
La légende de Spectr3 continue.
Connu comme l’un des plus anciens groupes de Black Metal ibériques, la formation comprenant Gangreal (guitare/basse), Shunh Oath (guitare/basse), Javi Bastard (basse), Varg The Mighty (claviers), Black`et (batterie) et Lilith Necrobitch (chant) révèle en 2026 son nouvel album, A Procession of the Dead, avec la complicité de Solistitium Records.
L’album débute par un rituel mystique accompagné de bruits de chaînes sur Torax, première composition d’abord assez étrange puis finalement agressive, mêlant les arcanes d’un Black Metal au mix angoissant avec des grognements d’outre-tombe. On savoure cette approche assez brute mais mélodieuse alors que les voix nous hantent à leur allure, puis le son se brise d’un coup pour trouver Phantom Drummer Of Tedworth, le morceau suivant, qui affiche fièrement sa mélancolie couplée à des influences glaciales. Les harmoniques proposent une touche plus aérienne au mélange, le rendant presque accessible alors que la base est parfois énergique, puis les claviers se dévoilent avec le titre éponyme, A Procession Of The Dead, et sa virulence contagieuse au sein de laquelle les hurlements se décuplent. La rythmique ralentit, laissant une voix claire mystérieuse apparaître pour nous guider dans ce nouvel univers, et l’allure colle parfaitement aux tonalités qu’elle développe, mais le groupe ne se prive pas de revenir à une vivacité plus sauvage avec A Forest In Hell, renouant avec les sonorités éraillées et les parties vocales douloureuses. Les riffs sévissent jusqu’à rencontrer Valse Spectrorum, sorte d’interlude où les claviers tissent une atmosphère donjonnesque majestueuse et entêtante avant de reprendre sur l’agressive Blood Rituals In The House Of The Dead, morceau qui combine saturation des instruments et claviers bien plus planants. Si le titre reste efficace, il sera coupe un peu avant sa fin pour une longue outro qui nous permet de reprendre notre souffle avant The Restless Spirit Of The Screaming Woods, morceau assez court mais surtout très virulent, qui prend l’essentiel des racines agressives et les mélange sans transition. Le son s’essoufle pour faire place à Saducismus Triumphatus, titre deux fois plus long qui repart à vive allure et propose des mélodies glaciales et cinglantes, mais aussi ces nappes enivrantes en arrière-plan qui rendent le tout encore plus savoureux, assurant une transition parfaite pour la sombre Into The Mausoleum. Une fois l’interlude achevé, l’album prend fin avec Goddesses Of Vengeance, long titre où les tons pensants et aériens sont complétés par cette lenteur que l’on sait malsaine et inquiétante, qui collerait parfaitement à une balade au clair de lune dans les bois, alors que l’on est observés.
Malgré sa longévité, il y a de très fortes chances que vous ne connaissiez pas Spectr3, et l’une des causes est très probablement son mix, très peu accessible en dehors de la scène, mais qui donne à A Procession of the Dead cette touche unique et enivrante.
75/100