Review 3344 : Emptiness – Nowhere Speaks

Emptiness explore toujours les ténèbres.

Signé depuis presque une décennie chez Season of Mist, le groupe belge mené par Jeremie Bezier (basse/chant, ex-Enthroned), Olivier J.L.W. (guitare/claviers, ex-Enthroned), Simon L. (guitare, Possession, Necromantic Worship), Dea Hydra (claviers, Soror Dolorosa) et Laye Louhenapessy (batterie, Abysmal Descent, Putrid Offal…) dévoile en 2026 son septième album, Nowhere Speaks.

L’album débute sur Nothing but the Whole (Part 2), écho direct au titre et à l’album du même nom sorti en 2014 qui nous plonge un moment dans une atmosphère cauchemardesque avant de soudainement devenir plus épuré en nous menant à The Threat et à sa rythmique pesante et abrasive avant même d’accueillir les premières parties vocales oppressantes. Les grognements nous accompagnent pendant que les riffs pavent le chemin de touches sombres, puis Nowhere Speaks prend soudainement le relai, affichant une dynamique différente mais toujours éthérée qui se développent autant dans la base pesante que dans les harmoniques aériennes infusées au Black Metal malsain mais lancinant avant une coupure bien plus douce. Le morceau reprendra avec cette approche Post qui mène à Darkness Commands, un interlude d’une minute où oppression et sonorités majestueuses se mêlent avant de faire place à la longue et lancinante Words To Wind qui installe et tisse ses propres ténèbres dans notre esprit. Le titre avance à son rythme, proposant quelques accélérations pour dynamiser le voile sombre et contraster avec les claviers étranges que l’on retrouve tout au long de la composition, comme après le passage horrifique central qui retend l’atmosphère et nous mènera finalement à One Must See All où l’on retrouve l’espace d’un instant cette froideur. When The Whole Arrives prend le relai et nous fait lentement plonger dans ses limbes et nous émerveiller autant qu’il nous effraie, que ce soit par la basse angoissante ou les choeurs fantomatiques, puis on passe au groove bien plus énergique de The Clash Of Forces, titre agressif mais accrocheur qui se réserve tout de même des moments de flottement. Il reste également assez court, dépassant à peine trois minutes avant de passer le relai à Next In Line où le groupe propose une première approche très ambiante qui oeuvre les deux tiers du morceau, puis qui permet à la rythmique de s’alourdir d’un coup pour aller rejoindre All For Nothing, dernier titre qui retrouve l’agressivité mais aussi des teintes plus hypnotiques pour terminer l’expérience non sans se laisser ensevelir par des vagues de double pédale, mais aussi des riffs massifs.

Emptiness a toujours été un projet singulier, et son évolution atteint sur Nowhere Speaks une forme qui le confirme plus que jamais. Si ses racines sont toujours ancrées dans le Black Metal, le groupe n’hésite pas à les teinter de nuances Post qui les rendent grandioses ou parfois même bien plus angoissantes que la simple noirceur…

90/100

English version?

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.