et pourquoi leurs performances live sont toujours aussi saisissantes. Un peu de fumée vient compléter leur jeu de scène énergique, laissant les frères Weaver (guitare/chant) gérer les parties vocales pendant que leurs riffs déferlent sous la tente, emportant l’esprit de quiconque s’y laisse happer, et les seuls moments de répit seront les entre-titres, qui ne durent évidemment pas et nous laissent poursuivre le rituel sombre. C’est une fois encore un véritable coup de maître pour les musiciens venus de l’Evergreen.
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Il est l’heure de perpétuer la légende de Possessed avec une heure de Death/Thrash pur jus, et c’est sous les applaudissements des fans impatients que Jeff Becerra (chant) s’avance, souriant sur son fauteuil, juste avant que le coup d’envoi ne soit lancé. Si une fois de plus, Robert Cardenas (basse) est relégué au fond de la scène, Daniel Gonzalez et Claudeous Creamer (guitares) font largement le show aux côtés du frontman, tout de même assez mobile entre deux hurlements et haranguant une foule déchaînée. Entre les morceaux, nous aurons droit aux remerciements et présentations de Jeff, très calme et visiblement touché de revenir encore et toujours sur le festival, mais dès que les riffs nous fouettent les esgourdes, il se transforme en meneur féroce que rien ne peut arrêter, et les titres s’enchaînent, faisant honneur aux trois albums de leur discographie. Vu l’activité récente du groupe, je ne serais pas surpris de voir un petit frère arriver tôt ou tard…
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Je délaisse mes tentes adorées pour un show exceptionnel : le tout premier concert européen d’Acid Bath. Lorsque le festival l’avait annoncé, j’avais du mal à croire que le groupe sortirait enfin d’Amérique, mais lorsque Black Sabbath résonne sur la Valley en guise d’intro, je sais que c’est enfin chose faire. Zack Simmons (batterie) s’installe, Mike Sanchez (guitare), Shane Wesley (basse) et Sammy Duet (guitare) rejoignent leur poste, suivis par Dax Riggs (chant), et la graisse auditive démarre, avec des amplis probablement mis à 11 au vu du volume sonore qui écrase un public massé au possible, et qui est déjà en ébullition ce soir. Les musiciens se mettent à headbanguer pour accompagner leur groove abrasif pendant que le vocaliste reste immobile, aidé lors de certains hurlements par le très expressif Sammy qui n’hésite pas à prendre la parole entre les morceaux, lâchant des “I can’t hear you!” pour entendre la foule hurler toujours plus fort. Les titres s’enchainent à bonne allure, alternants accents Doom et Sludge, et lorsque je pars de l’endroit, je me dis que j’ai enfin vu cette légende, qui officiera dans quelques jours au Stade de France, et qui a enfin la reconnaissance qu’elle mérite.
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Autre scène, autre légende, mais déjà vue de nombreuses fois, c’est avec Napalm Death que la soirée continue, et bien que j’en sois à mon dixième concert des britanniques, je ne me lasserai jamais de leur déferlement de violence vindicative, menée par un Mark “Barney” Greenway (chant) toujours aussi souriant entre les morceaux, et déchaîné lorsqu’il chante, arpentant la scène comme si sa vie en dépendait. A ses côtés, Danny Herrera (batterie), John Cooke (guitare/chant) et Adam Clarkson (basse/chant) ne vont pas démériter, assurant leurs parties comme de beaux diables remuant également (mais toujours moins que le vocaliste), et le show est toujours aussi violent qu’à l’accoutumée, et la foule le leur rend bien alors que Barney ne manque jamais une occasion de placer son habituel “thank you merci beaucoup” entre les morceaux, en présentant même quelques uns comme Everyday Pox, “a song about paranoia”. Je ne resterai cependant pas sur tout le concert, mais j’apprendrai plus tard que la setlist fut malheureusement écourtée, mais fort heureusement les anglais ont fait rage pour clore l’Altar en beauté !
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Dernier concert du festival, et aussi surprenant que cela puisse paraître… je n’avais encore jamais vu Down, alors que je viens au festival depuis 2014. J’ai donc décidé de faire une infidélité à ma Temple chérie pour enfin me rattraper et voir une deuxième fois dans la même journée Phil Anselmo (chant), mais cette fois-ci avec un son bien plus lourd, vu l’orientation Sludge de sa formation et dont le show démarre au quart de tour. Jimmy Bower (batterie) tabasse joyeusement ses fûts, Pepper Keenan et Kirk Windstein (guitares) se mettent en avant pour aligner leurs harmoniques pendant que Patrick Bruders (basse) headbangue furieusement, et le plus calme dans l’orchestre reste le vocaliste, qui marche tranquillement en hurlant, pendant que la fosse est elle aussi bien excitée. Entre deux titres au mix gras assumé, on notera des “let me see that hands in the air!” qui permettent de respirer, mais les rythmiques reprennent bien vite, assurant un peu plus d’une heure de tabassage de crâne en règle, pendant laquelle tous les membres suent à grosses gouttes malgré la nuit tombée, mais seront acclamés comme il se doit, et quitteront la scène le sourire aux lèvres.
Arrêté préfectoral oblige, le traditionnel feu d’artifice n’a pas été tiré, mais l’annonce est conséquente pour les vingt ans du Hellfest : dix scènes et 300 groupes, de quoi fêter en grande pompe cet anniversaire qui s’annonce déjà pantagruélique pour les amateurs de Metal en tous genres… L’aventure 2026 est terminée, et bien qu’elle soit éprouvante, elle est véritablement satisfaisante ! La chaleur ne nous a pas rendu la tâche facile, mais mes compagnons de festival et moi sommes tous ravis de l’expérience ! Bilan : 59 groupes shootés, 60 vus. Je n’ai compté ni les kilomètres, ni les litres d’eau quasi-immédiatement transformés en sueur, mais je peux vous assurer qu’ils sont également légion ! Sur ce, j’ai “quelques” photos à traiter…
Encore merci à toute l’équipe du Hellfest, à ses bénévoles, à la team presse, et aux groupes pour avoir une fois de plus assuré comme jamais !