Review 3402 : Februus – Construction of Conflict

Februus cherche les problèmes.

Avec ce deuxième album, Construction of Conflict, le musicien suédois Andreas Karlsson (Fetus in Fettuccine, Well of Depression, Tranq Wound…) signe chez Transcending Obscurity Records.

Genocide by Default démarre sur les chapeaux de roues avec un imbroglio sonore infusé au Death Metal sur lequel le musicien ne tarde pas à hurler tout en multipliant blast et riffs convolutés pendant un long moment avant d’enfin daigner nous laisser respirer sur un break inquiétant au possible. La rythmique repart plus lentement, mais finit par dévoiler des sonorités angoissantes, puis Measures of Escalation prend le relai et nous écrase sans attendre, laissant finalement des touches éthérées se joindre au massacre, puis c’est à la force de ses harmoniques travaillées que le musicien progresse, laissant la base épaisse faire son oeuvre. Les parties vocales deviennent de plus en plus étranges, alors que Suicide by Proxy nous accorde un court temps de relâche avant de relancer la machine à toute allure, restant sur l’approche saccadée et torturée tout en continuant de déverser ses influences brutales. Là non plus, le musicien n’a visiblement aucune envie de nous laisser respirer jusqu’au final étrange, puis une explosion nous projette vers The First Limb is Cut, titre où nous redécouvrons les termes dissonance et imprévisibilité tant ils le caractérisent si bien. Les différentes vagues se succèdent mais ne se ressemblent pas, et il en est de même pour The Misery That Awaits the World qui va surprendre avec sa douceur tout en restant ancrée dans la touche Prog du projet, annonçant le retour de la violence avec Fueled by Narcissism, composition relativement plus “traditionnelle” mais infusée à la rage brute. On lui trouverait presque même une pointe Old School sur certains passages alors que d’autres sont bien plus expérimentaux, offrant une voix claire intrigante avant de repartir dans cet inconnu virulent vers Scavengers of the Forgotten Poor, titre à la base assez remuante qui abuse de ces harmoniques perçantes pour créer un son encore plus abrasif qu’il ne l’est déjà. Le son repart frénétiquement pour Suppressing the Future, dernier morceau de l’album, et on sent que le musicien n’hésite pas à partir alternativement dans les deux extrêmes, que ce soit les quelques touches mélodieuses ou au contraire les tonalités les plus brutales comme la mer de blast qui nous roule souvent dessus avant le long passage central assez calme, puis le final emprunté au Death/Doom.

Si vous aviez un quelconque doute à propos de la capacité de Februus à être dissonant, je peux vous assurer qu’il n’a pas lieu d’être ! Entre Death, Prog et éléments massifs, Construction of Conflict n’aura aucun mal à convaincre un public averti.

80/100

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