Interview : Knivad

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Quelques questions adressées à Manne (chanteur) et Jonas (guitariste) du groupe de Blackened Crust Punk Knivad, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album, Lilla vackra människa.

Bonjour et tout d’abord un grand merci d’avoir pris le temps de répondre à cette interview ! Première question : comment décririez-vous la musique de Knivad sans utiliser les mots “Metal”, “Crust” ou tout autre sous-genre ?
Manne (chant) : Salut ! Nous (Manne, le chanteur, et Jonas, le guitariste) allons répondre aux questions à tour de rôle.
Jonas (guitare) : De petites histoires déformées sur tout ce qui ronge l’âme humaine dans notre société exceptionnelle.

Vous souvenez-vous pourquoi vous avez choisi le nom Knivad à la création du groupe, et comment le reliez-vous encore à la musique que vous jouez aujourd’hui ?
Manne : Je crois que c’est moi qui l’ai trouvé. On avait plusieurs options, je ne m’en souviens plus maintenant, mais Knivad (argot pour « poignardé ») était le meilleur choix. Ça sonne assez impertinent et ça ne renvoie pas clairement à un genre en particulier, un peu comme on considère notre musique. C’est assez étrange qu’aucun autre groupe n’ait déjà porté ce nom…

Knivad s’apprête à sortir son deuxième album, Lilla vackra människa, qu’en pensez-vous ? Comment résumeriez-vous cet album en seulement trois mots ?
Jonas : Je suis ravi. Je suis content qu’il sorte enfin après cinq ans de revers personnels et une situation logistique difficile. Comme toutes les paroles sont, peut-être malheureusement, très personnelles pour nous, cela a également été un processus purificateur à bien des égards et ça fait du bien d’en tirer au moins un résultat positif. Je vais donc le résumer par les mots Lilla vackra människa. Et je me suis ainsi facilité la tâche.

Knivad puise ses racines dans divers genres, du Punk Hardcore au Crust, en passant par le D-beat et même le Black Metal. Quels groupes citeriez-vous comme influences ? Ces influences ont-elles évolué avec le temps ?
Jonas : Je suis considéré comme vieux maintenant, du moins selon mes propres critères, et je suis devenu exactement le métalleux conservateur que je méprisais autrefois. Du coup, quoi que tu me proposes, je dirai “on ne fait plus ça comme dans les années 90” avant même de lui donner une chance. Une idée de composition, un riff ou quoi que ce soit d’autre peut surgir de presque n’importe quoi si ton esprit est suffisamment vide, je suppose donc que les influences évoluent, mais je ne sais pas vraiment d’où elles viennent. Ça pourrait être Nifelheim autant qu’Adele ou une tondeuse à gazon.

Lilla vackra människa sort cinq ans après le précédent album. Avez-vous remarqué des changements dans le processus de composition ? Pourquoi vous a-t-il fallu autant de temps pour vous remettre à créer de la musique ?
Manne : Une grande différence, c’est qu’aucun des membres ne vit plus au même endroit, ce qui a clairement joué un rôle. Nous avons également traversé des années assez difficiles sur le plan personnel, ce qui nous a obligés à nous concentrer sur d’autres choses. Et puis, nous n’aimons pas cette frénésie actuelle où tout va si vite et où les gens courent sans cesse après la nouveauté sans s’imprégner pleinement de ce qui existe déjà. Mais nous avions en fait quelques morceaux pour un split 12″ qui devait sortir vers 2023, mais il s’est avéré que nous et l’autre groupe avions des attentes complètement différentes quant au produit final. Et nous ne sommes pas un groupe prêt à faire des compromis sur notre vision de ce que Knivad devrait être et représenter. Cette sortie n’a finalement pas vu le jour. Avec le recul, c’était une bonne chose.

Quelle est ta chanson préférée de l’album Lilla vackra människa ? Ou celle qui t’a donné le plus de fil à retordre ?
Manne : Probablement Det de vet ou Ett liv.

