
TodoMal s’est élevé.
Créé en 2020 en Espagne par Christopher B. Wildman (guitare/chant, Dejadeath, ex-Asgaroth) et Javier Fernández Milla (basse/composition, Yskelgroth, ex-Nexus 6), le duo signe en 2026 chez Season of Mist pour la sortie de son troisième album, Graveyards of Joy.
Les musiciens sont accompagnés sur scène par Bud (batterie, Dejadeath, Jade), Javier Félez (guitare, Graveyard, Of Darkness, Spectre, Teitanblood) et Cecilia Tallo (claviers/chant, ex-Maud The Moth), ainsi que Teodora Gosheva (chant) et Darío Garrido (guitare) pour l’enregistrement.
Le désespoir débute au son inquiétant de Mare Ignis, première composition assez pesante et lancinante qui dévoile progressivement ses différentes voix, développant finalement un côté presque rassurant et grandiose lorsque tous les éléments marchent naturellement main dans la main dans la mélancolie. Bien qu’assez long, le morceau passe facilement à Lucid Nightmare et ses tonalités angoissantes qui assombrissent le paysage, devenu assez épique et renforçant cette partie entêtante grâce à des leads perçants entre deux moments où les voix se mêlent harmonieusement, puis c’est Point of Coalescence qui vient à nouveau donner au des teintes ténébreuses au tableau. Il nous apparaît plus solennel, presque même martial et oppressant par moments, à l’inverse de Misericordiah qui nous propose un interlude apaisant tout en douceur, sans aucune saturation pour venir trahir ce moment où la voix peut errer en paix sur les cordes. On revient à la lourdeur avec Unholy, morceau qui devient très rapidement entraînant et embrume notre esprit pendant que parties vocales et mélodies dansent et se répondent entre ces voiles brumeux qui font voyager notre esprit jusqu’à Deliverance qui nous accorde un temps de répit avec son introduction claire, puis qui y ajoute saturation, amertume et nostalgie. Le titre est à la fois le plus lumineux et le plus vaporeux de l’album, mais aussi le plus progressif et contrasté, profitant de ses sept minutes pour nous offrir un véritable voyage mental entre passages imposants, moments saccadés et d’autres plus dépouillés, mais il finira lui aussi par s’éteindre pour rejoindre la chaleureuse et très accueillante Humanised Gods, composition assez courte pour du Doom mais qui nous enveloppe sans attendre dans son écrin de quiétude en attendant que For Mercy ne prenne le relai en acoustique. Les deux titres sont relativement similaires, mais possèdent chacun leur propre touche, se coupant cependant assez vite, alors que le titre éponyme Graveyards of Joy fera durer le plaisir, nous offrant une douceur enivrante et contagieuse pour sceller cet album dans les choeurs et les tonalités les plus aériennes, sonnant presque comme une rédemption par rapport à la noirceur du début.
Je découvre TodoMal avec Graveyards of Joy, et ce que j’y entend dépasse largement les frontières du Doom auxquelles je le croyais cantonné ! Le groupe sait parfaitement comment gérer noirceur et touches bien plus douces pour faire de cette aventure une véritable balade de santé !
85/100