
Bien que toujours en mouvement, Behemoth prend le temps de nous offrir un nouvel EP.
Arrivant seulement un an après le dernier album du combo, I, Scvlptor a demandé à Nergal (guitare/chant, Me And That Man), Inferno (batterie, Azarath, Hellfuck, Terrestrial Hospice, Weedpecker…), Orion (basse, Black River, ex-Vesania) et Seth (guitare, ex-Nomad) un saut dans différentes époques. Le groupe profite de sa sortie pour annoncer sa collaboration avec un nouveau label, Massacre Records.
Nous démarrons avec la période la plus actuelle du groupe pour deux nouveaux titres, le premier étant le déjà bien connu I, Scvlptor qui reprend l’atmosphère grandiose du groupe, mais également des parties vocales plus expressives que jamais, laissant Nergal puiser dans ses ressources dans différents registres pour créer un mélange saisissant avec la rythmique. Le titre reste dans la lignée du dernier album, explosant toutefois avec des racines plus Old School avant de passer à la mélodieuse Lord ov the Horizons qui nous offre un court répit et même quelques parties de chant clair mystique avant de revenir à la saturation malsaine, puis à des riffs imposants comme on les connaît par coeur. Le morceau alterne entre douceur enivrante et éruptions saturées, en faisant un atout de choix pour fédérer une fois de plus son public avant de lâcher le break, puis les musiciens retournent dans le passé avec Rise of the Blackstorm of Evil, ré-enregistrement du morceau présent sur la démo The Return of the Northern Moon de 1993, qui prend un sacré coup de jeune, tant au niveau du mix que des parties vocales qui ont bien évolué avec le temps. On y retrouve la dissonance, mais aussi l’énergie mystique du titre original tout comme sur In Thy Pandemaeternum du troisième album Pandemonic Incantations qui aura droit au même sort, et devient rapidement l’un des morceaux phares de cet EP grâce à sa force de frappe naturelle et à ses riffs furieux qui n’oublient pas de proposer des passages occultes. Le groupe revient à ses dernières influences sur Begotten, titre composé lors de la création de l’album The Shit ov God sorti l’année passée et qui aurait sans mal pu y figurer tant ses sonorités en sont proches, et on retrouve avec plaisir ce son un peu aérien mais accrocheur qui fait des ravages en live. Le groupe est rejoint par Shagrath (Dimmu Borgir, Chrome Division) pour In League with Satan, reprise des légendaires Venom auquel le groupen arrive sans mal à apposer sa propre touche sans dénaturer cette composition si fédératrice, scellant l’alliance des polonais avec les norvégiens (et annonçant la tournée prévue cet automne) avant de passer à The Return of Darkness and Evil, hymne du Mystic Festival où le musicien grec Sakis Tolis (Rotting Christ) apparaît. Le morceau est un enregistrement live réalisé le 8 février 2026 au Floyd d’Athènes, et on sent toute la puissance que les cinq hommes y injectent, rendant hommage à son créateur, Bathory. La dernière surprise est le “Rough mix” du titre Lord ov the Horizons, qui reste bien entendu fidèle au morceau original, mais qui pourra sans doute plaire aux amateurs de l’atmosphère un peu plus minimaliste, presque confidentielle.
Behemoth n’est pas resté les bras croisés, et malgré de très nombreuses dates live, le groupe a su nous proposer de quoi attendre pour promouvoir sa prochaine tournée ! I, Scvlptor s’inscrit parfaitement dans leur univers, proposant même un petit tour d’horizon pour patienter !
90/100