Je ne parle pas suédois, alors je me suis aidé de Google Translate : Lilla vackra människa signifie “belle petite chose/personne”, c’est ça ? D’où vient ce titre pour l’album ?
Manne : Pas vraiment, “petit être humain magnifique” est plus exact. Le titre contraste avec le son de la musique, je suppose. La phrase est belle et, en même temps, légèrement ambiguë. C’est aussi une tentative de dépeindre l’homme comme une créature faible et malheureuse – ce qui, bien sûr, n’est pas toute la vérité, les êtres humains ont de multiples facettes. Mais nous nous concentrons sur le côté sombre.

Je ne pense pas que nous ayons ce genre d’informations, alors comment vous êtes-vous rencontrés à l’époque, et comment avez-vous décidé de faire de la musique ensemble ? Y a-t-il eu des changements au sein de la formation de Knivad ?
Jonas : Fredrik, Manne et moi avons grandi dans une petite communauté du nord de la Suède. La musique a pris une place importante dans nos vies assez tôt et, après des années passées dans diverses formations, nous avons fondé Knivad avec notre ami Agge. À l’époque, tout le monde sauf Fredrik vivait à Göteborg, mais aujourd’hui, nous sommes dispersés dans toute la Suède, du nord au sud, avec environ 100 miles suédois entre les baguettes de batterie et la guitare. Nous ne répétons pas très souvent.

Pensez-vous avoir évolué personnellement en tant que musiciens avec ce nouvel album ?
Jonas : Musicalement, probablement pas. Mais si l’on pense aux épreuves que nous avons traversées sur le plan personnel et qui se reflètent dans les paroles, on peut au moins dire que nous avons évolué en tant qu’êtres humains au cours de la création de l’album.

Knivad est toujours sous contrat avec Suicide Records, comment se passe ce partenariat ? Qu’en est-il de la collaboration avec Elevator Records pour la promotion ?
Manne : On ne pourrait pas être plus heureux ! Même si Suicide Records est un petit label, Roger (le patron du label) y consacre énormément de temps et d’énergie. On bénéficie également d’une totale liberté artistique, ce qui serait probablement moins le cas avec un plus grand label, et que nous, compte tenu de notre sens aigu de l’intégrité, ne serions sans doute pas capables de gérer. Nous n’avons pas beaucoup d’interactions directes avec Elevator, mais ils nous ont permis de toucher un public plus large dans des contextes comme celui-ci, ce qui est formidable.

Personnellement, je ne vous ai jamais vus sur scène. À quoi peut-on s’attendre lors d’un concert de Knivad ? Comment vous sentez-vous sur scène pendant le spectacle ? Avez-vous peut-être des habitudes avant ou après les concerts ?
Jonas : Il ne faut pas s’attendre à grand-chose. Nous ne donnons pas de concerts pour diverses raisons.

Quelle est la prochaine étape pour Knivad après la sortie de l’album ? Avez-vous déjà des projets pour l’avenir ?
Jonas : Absolument aucun projet, et c’est justement ce qui fait tout le charme de la chose. Puisque nous ne jouons pas en live, il n’y a pas d’étape suivante. Ce sont juste les morceaux qui comptent beaucoup pour nous, et, espérons-le, pour quelques autres. C’est tout. Allons-nous continuer à faire de la musique ? Oui, probablement. La guitare est à la fois mon refuge et mon pire ennemi, donc il y a déjà pas mal de morceaux prêts à être revisités par les autres membres.

Avez-vous déjà entendu parler de la scène Metal française ? Y a-t-il des groupes que vous connaissez et appréciez ?
Manne : Des groupes comme Massacra, les débuts de Mercyless, Deathspell Omega et Mütiilation sont tous excellents. Je suis aussi fan de Hardcore des années 90 et j’ai un faible pour le groupe Kickback.

