Review 3373 : Xandria – Eclipse

Xandria révèle sa part d’ombre.

Actif depuis 1994 (avec une courte pause de deux ans), le groupe allemand mené par Marco Heubaum (guitare/claviers), Dimitrios Gatsios (batterie, Stahlmann), Robert Klawonn (guitare, Ally the Fiddle) et Ambre Vourvahis (chant) sort cette année son neuvième album, Eclipse, en partenariat avec Napalm Records.

Les orchestrations ont été confiées à Lukas Geppert, Ishaan Tyagi et au Sofia Session Orchestra & Choir, mais on retrouve également les flûtes de McAlbi, le piano de Richard Z. Wang et le violon d’Ally Storch (Ally the Fiddle, Subway to Sally)

L’album s’ouvre sur Syzygy, introduction assez mystérieuse qui nous emporte lentement sur Eclipse, morceau éponyme, et ses choeurs immédiatements majestueux qui renforcent des riffs efficaces et accrocheurs en attendant l’arrivée du chant qui adoucit et donne une certaine grâce à la rythmique. La jeune femme mène sans mal le titre, lui imposant de ralentir pour les refrains ou lui laissant le champ libre pour s’épaissir, intégrant même quelques hurlements avant le final qui mène à Colours, morceau bien plus agressif mais aussi contrasté, puisque la vocaliste est parfois seule en attendant que ses camarades ne s’emflamment à nouveau. Les rugissements sont également plus nombreux, alors que c’est la douceur qui est privilégiée pour The Shannon’s Home, morceau suivant où les parties vocales dansent sur une base assez simple aux racines Heavy Metal qui se ressentent même sur le solo. Après une courte pause, la rythmique guillerette repart pour un dernier refrain, puis un final presque Folk avant que The Grand Delusion ne reparte sur des tonalités inquiétantes et une touche saccadée plus énergique qui devient presque épique sur les refrains. On repart sur les éléments fédérateurs et relativement joyeux sur Wave of Tanis qui lui emboîte le pas, alternant passages sautillants et accessibles avec quelques éléments plus bruts mais toujours propices au live, puis c’est Northstar qui s’installe et avec lui ses harmoniques mélodieuses, complétée par des envolées entêtantes qui seront parfois amenées à changer pour s’assombrir et compter sur la rythmique. Le groupe nous autorise un instant de répit avec Masquerade et son introduction assez douce, puis soudainement plus lourde avant l’accélération vive et les éléments les plus énergiques qui contrastent avec le break bien plus ténébreux, et même le final. Nouveau moment de calme avec The Last Generation qui prend la place de power ballad et s’énergise d’abord sur ses refrains puis qui laisse à nouveau Ambre mener la charge jusqu’au solo, puis vers la dernière partie avant The Poetry of the Real World qui renoue avec les orchestrations et ses racines entêtantes et symphoniques. Le morceau apporte une touche assez vivante avant d’atteindre Lore, la dernière et plus longue composition qui permet au groupe de ne pas être avare en orchestrations, mais également de progresser comme il le souhaite entre les différentes parties – avec une mention particulière au batteur qui gère parfaitement ses transitions – puis le final épique et mélancolique met fin à l’album.

Xandria a retrouvé une stabilité qui lui est plus que bénéfique sur Eclipse, osant exploiter à la fois ses racines Symphoniques tout en dévoilant des touches parfois plus sombres, ou plus agressives. M’est d’avis que les prochains concerts sont à ne pas rater !

85/100

English version?

Quelques questions pour Ambre Vourvahis, chanteuse du groupe allemand de Metal Symphonique Gothique Xandria, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album, Eclipse, par Raven.

