
Wandar célèbre ses vingt ans et son nouvel album.
Toujours signé chez Vendetta Records, le groupe allemand mené par Skoll von Kallenheim (chant, Idhafels), Zazhgul (guitare), Westram (guitare), Miriam « Mara » Fuchs (basse, Abglanz, Gorleben) et Totz (batterie, ex-Into Obscurity) dévoile en 2026 son quatrième album, Tiefe Erde.
Nous sommes accueillis par un piano sombre et inquiétant sur Bedrängnis, introduction instrumentale assez entêtante et mélancolique qui débouche sur Trug et son accélération virulente, proposant riffs effrénés aux touches Old School glaciales ainsi que des rugissements saisissants qui collent parfaitement au chaos ambiant. Le morceau profite de sa longueur pour développer des sonorités lancinantes entre deux vagues d’agressivité épiques, mais le final est bien plus doux pour nous mener à Visol-Bolvis où l’on sent immédiatement que le groupe va nous emporter dans sa charge, chose qui ne manquera pas d’arriver. Violence et noirceur reviennent à la charge alors que les musiciens se déchaînent, plaçant parfois des passages plus saccadés comme avant ce break macabre, suivi d’une reprise dévastatrice où les vagues nous ballottent jusqu’au final, puis vers …Nächtlic, qui nous offre un véritable refuge apaisant l’espace de trois minutes. Le piano minimaliste va cependant disparaître lorsque Drangsal prend le relai, nous emportant à son tour dans le flot aussi glacial qu’entêtant au sein duquel on se verrait parfaitement chevaucher dans la Forêt-Noire pendant que des assaillants sont à nos trousses, tout en proposant quelques mélodies relativement accessibles et enivrantes. Si le final nous accorde un instant de répit, Erden nous replonge immédiatement dans l’oppression pure, suivie de sa glaciale mais planante saturation teintée à la fois des ténèbres environnantes où les différentes parties vocales prennent vie en nous offrant son angoisse différente mais quasi-permanente avec une poussée d’intensité vers la fin, rejoignant la douce Irrlicht. La composition instrumentale agit elle aussi comme un interlude sombre mais apaisant pour paver notre voie vers Hetäre et son introduction relaxante, rapidement effacée par un blast ravageur pendant que les autres instruments tissent les tonalités les plus pesantes et aériennes. Le morceau est assez différents des autres, développant une atmosphère plus lancinante même lors des passages furieux, alors que Gestirne se montre dès son introduction pourtant assez calme bien plus épaisse, oppressante et pesante, profitant allègrement de sa durée pour nous mener dans tous les sillons de ses racines musicales entre touches viscérales et torrents de violence, mais aussi ses moments de flottement avant le retour de l’ouragan qui empruntera au DSBM et à ses touches éthérées avant de finalement nous abandonner à notre sort.
Il est relativement admis que Vendetta Records est un vivier de talents, et découvrir Wandar m’a semblé naturel lorsque j’ai vu l’annonce paraître. Je ne m’attendais cependant pas à une telle déferlante de noirceur glaciale sur Tiefe Erde, mais une chose est sûre : l’album tournera dans mes playlists.
90/100