Review 3365 : Finsterforst – Still

La horde Finsterforst est revenue.

Trois ans ont passé depuis leur dernier EP, mais Simon Schillinger (guitare/choeurs), Sebastian Scherrer (claviers), Tobias Weinreich (basse), Johannes Joseph (accordéon), David Schuldis (guitare/cornemuse), Cornelius Heck (batterie) et Oliver Berlin (chant) sont désormais prêts pour leur sixième album, Still.

L’album débute par la touche mélancolique d’Obduktion, première composition qui prend une toute autre dimension lorsque le chant apparaît, assez lointain avant que la rythmique ne s’embrase pour proposer des sonorités lourdes mais lancinantes, suivie par les hurlements saisissants du vocaliste. L’alternance vocale est parfaitement gérée, notamment les nombreux choeurs, mais la surprise viendra également de l’accordéon qui apporte une touche joyeuse alors que le flot est plutôt pesant, mais les riffs vont légèrement accélérer avec Herbstwanderung, titre plus énergique mais tout autant fédérateur qui crée un contraste important entre ses passages les plus doux et les plus agressifs. Le morceau n’aura aucun mal à faire lever des poings dans une fosse attentive, tout comme Knie nieder qui suit la même recette et alterne naturellement les deux extrêmes pour séduire, tout en laissant le duo basse/batterie soutenir le chant avant le retour de la rythmique. On enchaîne avec Im Wind, composition d’un peu plus de dix minutes où l’on retrouve ces passages imposants aux multiples voix tout en profitant de riffs saccadés pour conserver notre attention tout au long de ses changements, notamment le long break acoustique central aux teintes Folk avant la reprise. L’énergie brute reste intacte, mais le final nous permet de respirer avant de passer à Stille Nacht qui reste très pesante, même lors des magnifiques moments où le chant clair domine, reprenant toute son intensité lorsque les orchestrations épiques sont à l’oeuvre, alors que c’est très clairement la quiétude qui prend le pas pour Feels, titre acoustique apaisant mais clairement pas moins prenant. Le groupe continue avec Leere, morceau de plus de vingt-quatre minutes qui démarre avec un son massif, et qui continue avec l’ajout de rugissements féroces, puis de leads, de choeurs, mais aussi de pauses et d’accélérations saisissantes, ainsi que de petites touches ça et là de tout l’univers du groupe, faisant de ce très long titre une sorte d’apothéose pour l’album.

Les musiciens ne comptent cependant par nous laisser ainsi, reprenant Beyond the North Waves d’Immortal qui délaisse le Black Metal pur jus pour s’offrir une dimension toute aussi épique bien que plus lente, puis avec l’iconique Another Brick in the Wall Pt. II de Pink Floyd qui va sortir les musiciens de leur zone de confort tout en nous surprenant avec la manière dont ils adaptent le Prog du morceau d’origine à leur mélange aérien, refermant ainsi ce nouvel opus.

Finsterforst a toujours été selon moi un groupe aux multiples influences, mais qui reste bien trop vastes pour se cantonner à un seul style, et Still est une preuve de plus de ce que j’avance : entre Black Metal, Viking/Pagan et tonalités aériennes, le groupe est en excellente forme.

90/100

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