Review 3352 : Nidelgret – Trauerlärm

Nidelgret s’est enfin dévoilé.

Créé à l’origine par des membres de Gravpel en Suisse, le groupe maintenant composé de S. V. (guitare/chant), S.C. (guitare), K.K.D.W. (basse) et S. M. (batterie/électronique) signe en 2026 avec Frozen Records et Noise-Induced Hearing Loss pour la sortie de leur premier album, Trauerlärm.

L’album débute dans la dissonance avec All My Efforts Were in Vain and Now I’m Bereft of Hope as I Anticipate the Depth of My Fall, première composition aux sonorités abrasives bientôt emplies de parties vocales très brutes et agressives d’abord ancrées dans une approche Old School, puis finalement assez explosives et dévastatrices. La rythmique se déchaîne de plus en plus jusqu’à atteindre Their Silence Is Our Requiem, titre suivant où la violence est également le maître mot pour chacun des membres, tout en incluant des harmoniques stridentes. On notera des racines virulentes, presque Punk, tout comme sur I Confess My Death. Make It Quick, morceau qui lui emboîte le pas sans attendre avec une volonté similaire de tout détruire sur son passage, et qui entend bien nous ravager la nuque par la même occasion. L’avant-goût d’apocalypse se propage comme un torrent de lave auditive, et bien qu’un passage plus lent soit au programme, il est tout aussi oppressant et mène à une reprise des hostilités toute aussi chaotique avant la puissante My Eyes Birth a River dont le titre laissait présager une certaine mélancolie, mais qui sera finalement saisissante à sa façon. Un passage plus expérimental nous distrait un moment de la rage, mais elle revient au galop avant de céder sa place à celle de The Disappointment That Follows You to Bed Is Keeping You Awake at Night qui nous inonde à son tour d’agressivité mais avec cette touche Industrial imposante et angoissante. Passage du côté du Grind pour Black Earth, composition aux vagues de violence régulières et qui alternent avec des moments bien plus calmes qui nous permettent de reprendre notre souffle malgré l’oppression omniprésente, puis on revient légèrement sur le Black Metal régulier et froid pour Hope’s Alive, le morceau suivant qui ne manquera pas de nous piétiner en bonne et dûe forme grâce à un blast affirmé. On retrouve tout de même le riffing caractéristique et les tonalités malsaines, mais elles se transforment parfois en passages Industrial épais et impénétrables avant de revenir, puis de ralentir, repartir dans l’électronique, puis de faire place à Gazing into Nothingness qui va revenir à des sonorités plus traditionnelles tout en plaçant habilement quelques claviers aériens en arrière-plan pour contrebalancer l’assaut, et refermer l’album sur ce contraste inattendu.

Sans prévenir, le son Nidelgret vous explose en pleine face et vous détruit les tympans pendant une longue demie-heure, faisant de Trauerlärm l’un des albums les plus dévastateurs et les plus chaotiques de l’année. Une vraie expérience !

90/100

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