Bonjour Ambre, et tout d’abord merci beaucoup de prendre le temps de m’accorder cet entretien ! Comment vas-tu ?
Ambre Vourvahis (chant) : Je vais bien, merci ! Tout va très bien. Et toi ?
Raven : C’est un peu difficile avec cette chaleur en France, à Paris en ce moment, je transpire beaucoup. Je m’en excuse.
Ambre : Je vais m’y rendre la semaine prochaine pour rendre visite à ma famille, et je sais qu’il fait environ 36 degrés, 37…

Comment décrirais-tu la musique de Xandria sans utiliser les termes “Metal Gothique”, “Metal Symphonique” ou tout autre sous-genre ?
Ambre : Bonne question. Disons : des guitares Metal associées à un son orchestral cinématographique.
Raven : Il y a clairement beaucoup de musique cinématographique là-dedans.

Même si tu ne faisais pas partie du groupe à ses débuts, quel lien fais-tu entre le nom Xandria et la musique que vous jouez ensemble ?
Ambre : Je ne sais pas trop comment répondre à cette question, je n’y ai pas vraiment réfléchi. Je ne sais pas vraiment, car ce n’est pas moi qui ai trouvé ce nom ; j’ai donc l’impression que cette question ne me concerne pas vraiment. Mais je ne sais pas trop comment ce nom est venu à Marco il y a 20 ans… en fait, ça fait même plus de 20 ans, et il avait quelques idées. C’est une question à lui poser.

Xandria va bientôt sortir son neuvième album, intitulé Eclipse. Qu’en penses-tu ? Comment résumerais-tu l’identité d’Eclipse en seulement trois mots ?
Ambre : En quelques mots :” varié”, c’est l’essentiel, “varié”, je dirais. Magique, parce qu’il y a pas mal de morceaux qui ont cette petite touche de magie qu’on essaie vraiment de capturer. Et grandiose pour le troisième. C’est parce qu’on aime bien, en général, décrire la part d’orchestre qu’on y met, pour obtenir cet effet grandiose. J’espère qu’on y parvient, mais oui, c’est ce qui me vient à l’esprit.

Eclipse sort trois ans après l’album précédent, et c’est le deuxième album complet sur lequel tu chantes. As-tu remarqué des changements dans le processus de composition ?
Ambre : En fait, ça a été beaucoup plus rapide et beaucoup plus facile de composer les morceaux. Marco écrit bien sûr la musique, mais on a beaucoup travaillé ensemble sur les morceaux et sur la façon de les construire, de les assembler, les parties et tout ça. Et c’était un processus beaucoup plus intuitif. Je pense que c’est vraiment le mot-clé : ça s’est passé beaucoup plus naturellement, on savait en quelque sorte où aller et ce qu’on voulait faire de manière un peu plus intuitive, et les idées fusaient un peu plus vite, etc. Je pense donc que ça a été un processus beaucoup plus facile.

Le son de Xandria est bien sûr ancré dans le Metal Symphonique et Gothique. Y a-t-il des groupes que vous pourriez citer comme influences ? Il est mentionné dans les crédits que Marco écrit également les paroles. Sais-tu ce qui l’inspire pour créer la musique et les paroles, et comment intégrez-vous ses idées ?
Ambre : Nightwish est une grande influence pour Marco et moi, bien sûr. Donc, bien sûr, si vous écoutez The Shannon’s Home, par exemple, le premier single que nous avons sorti, on y retrouve une très forte influence de Nightwish. C’est en quelque sorte un hommage à ce groupe. C’est vraiment une influence pour nous. Et après ça, en fait, ce sont surtout des groupes qui ne font pas partie de ce genre de Metal Symphonique Gothique. Nous sommes très influencés par Judas Priest pour les guitares, par Dimmu Borgir et des groupes de ce genre, ainsi que par Pink Floyd : si vous écoutez le solo de The Last Generation, la ballade, on y retrouve une énorme influence de Pink Floyd. C’est vraiment ce que nous voulions. Voilà donc en gros les influences de cet album, je dirais. Cette fois-ci, je n’ai pas vraiment participé aux paroles, car c’est lui qui avait pratiquement toutes les idées, et il avait de très bonnes idées. On en a discuté et il me disait : “Pour cette chanson, je veux qu’elle parle de ceci et de cela. J’ai des idées”. Et j’étais d’accord, tout ça est vraiment excellent, et on s’entend bien sur les sujets politiques et tout le reste, on partage les mêmes opinions. J’adore vraiment tout ce qu’il a écrit, donc je suis content de l’avoir fait parce que je pense qu’il est de toute façon meilleur que moi dans ce domaine. Pour la musique, il a tout le temps des idées, puis il les enregistre sur son téléphone ou sur l’ordinateur, ou n’importe quoi d’autre, dans notre studio que nous avons pour le groupe, et ensuite il les assemble. On se retrouve assez tôt et je pense que je me sens en phase avec la musique parce que j’adore le Metal Symphonique depuis que j’ai 11 ou 12 ans, et c’est toujours le cas. Je me sens donc vraiment en phase avec cette musique et ses idées étaient excellentes. J’ai tout de suite accroché, et les paroles aussi, je trouve qu’elles reflètent exactement ce que je pense en ce moment. Il est très au fait de la politique et de ce qui se passe dans le monde. C’est pourquoi c’est en quelque sorte le thème principal de l’album. Toutes les chansons, à l’exception de The Shannon’s Home, ont une petite touche politique, sociétale ou religieuse, ou bien il y a toujours un sens un peu plus profond derrière, ce qui fait que je m’y identifie pleinement.

