Nouvelle voie pour Sojourner.
Mettant fin à quelques années de silence, Mike Lamb (guitare/claviers, Light Field Reverie, Remina), Emilio Crespo (chant, ex-Historian, ex-Nangilima), Riccardo Floridia (batterie, Atlas Pain, Remina), Mike Wilson (basse, Miasmata) et Heike Langhans (chant, Light Field Reverie, Remina, ex-Draconian) signent chez Avantgarde Music pour la sortie de leur nouvel album, Gateways.

Dawnrays débute avec un piano mélancolique, mais l’arrivée de la rythmique épaisse et lancinante ne se fait pas attendre, offrant lourdeur et profondeur au morceau avant même l’arrivée des hurlements d’Emilio, puis des choeurs enchanteurs d’Heike qui lancent un duo contrasté mais complémentaire ô combien somptueux et fascinant. Les riffs portent leurs deux voix, tout comme sur And the Paintings Fall où l’introduction teinte immédiatement le son et permet à nouveau aux deux vocalistes de se répondre avec des tonalités plus pesantes, mais également des envolées plus planantes ancrées dans un Black Metal perçant, notamment sur les leads. Le break nous permet de respirer avant un final bien plus orienté Doom, puis on enchaîne avec Lunar Tear et sa quiétude apaisante qui ne va elle non plus pas durer et se faire effacer par un son bien plus sombre mais tout aussi addictif qui progresse grâce à des accélérations saisissantes, mais le morceau est plus court, et il s’essouffle vite pour faire place à Occultation, titre lui tiraillé entre une certaine douceur épique et la rage viscérale de sa noirceur. Le morceau file naturellement, nous laissant dériver avec lui pendant toute sa durée vers Epitaphs, morceau déjà connu et qui nous enchante sans mal avec une touche grandiose, presque irréelle et onirique, notamment lorsqu’Heike chante seule, mais son homologue masculin nous ramène rapidement à la réalité brutale. Les orchestrations de Vvardenfell annoncent un son plus martial qui lui non met très peu de temps à apparaître, mais qui s’ancre dans des racines Folk évidentes et enivrantes, lui conférant une identité unique, mais The Road Ahead viendra déjà refermer cet album, d’abord avec la douceur d’une introduction paisible, puis avec l’arrivée d’une saturation lancinante, laissant la jeune femme guider la barque presque seule, nous offrant de longs moments de chant clair avant d’appeler les hurlements pour signer la fin du voyage.
L’absence de Sojourner a été remarquée, mais son retour l’est encore plus. Bien que le line-up ait encore une fois changé, l’âme du groupe est restée intacte, et c’est avec un plaisir non dissimulé que Gateways nous emporte dans son univers majestueux.
95/100