Review 3398 : Gorod – The Ember Gone

Le feu s’attise chez Gorod.

Pour son nouvel album, The Ember Gone, le groupe bordelais mené par Benoit Claus (basse,pour Nader Sadek, ex-The Great Old Ones), Mathieu Pascal (guitare), Nicolas Alberny (guitare, ex-Antropofago, ex-Arcania), Julien « Nutz » Deyres (chant, Grist, Ahasver, ex-Zubrowska) et Karol Diers (batterie) est toujours associé à Base Productions et Klonosphere.

Le groupe nous confirme dès Signs, le premier morceau, que les influences Prog très marquées développées sur l’album précédent sont de retour, mais la voix de Nutz, d’abord assez inquiétante, est toujours aussi puissante, s’adaptant sans mal à la touche dissonante et aérienne de la rythmique. Les claviers apportent une touche lumineuse intéressante mais le groupe finira par se focaliser sur ses leads pour rejoindre Devise, le morceau suivant qui affiche un contraste assez marqué entre la technicité et certains éléments plus bruts, comme les choeurs hurlés, mais aussi avec le chant clair encore une fois surprenant. Le titre passe assez vite la main à la mélancolie de Forgiveness, composition plus longue qui prend tout son temps pour développer son atmosphère sombre mais planante avant de s’intensifier et de continuer à accentuer la complexité jusqu’à la rendre oppressante, puis enfin revenir au Death Metal. L’alternance des styles va bon train, et le mélange est satisfaisant, tout comme sur Regret qui repart en douceur mais qui teinte plus rapidement sa rythmique de touches inquiétantes et enfin des rugissements massifs du vocaliste, qui n’hésite pas à alterner ses différentes techniques. Le final est presque joyeux vu les racines saccadées qui s’expriment, et Crimson ne va pas arranger les choses en nous ramenant quelques instants dans la noirceur, puis en retournant à son approche convolutée et soignée pour faire de ce titre instrumental une véritable leçon de jeu. Le chant revient sur Ignite, titre qui conserve la folie créatrice du groupe tout en la poussant grâce aux parties vocales violentes, et seuls les moments purement instrumentaux restent à peu près apaisants, mais à part le break, ils durent peu, et sont rapidement soumis à la rage alors que nous rejoignons Ember, qui fera office d’interlude. Là encore, l’absence de chant nous permet de respirer quelques instants en profitant de la quiétude des musiciens, puis Remains vient nous donner le coup de grâce en renouant certes avec la violence, mais une fois encore sans oublier ses harmoniques organisées qui feront le bonheur des musiciens et qui permettent de rendre le tout parfois un peu plus digeste qu’une énorme claque comme on en avait l’habitude par le passé. Je vous conseille de rester attentifs jusqu’à la fin pour profiter de l’angoisse des claviers.

Gorod confirme son évolution vers une approche bien plus Prog entamée avec l’album précédent, affirmant sa nouvelle identité. Si The Ember Gone possède d’excellents passages qui plairont sans aucun doute aux amateurs de technicité, pour ma part, je suis moins convaincu.

70/100

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