Live Report : Mennecy Metal Fest 2026 – Day 3

Je sais que je me répète, mais le troisième et dernier jour du Mennecy Metal Fest est à la fois enfin et déjà là !

Pour cette ultime journée, le festival a choisi une atmosphère très… différente, et rien que les groupes présents seront là pour en témoigner, mettant une fois de plus en avant la grande diversité de l’affiche… et d’un lapin (un homme avec un masque de lapin) visiblement un peu perdu !

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On attaque avec Veihima, eux aussi gagnants du tremplin du Stock et qui vont nous présenter un hybride entre Metal Progressif, Metalcore et racines modernes qui se traduisent par des riffs groovy et saccadés, des touches plus aériennes et très travaillées, mais aussi un chant versatile. Pas de backdrop pour ce jeune groupe, mais de petites têtes de dragons sont placées devant le micro du chanteur/guitariste, mettant un peu en avant leur univers mystique qui se traduit parfaitement dans leurs rythmiques, et malgré le peu de monde, les quatre musiciens sont en pleine forme ! Les connaisseurs y reconnaîtront sans doute quelques influences de formations bien connues, mais moi j’y vois surtout un essai de quatre jeunes qui savent ce qu’ils font, et qui n’hésitent pas à attaquer avec des mélodies intéressantes, ça me plaît.

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On repart sur la scène principale pour le Heavy/Thrash d’Iceland, groupe créé fin 80 mais qui a disparu après dix ans d’existence pour mieux réapparaître en réenregistrant son album, et qui va lui aussi nous offrir un son typé de leurs débuts que l’on associe sans mal à leurs débuts. Philippe Roux (guitare/chant) est motivé, mais il harangue également son assemblée avec quelques remerciements entre deux titres, et si les riffs sont ouvertement inspirés des papas du style, ils restent efficaces pour quiconque les écoute avec les patchs des groupes de NWOBHM sur sa veste. Pas de fioriture nécessaire, le show est assuré avec bonne humeur et un très bon mix en plein soleil sans véritable pause autre que quelques remerciements et une vérification des mécaniques, le groupe semble reparti du bon pied pour reprendre sa carrière !

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On passe de nouveau par l’Eye Stage pour un peu de bagarre orchestrée par Stoned, les propriétaires du lapin qui se balade dans le festival depuis l’ouverture, et qui proposent un mélange Metalcore/Hardcore efficace à deux voix, et qui va rapidement motiver le public présent. Si la fosse est déjà bien excitée par le léporidé qui s’amuse à provoquer ses camarades, les demandes de circle pit et autre wall of death (lancé par un “butez moi c’putain d’lapin”) ne font qu’accentuer le phénomène pendant que les musiciens matraquent leurs instruments sous les cris des deux gaillards qui haranguent, puis nous remercient. Il n’y a que peu de temps mort avec le groupe, et le plus long sera pour accueillir leur invité Pouky, qui prendra lui aussi un micro, et continuera de nourrir ce que l’on peut appeler avec toute la technicité du jargon : un énorme bordel organisé qui tabasse sans s’arrêter.

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Retour à la délicatesse avec le Heavy de Seven Metal Sins, groupe venu de Nouvelle-Aquitaine pour nous donner une leçon aux couleurs du Metal Old School comme on l’aime, et qui ne mettra qu’un instant à nous le faire comprendre, autant lorsque les musiciens commencent à lâcher leurs riffs que quand Claw-G (chant) nous fait preuve de ses talents. Si les titres nous rappellent tous quelque chose de Maiden ou Queensrÿche grâce à leurs harmoniques typées NWOBHM teintées de Power Metal, le seul souci du show restera le mix : la voix sature dans les aigus et certains solos sont parfois un peu rognés… Mais heureusement, comme le dira le groupe “pour tous ceux qui n’ont pas eu peur de fuir” on notera une amélioration au fil du temps, et le show se poursuit à bonne allure devant un public qui apprécie ce qu’il entend, et qui ne manquera pas de le manifester grâce à des cornes tendues vers le ciel et des applaudissements largement mérités.

