Review 3319 : DeadTrees – New World

Les perles fleurissent naturellement, et DeadTrees en est une qui vient de Chine.

Le projet est né de l’esprit de MMM, musicien chinois connu également pour être le vocaliste de DeathKnell ainsi que le fondateur de Fluffy Moon Productions, et si sa première sortie connue remonte à 2018, c’est en 2026 que l’homme sort son quatrième album, New World, en partenariat avec Pest Productions.

Les portes de son univers nous sont ouvertes dans la douceur avec Extinguished City, premier titre d’abord ancré dans la musique folklorique asiatique, puis teintée d’un Post-Black Metal pesant et saisissant qui appelle lui-même une pointe apaisante pour se contraster entre deux vagues de noirceur. Le mélange est aussi complémentaire que cohérent, tout de même troublé par les leads déchirants qui s’invitent dans son flot qui chemine vers Transcendence, second morceau où l’on retrouve d’abord l’approche Blackgaze suivie d’un saxophone plus expérimental mais toujours assez mélancolique. Là encore, la magie opère, et bien qu’à première vue ils pourraient sembler totalement opposés, tous les éléments marchent main dans la main pour alimenter l’atmosphère onirique qui se développe naturellement, devenant même un peu chaotique avant un final enivrant qui mène à Archon of Anguis. Un moment de quiétude nous attend, mais la saturation nous happe naturellement à nouveau dans ce tourbillon étrange mais fascinant qui n’hésite pas à piocher dans des racines encore plus dansantes, mais aussi dans d’autres presque bruitistes pour créer cette trace unique et presque hors du temps qui laisse autant s’exprimer les éléments Post bruts que la fragilité des instruments traditionnels. Les vagues déferlent sur nous jusqu’à ce que Drink & Dance ne nous recueille, affichant immédiatement un paradoxe musical entre la batterie virulente et les nappes planantes des autres instruments que l’on savoure tout en étant ébahis par la puissance développée par le musicien tout comme devant la sensibilité qui se tisse dans nos oreilles alors que le capitaine la malmène avant de passer à Dead Screen qui nous abreuve d’un court moment de douceur lancinante. La batterie sera une fois de plus l’élément qui met le feu aux poudres, invoquant saturation et noirceur dans ce tableau aussi majestueux que surprenant et qui n’hésite pas à saupoudrer une touche de joie de vivre enivrante à son break pour relancer la machine avant le piano qui nous guide à New World. Le titre éponyme est également le plus long, mais il n’est clairement pas le moins intense, puisque chaque seconde de ses huit minutes est entièrement dédiée à captiver notre attention, chose qu’il fait à la perfection, que ce soit dans ses harmoniques, sa rythmique vibrante ou ses notes pénétrantes qui se noient dans le son lancinant à souhaits, mais c’est après le point d’orgue que représente le final que le silence se fera.

Si le talent n’a pas de frontières, DeadTrees n’a pas non plus de limites. Naviguant à son gré dans une palette entre Black Metal, éléments Folk et touches Électroniques ou minimalistes, le projet nous livre avec New World un véritable dépaysement. Courez l’écouter.

95/100

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