Quelle est ta chanson préférée sur l’album Eclipse ? Et laquelle t’a donné le plus de mal à réaliser ?
Ambre : Je pense que c’est Colors. Comme je ne suis pas très fan de Metal Moderne, ce n’est pas vraiment un genre qui me parle, mais d’une certaine manière, comme cette chanson est un peu plus froide, un peu plus moderne avec sa guitare accordée très grave, elle a en quelque sorte la signature de ce style de Metal Moderne, tout en conservant une chaleur et une diversité qui me permettent vraiment de mettre ma voix en valeur de manière magnifique, avec une touche un peu plus Pop. Elle correspond bien à ma voix. C’est ce que j’aime le plus faire, je pense, avec cette chanson, et j’apprécie vraiment la partie plus heavy, puis la partie classique. J’adore le fait qu’il y ait tant de choses dans cette chanson ; je pense pouvoir dire maintenant que c’est ma préférée. Quant à la plus difficile, il y avait cette chanson intitulée The Grand Illusion. Au début, je me suis dit : “je ne sais pas trop, est-ce que j’aime ça ?”, mais c’était vraiment au tout début, tu vois, elle dégage un peu l’ambiance de Pirates des Caraïbes. Quand la chanson a été vraiment terminée et que j’ai dû la chanter, je me suis dit que c’était l’une des plus difficiles. Même si la tessiture est simple, ce qui veut dire qu’en fait, sur cette chanson, je n’ai pas à me battre trop avec les aigus et les graves, c’est assez confortable, mais la façon dont les lignes vocales sont construites dans le couplet, le timing et tout le reste… Vous ne l’entendrez peut-être pas, mais quand je la chantais, je n’arrivais pas à la maîtriser. Ça m’a pris beaucoup de temps pour y arriver. C’était donc une chanson difficile à chanter, et je me disais : “okay, c’est un peu bizarre, ça manque de fluidité”, et j’ai dû vraiment m’y habituer. Mais on ne s’en rend pas compte tant qu’on n’a pas à la chanter.