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On reste dans une vibe Heavy pour Dreamcatcher, vétérans de la scène parisienne qui passent pour la deuxième fois à Mennecy pour nous conter leurs légendes angoissantes et horrifiques sous un soleil de plomb qui ne découragera pas les amateurs du style. Chris Garrel (chant) se montre théâtral en clamant ses parties, n’hésitant pas à se rapprocher de ses camarades pour jouer avec eux, et le show qui sait se montrer relativement énergique lorsque les riffs suivent peut aussi se transformer en moment de douce et lente mélodies quand les balades sont lancées. Un rythme assez inhabituel, mais le public semble y prendre goût, et c’est au final devant une assemblée conséquente que le groupe se lâche, et mettra fin à une prestation tout à fait honorable, autant en termes d’intensité que de diversité musicale.

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On enchaîne sans transition avec les cannois d’Heart Attack qui finissent leurs balances pour mieux arriver avec des masques de yokai, et qui les enlèvent après une petite minute pour finalement nous montrer que le Thrash Metal est toujours aussi vivant, et qu’ils savent de quoi ils parlent ! Les riffs sont énergiques, les musiciens sont survoltés et le public leur répond sans attendre, remuant au moindre “Montrez nous ce que vous avez dans le ventre !” suivi de leurs harmoniques cinglantes, créant une sorte de chaos organisé auquel je ne m’attendais pas réellement, mais qui marche du feu sacré ! Entre Thrash, Groove, Metalcore et influences Heavy non dissimulées, Kévin Geyer (guitare/chant) et ses comparses nous montrent qu’ils n’ont pas besoin d’être sur la Tour Eiffel pour propose un show monumental, encourageant la fosse à remuer, et invitant même une vocaliste (Audrey Dandeville, si j’ai tout suivi ?) à les rejoindre pour un mélange des plus éclectiques, à l’image du festival. Le groupe a tout des géants de la scène, et ils nous l’ont démontré à chaque moment de leur set !

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On retourne dans la noirceur avec cette exclusivité nommée Hell-Born que l’on doit à MusikÖ_Eye qui réunit deux anciens membres de Behemoth (un de mes groupes favoris, pour les trois du fond) et de Damnation, des figures emblématiques de la Pologne en terme de Metal Extrême. Pour être honnête, j’ai vu plus de 2000 concerts, mais celui-ci est à n’en pas douter l’un des plus virulents et occultes auquel j’ai pu assister tant Baal Ravenlock (basse/chant) et Les (guitare/choeurs) prennent à coeur leur Black/Death Metal, et les premières notes m’ont immédiatement transcendé avec leur violence glaciale et sans compromis. Le groupe prend tout de même la peine de présenter les titres, nous jouant même “the first one ever written by Les” (le fondateur), et on se sent immédiatement au coeur d’un rituel impie massacré par des démons venus de toutes part, comme la fosse nous le montre, mais pour moi, c’est sans aucun doute l’un des meilleurs concerts du festival.

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La Menn’ Stage reprend vie avec l’Autruchecore de Psykup (promis, ce sont leurs termes), et… vous m’avez perdu. Certes, le terme est original. Certes, le groupe sait jouer, affichant même une certaine satisfaction d’être là. Mais quand ça ne passe pas, il ne faut pas forcer, et bien que je reconnaisse que la formation toulousaine menée par Julien Cassarino (guitare/chant) et Matthieu Romarin (chant) assure des changements inattendus qui permettent à leur son d’exploser… c’est un non négatif pour ma part. Les rythmes saccadés s’enchaînent, le groupe nous demande de “passer la 3è” et de bien vous éclater avec nous”, mais même si je parviens à apprécier certaines moshparts où le groupe remue comme un beau diable… les racines Mathcore ne sont pas faites pour moi, à l’inverse du public qui va se briser la nuque en remuant comme si le paradis leur était offert ! Et grand bien leur fasse, car franchement, le show est assuré de bout en bout !

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Retour sur la Eye Stage pour le show de Liv Sin, groupe que je ne connais que de nom grâce à la présence de la meneuse Liv Jagrell (chant) qui dévoile ici un mélange de Metal Gothique, Alternative et Heavy Metal. Sur le papier, ce n’est pas du tout pour moi, mais il se trouve que les musiciens permettent à la meneuse de placer ses parties vocales et autres ondulations corporelles, et il se trouve que le groupe tient la route, laissant tout de même les coupures entre les morceaux nous permettre de respirer. J’ai honnêtement peu de choses à dire, n’étant que peu resté devant eux, mais les “come on Mennecy” trouvent leur public, et il y a fort à parier que le groupe pourrait trouver son public en Allemagne dans les festival Indus/Gothique !

