
Vulgar Mephitis a franchi une étape clé.
Suite à un EP puis une démo, le groupe composé de Dan Martin (guitare), Jay Schweinberg (basse), Nick Bentzel (batterie) et Jacob Toy (chant, Immortal Disfigurement, ex-Signs of the Swarm) signe chez Willowtip Records pour la sortie de son premier album, From Dust.
Bien qu’étant considéré comme un titre d’intro, l’éponyme From Dust va frapper fort avec un mélange de technicité et de lourdeur dissonante, comme si le groupe voulait nous avertir de l’extrême brutalité qui frappe dès Martyr, le premier titre dévoilé. On y retrouve évidemment la touche Brutal Death pure, mais aussi une approche parfois liée au Death Progressif, créant un mélange surpuissant qui n’hésite pas à se montrer plus étrange par moments, mais qui revient toujours à la violence, comme sur la courte Exterminating Profane, composition dédiée à nous matraquer les conduits auditifs. Nous sommes là encore soumis aux frappes répétées et aux palm-mute dévastateurs des musiciens, mais le morceau laisse vite sa place à Peer Into the Abyss où les patterns déstructurés reviennent en force, complétés par une bonne dose de maîtrise sur chacun des instruments, notamment lors des harmoniques explosives. Les infrabasses apportent une véritable dose d’oppression supplémentaire mais parfaitement gérée, tout comme l’introduction de Scorn Of My Flesh qui teintera l’intégralité du morceau avec des sons planants et inattendus entre les vagues de rage contrôlée. Tout dans ce titre appelle au brisage de nuque, et il en est de même pour Gorging Greed qui enchaîne les moshparts déchaînées pendant que le vocaliste vocifère sous les assauts répétés de ses camarades, gardant la touche Old School sur ce morceau ainsi que sur To Dust, le suivant qui prend le relai et nous frappe en plein dans les dents à son tour par phases. Le morceau finira par ralentir pour adopter de nouveau la marque dissonante avant de laisser place au long final, puis à Wounds, plus long et ultime titre de l’album qui empile les démonstrations de violence, mais aussi et surtout de maîtrise avant de nous laisser avec un long final mystique, presque ritualistique composé de quelques claviers et voix qui nous mèneront jusqu’au silence.
Bien qu’un peu court, From Dust sait où frapper pour faire mal, autant dans la violence pure que dans la technicité, et il le fait bien. Vulgar Mephitis n’est pas un groupe à prendre à la légère, les amateurs de mosh et les techniciens seront aux anges, mais pas pour la même raison.
80/100