Avant de rejoindre Xandria, tu n’avais pas beaucoup d’expérience de la scène. Depuis, j’imagine que tu as beaucoup évolué et je me demande quelle est ton expérience la plus marquante sur scène ?
Ambre : Oui, tout à fait. Au début, c’était un peu en dents de scie parce que je n’avais pas beaucoup d’expérience et, en fait, c’est un peu tout ça : l’expérience, et il faut vraiment apprendre ce que c’est, ce que ça signifie d’être sur scène et tout le reste. Ça a été un peu difficile au début, mais maintenant qu’on a donné tant de concerts, je me sens nettement plus à l’aise. Tout va mieux. Ma présence sur scène et mon chant ont également évolué grâce à tous ces concerts et ces tournées. Je ne saurais pas te dire quelle est l’expérience la plus marquante, mais il y a un concert qui est vraiment gravé dans ma mémoire et qui m’a un peu transformée depuis. C’était en Corée du Sud. On a participé à un festival, donné un concert et fait un spectacle là-bas, un concert en club. Le festival était incroyable : ils avaient une immense scène, comme si Ariana Grande ou Taylor Swift devaient s’y produire. C’était incroyable, la plus belle scène sur laquelle j’ai jamais mis les pieds. C’est donc celle que j’ai préférée. Il faut savoir occuper l’espace et se donner à fond. Depuis, j’ai appris quelques astuces que je garderai toujours en tête. Je pensais que ce n’était pas si difficile, mais quand j’ai mis les pieds sur scène pour la première fois, je me suis sentie toute petite. Il faut vraiment tout laisser aller et endosser une sorte de deuxième personnalité – pas complètement, mais juste un peu – pour sortir de la vie de tous les jours, parce qu’on ne se promène pas tous les jours en se disant « je suis la reine ».
Raven : Moi, si.
Ambre : (rires) mais sur scène, il faut incarner ça un peu. Ça a donc été un peu délicat pour moi d’y arriver, de vraiment lâcher prise et de me dire : “okay, je peux le faire”. Je dois être puissante et imposante, mais c’est amusant une fois qu’on est dedans, et le public le sait : c’est un personnage, et il aime voir ça : “si je vais voir une Pop star, je veux qu’elle ait l’air aussi imposante que possible”.

Penses-tu avoir progressé en tant que chanteuse avec ce nouvel album ?
Ambre : Oui, à 100 %, parce que j’ai travaillé pendant longtemps, depuis des années maintenant, j’ai travaillé ma voix avec un coach vocal et ça te pousse vraiment à apprendre plus vite. J’ai donc clairement fait d’énormes progrès. Je le vois, je le sens, je l’entends. Tout, l’expression, c’est un peu plus là. Ma tessiture s’est élargie comme ça. Donc, sur cet album, je suis meilleure en tant que chanteuse que sur le précédent. C’est assez évident, et j’espère que les gens pourront l’entendre aussi. On travaille sur certaines choses et ça prend six mois, un an, mais ça marche : si on s’y tient, on voit des différences et des changements. Ça prend du temps, et certaines choses sont un peu plus difficiles et demandent plus de temps. Au bout de trois ans, je travaille encore sur quelques petits détails auxquels mon corps ne s’adapte pas forcément ou que mon cerveau n’a pas encore assimilés. Parfois, cela peut prendre des années, parfois quelques mois. Il faut de la patience et de la persévérance. C’est la seule façon d’y arriver, et si tu abandonnes au bout de six mois, tu ne verras malheureusement pas beaucoup de progrès.

Parlons maintenant des concerts : comment vis-tu un concert de Xandria ? Que se passe-t-il en toi, et dans quel état d’esprit montes-tu sur scène ? As-tu peut-être des rituels ou des habitudes avant ou après un concert ?
Ambre : C’est là que ça devient un peu drôle. J’ai toujours une routine en tournée, je pense que c’est ce qui te permet de te dire : “okay, ça va marcher”. C’est quand cette routine est perturbée qu’on stresse un peu. J’ai deux échauffements différents : un avant la balance, très léger et doux, parce que je me réveille tard, puis, une heure plus tard, on mange un morceau, on passe à la balance et on se dit “je ne suis pas encore réveillée”, alors il faut préparer un peu la voix, puis je commence à me préparer à un moment donné. Je fais un autre échauffement avec une paille et une bouteille d’eau, et quand je ne trouve pas de bouteille, je me dis “comment je vais faire mon truc ? J’ai oublié ma bouteille d’eau dans l’autre salle”. C’est toujours le même genre de situation. C’est pareil à presque chaque concert. Mais le plus drôle, c’est que la première chose que je fais après le concert, c’est de manger. Je descends de scène sans me changer, je m’assois et je mange mon repas froid parce que je ne mange pas avant le concert : ça fait six heures que je n’ai rien mangé, et après, je meurs de faim. En effet, si je mange avant le concert, même trois heures avant, je chante mal parce que ça pèse sur l’estomac. Ce n’est vraiment pas agréable, donc je ne mange pas. Je ne prends qu’un petit déjeuner léger à 13h, puis je ne mange plus rien jusqu’à la fin du spectacle. Donc, dès que je quitte la scène, je m’assois avec mon assiette, toujours dans ma tenue de scène, et je mange à chaque spectacle.