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J’ai plus de trente ans, alors vous allez me trouver aigri devant la performance d’Helldebert, mais cette dernière du chanteur/guitariste Aldebert et ses compagnons qui profitent des écrans, mais aussi de la bonne humeur locale pour faire un set assez “chill” comme disent les djeunz. En soit, je n’ai rien à reprocher au meneur et à sa troupe, ils font ce pourquoi leur public les aime, et pour être honnête, j’aurai aimé entendre ça quand j’avais 5 ou 6 ans, mais même s’ils prétendent avoir “de quoi vous remettez d’aplomb”, les chansons pour enfants, leurs interprétations de chansons pour enfants, ça fonctionne. Pas au point de me faire avoir des rhumatismes, mais j’ai aussi vu des cinquantenaires s’amuser alors qu’il jouait Pour louper l’école, assurant un show énergique au bout duquel il finira dans la foule, montrant à quel point il est proche de son public, qui l’acclamera.

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Dernier show pour l’Eye Stage, et c’est avec Catalyst (qui remplace Exocrine) que nous allons nous prendre une de ces claques qui n’était absolument pas attendue, car même si je connais les messins menés par Jules Kicka (guitare/chant), je ne pensais pas les voir en trio, alors qu’ils officient de base en quatuor. Et pourtant, les trois musiciens vont nous montrer que des années de pratique de l’instrument peut permettre une chose incroyable, à savoir un concert virulent, cinglant et dévastateur tant la violence répond à la technicité, et même si les trois furieux sont assez statiques, ils déballent leurs compositions comme s’ils étaient cent ! Le Death Technique va foudroyer Mennecy avec une agressivité telle que le pit s’ouvre de lui-même, et remuera sans mal tant le groupe est en forme, lâchant même “vous l’aurez compris on joue du Death Metal”. Je veux revoir cette formation dans les plus brefs délais.

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Je les avais vus il y a plus de dix ans, et j’avais ouvertement décroché de leur approche beaucoup plus drôlastique du Metal, mais ce soir, la tête d’affiche, c’est Ultra putain de Vomit, et le show est visiblement attendu. “Test sonore de la foule”, samples rigolos, je me demande vraiment ce que je fous là… jusqu’à ce que les quatre débiles commencent à jouer. Je n’avais (comme vous l’aurez compris) aucune attente, et vous savez quoi ? J’ai aimé le show. “Pourquoi ?”, me demanderez-vous, et voilà ma réponse : malgré les passages un peu trop one-man-show de Fetus (guitare/chant) et sa bande, nous avons affaire à quatre mecs qui ont une énergie folle (surtout le bassiste Matthieu Bausson qui fait exploser son cardio), et qui vont claquer titres après titres, courant ou hurlant (osti d’calisse, Nicolas Patra peut tout faire en fait ?) alors que la fosse est massée pour eux, remuant comme jamais. J’aurais voulu dire que “c’est juste du Metal drôle”, mais je ne peux pas, les quatre gars sont liés par le Metal et l’énergie, nous demandant de levez nos doigts de Metal et gueuler nomme des putain de truies de Metal”, j’ai même chanté certains vieux titres comme Quand j’étais petit, et Je collectionne des canards (vivants). Un vrai putain de concert. Ils savent jouer, ils savent enchaîner, leurs riffs passent du Punk au Death et au Black sans sourciller, que voulez-vous que je leur reproche ? Les interludes un peu axées one-man-show ? Il est vrai. Mais ce ne sera pas le cas, parce que les quatre débiles font ce qu’ils aiment, et ce qu’on leur demande, et fichtre, j’aime bien, c’est un oui positif !

Bon, bon, bon… Le Mennecy Metal Fest vient de finir, et si pour vous tous, la fameuse “déprime post-festival” va commencer, de mon côté c’est le fameux “tri des photos” qui va prendre le pas. 2026 n’a pas été tendre pour la musique, mais la Mairie de Mennecy en a fait sa meilleure édition avec deux journées sold-out, preuve que le festival n’est plus un petit truc musical, mais bien une véritable institution. Merci à l’organisation, aux bénévoles, au public, et aux groupes d’avoir donné plus que leur maximum une fois de plus cette année, et… à très vite !

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