
Downfall Of Nur n’est pas porteur d’espoir.
Bien que le projet basé en Argentine mené par Antonio Sanna (Ysyry Mollvün, ex-Drowned in November) soit resté silencieux pendant dix années, il s’éveille à nouveau en 2026 en compagnie d’AvantGarde Music pour donner vie à And the Firmament Will Burn to Quench the Pain of This Earth, son deuxième album.
L’album débute très calmement avec Disamistade I, premier titre mystérieux qui propose un sample vocal assez brumeux, puis devient solennel lorsque les cloches sonnent sur des claviers aériens, rejoignant finalement Beyond the Transcendent Darkness et ses sonorités cristallines qui s’assombrissent d’un seul coup et révèlent les racines Black Metal imposantes et majestueuses. La saturation se veut à la fois oppressante et rassurante, notamment grâce aux choeurs et influences Folk qui errent avant l’arrivée des parties plus pesantes et de la batterie pendant que les hurlements hantent les lieux, mais le mélange va s’embraser une seconde fois et devenir encore plus virulent tout en invoquant des leads perçants au sein de ce voile ténébreux. Le rideau s’entrouvre légèrement pour laisser des tonalités plus douces naître au sein du chaos, mais la noirceur est plus forte, et elle ne cesse de gagner du terrain que ce soit grâce aux cris ou au blast avant de soudainement s’envoler et nous laisser reprendre notre souffle en rejoignant Disamistade II, qui agira comme un interlude enivrant aux tonalités plus joyeuses que son homologue précédent, mais qui conserve cette voix intrigante. Une touche de Post-Rock s’installe lentement, puis Underground Halls of the Oldest Goddesss Stronghold tisse sa touche inquiétante avant que le voile d’oppression ne refasse surface pour nous envelopper et nous saisir à la gorge, plaçant sa dissonance et à ses sonorités à la fois pesantes, mais aussi hypnotiques entre deux vagues de quiétude. On notera un final grandiose où le chant se diversifie, puis le musicien nous laisse une fois de plus reprendre notre souffle avec The Great Escape, nouvel interlude planant où l’on se laisse bercer par ces sonorités cosmiques pendant quatre minutes avant de retrouver la saturation sur And the Firmament Will Burn to Quench the Pain of This Earth, titre éponyme bien plus pesant où la batterie proposera une touche d’originalité entraînante avant de revenir à son flot naturel où riffs et grognements se mêlent habilement. Le morceau file naturellement en emportant avec lui notre esprit, mais il passe relativement vite comparé à ses semblables, et nous lâche sur Deliverance, dernière composition qui débute de manière assez pesante avec des claviers, nous laissant dans l’inconnu façon Drone tout en intégrant des textures massives et abrasives ou au contraire de courts passages plus épurés pendant plus de vingt minutes.
Si vous ne connaissiez pas Downfall of Nur, attendez-vous à une aventure sonore hors du commun avec And the Firmament Will Burn to Quench the Pain of This Earth. L’album peut paraître extrêmement long, mais il coule naturellement telle une rivière sombre, serpentant entre sa violence et sa noirceur.
90/100