Je n’ai malheureusement pas encore eu la chance de voir le groupe sur scène, mais je sais que vous avez une tournée européenne complète prévue pour septembre/octobre, avec Seven Spires et Tulip. Comment vous préparez-vous pour une telle tournée ? Comment travaillez-vous sur la setlist ?
Ambre : La setlist, c’est un vrai casse-tête, car on a désormais pas mal de morceaux, et avec notre nouvel album, on veut jouer beaucoup de nouvelles chansons. Ce n’est donc vraiment pas facile à gérer. Mais j’ai maintenant identifié les morceaux préférés du public grâce aux réseaux sociaux. Je demande aux fans de voter pour les morceaux qu’ils veulent entendre, puis je compte les votes, je note le résultat et j’ajoute ceux qui ont reçu le plus de votes, à l’exception des classiques comme Nightfall, tu sais, ces morceaux-là, ils seront toujours au programme. Et puis j’ai ajouté les chansons qui étaient en tête, puis on a ajouté celles qu’on veut jouer, les singles, bien sûr, et il reste quelques places libres où on se dit : “okay, qu’en est-il du nouvel album ? Qu’est-ce qu’on pourrait jouer d’autre ?” Et là, on met quelque chose qui, selon nous, ferait une super chanson à jouer en concert et qu’on aimerait bien interpréter. C’est un mélange de tout.
Raven : Et comment est-ce que je me prépare ?
Ambre : Je répète la setlist depuis déjà quelques mois, et je continue, et je vais m’y remettre dès que possible. Je le fais tous les jours. Je vais être en France pendant quelque temps, donc je vais faire une petite pause, mais après ça, je vais continuer tous les jours, à travailler la setlist et à répéter. Je travaille aussi avec mon coach vocal, j’ai des cours chaque semaine, si je le peux. En ce qui concerne les chansons classiques, certaines étaient assez faciles. Si je prends l’époque de Lisa avec Ravenheart, c’est tout à fait mon truc, ça correspond parfaitement à ma voix, ça colle bien, et ce n’est pas si compliqué à chanter parce qu’à l’époque, l’accompagnement orchestral n’était pas aussi sophistiqué. C’était plus terre-à-terre, un peu plus épuré. Quand j’ai commencé, j’ai dû travailler un peu plus là-dessus, mais à un moment donné, j’ai aussi vraiment développé ma technique vocale classique, ma voix d’opéra. Ces morceaux sont également devenus assez faciles à un certain moment, si je puis dire, ces chansons sont plus faciles que celles que nous avons enregistrées avec moi, car nous repoussions toujours les limites. Je voulais monter plus haut, aller toujours un peu plus loin, et maintenant je le regrette un peu, car je dois chanter tout ça en live et c’est très difficile. Pour les nouvelles chansons de l’album, je répète la setlist et je me dis “oh mon dieu, qu’est-ce que j’ai fait ?”. Elles sont à la limite supérieure de ma tessiture, quel que soit le style, et je me dis “oh mon dieu”. Du coup, je suis soulagée quand je dois chanter les chansons les plus anciennes, car c’est en fait beaucoup plus facile. Mais à l’époque aussi, j’ai dû y travailler, pour m’approprier les morceaux tout en respectant la façon dont le public les connaît.

