
Nouvelle aventure pour Jasmeno.
Forgeant sa propre identité à partir de nombreux éléments, le groupe polonais mené par Brian Gawaski (chant), Michal Grall (guitare), Artur Olkowicz (basse) et Slavomir Nietupski (claviers) dévoile en 2026 son dernier album, Assemblage of Cinematic Idioms.
Le groupe a fait appel à de nombreux invités, parmi lesquels Bartlomiej Krysiuk (Patriarkh), Marc Grewe (Morgoth), Snorre Ruch (Thorns), Yusaf Parvez (Dødheimsgard), Slawomir Maryniewski (Armagedon)…
Le groupe démarre avec la longue et majestueuse A Code of Equivocation, première composition qui pose immédiatement les bases d’un Metal Progressif imposant et travaillé, présentant des parties vocales différentes mais intenses qui répondent à l’instrumentale changeante mais très expressive. On note un très large contraste entre ces moments pesants et les breaks aériens aux mélodies enivrantes qui se succèdent pour rejoindre le chant avant d’atteindre His Rebirth et ses choeurs ancrés dans le Metal Symphonique, mais aussi ce chant mystique qui tranche avec les synthétiseurs futuristes. Le mélange reste cependant assez cohérent, enchaînant les démonstrations techniques sensées, mais le titre est le plus court de l’album, et il ne faudra que peu de temps pour que la clameur se mue en une outro acoustique. Les musiciens enchaînent avec la sombre et théâtrale Seduced by Ambiguity, composition bien plus axée sur l’instrumentale dans un premier temps, mais qui n’hésitera pas à se laisser gagner par la folie et la fureur lorsque les voix s’y invitent enfin, tout en laissant la douceur s’emparer des la rythmique pour de longues envolées mélodieuses. Retour aux tons plus pesants pour Synesthesia Imperialis, le plus long titre qui dépasse les dix minutes d’alternance entre éléments angoissants, orchestrations épiques et finalement une rythmique motivante au sein de laquelle les voix peuvent renaître, donnant vie à des nuances plus entêtantes en empruntant au Power Metal ses touches les plus énergiques avant que The Provocation ov Fate ne dévoile une approche plus narrative. La dimension chevaleresque prend ici tout son sens, et ce dans tous les éléments du morceau qui se montre sans mal comme l’un des plus fédérateurs de l’album, incluant même de très légères touches effrayantes avec la progression, mais c’est finalement The Void qui s’installe et nous dévoile ses tons les plus obscurs grâce à une voix robotique avant que le vocaliste ne reprenne le commandement, nous menant sans mal à travers les péripéties musicales du groupe aussi diverses que maîtrisées jusqu’au final.
S’il existait un prix de l’album le plus épique de l’année, Assemblage of Cinematic Idioms entrerait dans la compétition avec un vrai avantage ! Jasmeno est un groupe capable de mêler énormément d’influences pour créer sa vision théâtrale du Metal Progressif, et les mélomanes seront ravis.
85/100