
Nouvelle émanation d’Hecate Enthroned.
Il aura fallu sept années à Nigel Dennan (guitare, Defod), Dylan Hughes (basse), Andy Milnes (guitare), Pete White (claviers), Joe Stamps (chant, Ba’al) et Matt Holmes (batterie, Sidious) pour nous offrir leur septième album, The Corpse of a Titan, A Lament Long Buried, en collaboration avec M-Theory Audio.
Nous pénétrons dans l’antre de la bête avec Adar Rhiannon, introduction mystérieuse où seuls les claviers errent déjà avant d’y trouver une voix féminine, puis un hurlement viscéral sur Spirits Stir Within Our Ancestors Tombs, premier morceau où la saturation nous enveloppe déjà dans son voile de ténèbres avant de s’embraser d’un seul coup. La déferlante est saisissante, nous emportant sans mal dans son flot de noirceur et de violence qui sévit un long moment avant d’enfin nous laisser respirer, mais sans surprise l’ouragan reviendra frapper tout en profitant de ses touches majestueuses avant de rejoindre The Arcane Golem qui nous replonge sans attendre dans son atmosphère pesante. Le titre profite de sa longueur pour laisser son introduction s’installer avant de charger à son tour, toujours soutenu par les claviers imposants pendant que la rythmique fait rage, adoptant par moments des tonalités accrocheuses et presque enjouées qui contraste avec les cris du vocaliste, notamment sur le final qui conduit à Steed of the Still Water et sa mélancolie aérienne. Elle sera corrompue par les rugissements en arrière-plan, puis par la saturation qui reprend ses droits et offre une approche Old School dévastatrice qui fait rage jusqu’à se laisser guider par un piano bien plus doux qui se transforme en touche hypnotique sur Pwca, le morceau suivant. Si le début est assez lent et nous permet de reprendre notre souffle en nous émerveillant, le chant clair apportera une touche fantomatique avant de permettre à la guitare de nous mener vers les ténèbres et les grognements, puis vers Deathless in the Dryad Glade qui retrouve ses tonalités inquiétantes l’espace d’une minute, puis qui s’abandonne à nouveau à la violence majestueuse. C’est un véritable plaisir que de se voir à nouveau ensevelir sous cette vague sombre et virulente qui s’installe avec fracas et propose un son massif permanent avant de devenir menaçant sur A Gallery of Rotting Portraits, titre suivant qui prend immédiatement le relai pour assurer la continuité avant de placer des parties orchestrales assez travaillées. Le morceau en devient alors grandiose, mais finira par laisser sa place à The Boreal Monastery et à sa douceur initiale, assez vite remplacée par une nouvelle vague de violence enivrante où les claviers jouent un rôle crucial en apportant les touches les plus aériennes, et nous guident même sur le long final vers Into a Vale of Endless Snow où les riffs explosent encore, nous offrant pour la dernière composition un théâtre de fureur grandiloquente auquel chaque instrument contribue pleinement, ne rendant les armes qu’au dernier moment.
Je ne m’attendais pas à voir resurgir Hecate Enthroned des profondeurs, mais ce nouvel opus tombe à point nommé pour affronter l’été. The Corpse of a Titan, a Lament Long Buried est aussi froid que majestueux, et sa violence marquera plus d’un auditeur.
95/100