Quelle est la prochaine étape pour Xandria après la sortie de l’album ? Avez-vous déjà des projets ?
Ambre : Ce sera surtout la tournée. Nous avons déjà annoncé la partie européenne, nous travaillons sur celle aux États-Unis, bien sûr, c’est toujours la même chose. L’Amérique latine suivra également, et, espérons-le, d’autres continents, comme l’Europe, peut-être en Europe continentale ou en Scandinavie, on va tenter notre chance un peu en 2027. On verra bien. En parallèle, je commence sans aucun doute à travailler sur le prochain album : cette fois-ci, on veut s’y prendre un peu plus tôt, pour ne pas mettre trois ans. Je veux dire, on a sorti un EP la dernière fois, mais on ne veut pas recommencer. On veut directement enregistrer un autre album complet. Ça prendra du temps, mais on aimerait aller un peu plus vite cette fois-ci, car il y a eu un long intervalle entre nos deux albums complets. Je pense qu’on devrait vraiment prendre le temps de faire un excellent album.

As-tu déjà entendu parler de la scène Metal française ? Y a-t-il des groupes que tu connais et que tu apprécies ?
Ambre : Comme je suis née en France, je connais bien sûr les groupes français, mais ça n’a jamais vraiment été ma tasse de thé. Je ne veux offenser personne.
Raven : (en plaisantant) Je suis vexée !
Ambre : Je suis vraiment désolée. Mais à l’époque, quand j’étais très jeune et que je me suis mise au Metal, j’écoutais ETHS, et je me disais “waouh, c’est une fille qui hurle comme ça, c’est tellement sombre”. Je ne me suis jamais vraiment identifiée à la scène Metal française. Mais il y a de bons groupes.

Y a-t-il des groupes avec lesquels tu aimerais beaucoup jouer ? Je te laisse créer l’affiche de tes rêves avec une tête d’affiche et trois autres groupes ; même les réponses irréalistes sont acceptées.
Ambre : Eh bien, c’est une question difficile. Ça ne peut pas être très réaliste, car je ne vais pas me limiter au Metal Symphonique ou à des groupes un peu plus proches de mon genre. Je dirais que j’adorerais partir en tournée avec Nightwish, ce serait vraiment le rêve, et une combinaison parfaite. Et j’ajouterais Dimmu Borgir à l’affiche. Et puis il y a The Pineapple Thief. J’adore ce groupe, mais ça ne collerait pas du tout.
Raven : Je suis surprise que tu n’aies pas cité Within Temptation.
Ambre : Pour être honnête, je n’aime pas leurs nouveaux morceaux récents ; je les adore énormément depuis avant leur premier album, jusqu’à Resist. Resist était génial, et après ça, c’est devenu un peu trop froid à mon goût, donc je ne les inclus plus, malheureusement, dans ma tournée de rêve. J’adorerais partir en tournée avec eux, honnêtement, ce serait aussi un rêve, parce qu’ils jouent toujours ces morceaux et qu’ils sont toujours Within Temptation, et j’adore Sharon, j’adore sa voix, donc je pense que ce serait absolument génial, bien sûr.

Dernière question, un peu drôle : à quel plat ou à quelle boisson comparerais-tu la musique de Xandria ?
Ambre : Mince. Peut-être une lasagne. Je ne mange pas de bœuf, mais on peut en faire. J’en fais une incroyable. J’adore cuisiner, donc je fais une super lasagne végétarienne, et je dirais ça parce qu’elle a tellement de saveur, c’est très satisfaisant.
Raven : Et avec différentes couches.
Ambre : Exactement. Tu as tout compris. Différentes couches, différents ingrédients à l’intérieur de chaque couche. J’ajoute plein de petites choses qui rehaussent la saveur, et c’est une assez bonne comparaison, peut-être pour cette question.
Raven : Tu n’es pas la première à répondre les lasagnes.
Ambre : C’est assez évident, n’est-ce pas ? Quand on y pense, avec les couches, c’est un peu une évidence. C’est une réponse qui vient facilement à l’esprit quand on parle de musique, car chaque membre du groupe apporte ses propres idées.

C’était ma dernière question pour moi, alors merci beaucoup de m’avoir accordé de ton temps et pour ta musique. Je te laisse le mot de la fin !
Ambre (en français) : Merci beaucoup pour les fans français, j’ai hâte de jouer à Paris et en France, on a beaucoup de dates. Ça fait longtemps qu’on doit venir à Paris quand même donc j’ai hâte !

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