
Poussons les portes de Temple ov Ahriman.
Pour ce premier album, Heretics of Consensual Reality, Thornicator (chant/guitare/basse/claviers, Triacanthos, ex-Vesperian Sorrow, ex-Brüka) a fait appel à Servitor (batterie), Jack Control (mastering, Darkthrone, Frozen Soul, Mork, Udåd…) et Mitchell Nolte (artwork, Aborted, Baest, Werewolves…).
L’album démarre sur l’abrasive War in Heaven, première composition au mix rugueux et à l’approche Old School agressive sur laquelle le musicien propose à la fois un chant macabre mais aussi quelques touches bien plus douces aux claviers, passant de tonalités vives à des parties lentes et lancinantes, créant un contraste intéressant. On retrouvera également la douce voix de Sekt (Brüka, Sister Grim) qui mène au final suivi par Wrath of Iblis où l’on retrouve les leads furieux en compagnie du blast qui nous ramènent en pleine tempête de violence interrompue seulement par ce break inquiétant où les râles du vocaliste sont troublés par des tonalités dissonantes. L’agressivité refera surface, nous accordant à peine un temps de répit avant le final, puis Infernal Imperium nous propose quelques tonalités plus mélancoliques et enivrantes, apportant une touche de diversité intéressante que l’on retrouve également dans les rugissements avant de rejoindre SPQB, le titre suivant. Là encore, le musicien dévoile un son divisé entre parties lentes, presque même épurées et violence pure à laquelle participeront Misery, Røzar et Vøn HammerBlast (Brüka), offrant des choeurs agressifs à quelques moments clés. White Death prend la suite dans une atmosphère elle aussi enivrante mais un peu plus lourde, presque même oppressante lorsqu’elle est complétée par les cris, mais une fois l’habitude prise, les mélodies semblent presque rassurantes, tout comme celles du morceau éponyme, Heretics of Consensual Reality, adoucissant même les accélérations. Les grognements caverneux reviennent et répondent à merveille aux parties vocales plus perçantes qui sévissent habituellement avant de faire place aux touches de Doom sur Baphomet’s Kiss, morceau suivant qui nous replonge dans son océan de douceur et de mélancolie, incluant même quelques murmures pour compléter les hurlements viscéraux. Le break lubrique surprendra mais reste cohérent avec l’atmosphère du morceau, puis c’est finalement à Beyond the Veils of Maya qu’incombe la lourde tâche de refermer l’album non sans nous offrir une dernière déferlante, elle même brisée par un passage en son clair apaisant qui invoquera une voix inquiétante pour un moment plus accessible avant l’embrasement final.
Temple ov Ahriman cultive ses racines Old School avec un son abrasif à souhaits, donnant à Heretics of Consensual Reality une virulence rare tout en le laissant parfois tisser des passages aériens extrêmement mélodieux. Une perle pour les connaisseurs.
85/100