
Pas de rédemption chez Litosth.
Mené par le duo brésilien Maicon Ristow (chant/tous instruments, I Gather Your Grief, ex-Swords at Hymns) et Wendel Siota (paroles, Dark Celebration, I Gather Your Grief, ex-Swords at Hymns), le groupe continue son aventure avec le label Personal Records pour la sortie de son quatrième album, Dreaming.
Le groupe nous plonge d’abord dans ses sonorités mystérieuses sur Defy, première composition assez sombre qui se renforce avec l’arrivée des rugissements mais qui conserve ses éléments majestueux pour alimenter le contraste quasi-permanent, témoignant de ses multiples influences toutes ancrées dans la noirceur. Le morceau progresse au son des claviers épiques soutenus par des riffs furieux pour rejoindre Ruin et son approche aussi mélodieuse que dissonante, empruntant à ses aînés une froideur assumée ainsi que des parties bien plus agressives, conservant une touche malsaine qui serpente entre les leads. Le final est également assez grandiose, mais les grognements nous poussent jusqu’à Eclipse, composition qui démarre de manière très inquiétante avant de finalement lâcher sa rythmique entraînante, la laissant même accélérer pour devenir un véritable torrent de fureur ou rencontrer un passage bien plus doux. Ce dernier ne durera évidemment pas, renouant rapidement avec tous les instruments pour s’embraser à nouveau et nous mener à Abyss dont l’introduction rappelle la branche médiévale/fantastique du Black Metal, mais qui ne tardera pas à foncer à vive allure à travers un paysage glacial tout en nous hypnotisant grâce à ses claviers. Nous rencontrons à nouveau un moment plus doux qui annonce le final, puis Monolith qui se montre immédiatement plus imposante, plus lente, mais aussi bien plus pesante, même lors des passages agressifs qui segmentent la composition tout en lui donnant des touches furieuses et spontanées. On enchaîne finalement sur Iconoclast où la violence se révèle d’emblée à nous et sévit une bonne partie du morceau, mais nous laisse parfois respirer comme avec ce break aux effluves Prog puis bien plus majestueuses avant de faire place à Nadir et sa courte mais apaisante introduction avant de passer à une progression assez lancinante, dévoilant une autre facette du son du groupe. La deuxième moitié du morceau est presque théâtrale, mais elle donnera finalement naissance à l’ultime création de cet album, Golgota, qui va elle aussi nous ébahir par son embrasement rapide et prenant qui alimente le contraste avec les parties vocales particulièrement rocailleuses, créant une véritable déferlante inattendue mais enchanteresse qui nous terrifie autant qu’elle nous fascine, conservant un aspect solennel jusqu’aux derniers instants.
Le précédent album de Litosth m’avait déjà beaucoup plu, mais celui-ci dépasse mes attentes, tant en matière de noirceur que de mélodies ! Dreaming n’aurait être mieux nommé tant il nous emporte dans son univers onirique fait de violence et de beauté !
90/100