
L’histoire bulgare s’exprime avec Tsar Stangra.
Basé au Canada, le projet mené par Stanislav Stefanovski (chant/tambura, The Lightbringer, ex-Phosphorus, ex-Ültra Raptör), accompagné par Wayne Barr (basse, ex-Dépérir), Simon Vaillancourt-Girard (batterie, Tales of Destiny, The Lightbringer), Olivier Vaillancourt-Girard (guitare, Tales of Destiny, The Lightbringer), Cindy Tecca (claviers) et Samuel Paré (guitare, Ültra Raptör, ex-Tales of Destiny) sort en 2026 son deuxième album, Hymns of the Broken Worlds.
Fanny Grenier (The Lightbringer) participe également au chant.
Thracians — Black Hymns for the Lost Ones nous ouvre la porte d’un univers ancré à la fois dans le Black Metal, mais aussi dans la musique traditionnelle bulgare grâce à des instruments folkloriques enivrants, créant un flot naturellement aérien qui capte sans mal notre attention et nous emporte dans ses mélodies. Les vociférations accompagnent notre progression vers Khan Asparuh et sa douce introduction avant l’arrivée de la tempête de noirceur abrasive mais extrêmement entraînante qui nous fera rapidement remuer le crâne, même lors du solo étrangement chaotique. Le chant torturé reprend les rênes pour rallier Black Song et ses riffs saccadés mais relativement enjoués grâce aux claviers qui ajoutent une touche originale, même dans le passage le plus virulent, puis on revient au calme avec la lancinante intro de The Final March, composition aux racines Prog plus marquées. La voix féminine est également à l’honneur, menant aisément la danse tout en laissant son homologue masculin la rejoindre, mais le titre est assez rapide, et il passe le relai à Longing for the South, qui se montre lui aussi très festif, et on a presque l’impression que le groupe s’est définitivement tourné vers le Pagan/Folk, conservant tout de même une saturation sombre en arrière-plan. On se laisse facilement entraîner avant que l’atmosphère ne s’alourdisse grâce aux rugissements, et même si le contraste surprend, il est parfaitement géré avant de disparaître pour la mélancolie sanglante de Guardians of the Earth, titre suivant qui renoue avec les racines agressives tout en proposant un piano plus léger. On se laisse porter par la touche de fraîcheur tout en appréciant la violence, rencontrant toutefois quelques parties vocales étranges lors du voyage, rejoignant la furieuse The Return of the Native God ancrée elle aussi dans les racines Folk et profitant du duo vocal pour proposer un mélange original et effréné. Le final groovy soutenu par la section rythmique nous mène finalement à Bulgarian Language, dernier morceau qui débute avec une longue partie instrumentale avant de laisser le chant macabre ternir à nouveau les riffs pourtant assez calmes mais dissonants, mais c’est finalement à Fanny que revient l’honneur de nous accompagner jusqu’aux derniers instants.
Alors que la culture bulgare est relativement peu représentée dans la scène Metal, Tsar Stangra s’en fait le porte-étendard, bien que géographiquement éloigné. Hymns of the Broken Worlds nous fait voyager sans nous perdre grâce à une base brute, et l’aventure est d’autant plus plaisante.
85/100