
Ténèbres sur l’Australie avec Faustian.
Suite à un premier album indépendant en 2023, Sam Bean (chant, The Antichrist Imperium, The Berzerker, The Senseless), Matt Wilcock (guitare, Abramelin, The Amenta, The Antichrist Imperium, The Berzerker) et David Haley (batterie, Abramelin, Psycroptic, Ruins, The Amenta, ex-Pestilence) – tous membres de Werewolves – collaborent avec Apocalyptic Witchcraft Recordings pour la sortie de leur deuxième album, Parable of the Sewer.
I Curse You démarre en trombe et nous précipite au cœur d’une ruée aux relents Black Metal malsains, mais qui savent rester assez mélodieux et captivants tout en filant à vive allure en permanence, chevauchés par les rugissements du vocaliste. On retrouvera également quelques murmures inquiétants qui complètent habilement la noirceur, n’hésitant pas à la faire ralentir pour rejoindre Broken Better et sa touche glaciale aussi majestueuse que dissonante adoptant de temps à autres des éléments plus tranchants. Des voix désespérées apparaissent en arrière-plan, donnant au morceau une atmosphère encore plus pesante avant la nouvelle accélération, puis I Want The Ride To Begin Again prendra le relai et nous assurera une virulence saisissante pour reprendre le train en marche. Le titre propose quelques passages assez caverneux mais repart toujours vers Immaculate et son angoisse palpable qui donne à la violence une saveur assez différente, elle aussi empruntée aux racines Old School de la formation, osant même un passage mystique et imposant. On retrouve cette atmosphère ritualistique avec Cephalophore, composition qui prend le relai et nous expose à une approche elle aussi assez grandiose, adoptant parfois des touches martiales mais épiques qui créent un contraste avec le final quasi-religieux. Retour au son brumeux avec l’intense We Do Not Use Names Here qui nous capture immédiatement dans ses filets et nous expose à son horreur viscérale tout en préservant quelques moments de douceur qui nous permettent de respirer tout en profitant de l’intensité du moment avant de revenir à un mélange plus pesant sur Tenements (Only The Wicked Walk In Circles). On retrouve ici l’un des contraste les plus intéressant, certains passages étant presque surprenamment accessibles alors que d’autres nous piétinent sans ménagement, mais le titre est assez court et il laissera place à la douceur puis à l’apocalypse sur The Rot Shall Inherit The Earth, dernier morceau de l’album qui profite d’un riffing efficace et saccadé doublé de vagues de fureur enivrantes qui nous emporteront irrémédiablement sur le sample final.
Faustian n’a rien à apprendre de la noirceur, maîtrisant avec brio les arcanes des groupes légendaires tout en imposant sa touche mélodieuse hypnotique. Si Parable of the Sewer re rejoint pas vos étagères, c’est que vous ne l’avez pas encore écouté.
95/100