Y a-t-il des groupes avec lesquels vous aimeriez jouer ? Je vous laisse créer l’affiche de vos rêves avec Knivad en tête d’affiche et trois autres groupes, même les réponses irréalistes sont acceptées.
Jonas : Si c’était le cas, voici une affiche qui mériterait le détour : Knivad, Dissection (de l’époque de Storm of the Lights Bane), Acursed (Crust suédois) et Morbid Saint.
Manne : J’adorerais avoir Ludovico Einaudi (compositeur et pianiste italien) en première partie ! Sinon, je suis d’accord avec Jonas.

Dernière question, un peu humoristique : à quel plat compareriez-vous la musique de Knivad ?
Manne : Probablement à quelque chose servi dans une soupe populaire.

C’était la dernière question pour moi, alors merci beaucoup pour votre temps et votre musique. Le mot de la fin vous appartient !
Manne et Jonas : Merci de nous avoir reçus. Le dernier mot n’a pas encore été dit.

English version

A few questions to Blackened Crust Punk band Knivad’s Manne (vocalist) and Jonas (guitarist) about the release of their new album, Lilla vackra människa.

Hello and first of all thanks a lot for taking the time to answer this interview! First question, how would you describe Knivad’s music without using the words “Metal”, “Crust” or any other subgenre?
Manne (vocals): Hi! We (Manne the vocalist and Jonas the guitarist) will take turns answering the questions.
Jonas (guitar): Distorted little tales of everything that eats a humans inner self in our outstanding society.

Do you remember why you picked the name Knivad at the beginning of the band, and how do you still link it to the music you play now?
Manne: I think I came up with it. We had some alternatives, can’t remember them now, but Knivad (Slang for stabbed) was the best choice. It sounds appropriately cheeky and is not obviously typical of any genre, a bit like we think the music is. Quite strange that no other band already had that name… 

Knivad is about to release its second full-length, Lilla vackra människa, how do you feel about it? How would you sum this album up in only three words?
Jonas: I’m thrilled. Glad it’s finally out after five years of personal setbacks and a challenging logistic situation. Because of all lyrics being, perhaps sadly, very personal to us it has also been a purifying process in many ways and it feels good to have at least one positive result coming out of it. So I’ll sum it up with the words Lilla vackra människa. And thereby also made it easy for myself.

Knivad has multiple roots, from Hardcore Punk, Crust, D-Beat and even Black Metal, which bands could you quote as your influences? Did those influences evolve with time?
Jonas: I’m considered old now, at least by my own standards, and have become exactly the conservative metalhead I once despised. So whatever you throw at me I’ll  say ”They don’t do it like in the 90s no more” before giving it a fair chance. An idea to a composition, riff or whatever can come out of almost anything if your head is empty enough so I guess influences evolve, I just don’t know where they come from really. Could be Nifelheim as well as Adele or a lawnmower.

Lilla vackra människa happens five years after the previous album, are there any changes you noticed in the composition process? Why did it take so long for you to come back to creating music?
Manne: A big difference is that none of the members live in the same place anymore, which has clearly contributed. We also have had some pretty bad years behind us as individuals, which has meant we’ve had to focus on other things. Then we don’t like today’s hype about everything going so fast and people chasing after new things all the time without wholeheartedly embracing what already exists. But we actually had a handful of songs for a split 12″ that was supposed to come out around 2023, but it turned out that we and the other band had completely different expectations of the final product. And we’re not a band that compromises with our vision of what Knivad should be and stand for. Nothing came of that release. In hindsight, it was good.

What is your favorite song from Lilla vackra människa? Or the hardest one to achieve?
Manne: Probably Det de vet or Ett liv

I don’t speak swedish, so I had some help from Google Translate, Lilla vackra människa means “Beautiful little one”, right? How did this name come for the album?
Manne: Not really, ”little beautiful human” is more correct. The title stands in contrast to the sound of the music, I guess. The sentence is beautiful and, at the same time, slightly ambiguous. It’s also an attempt to portray man as a weak and unhappy creature – which, of course, is not the whole truth; humans are multifaceted. But we’re focusing on the dark side.

I don’t think we have such kind of information, so how do you guys meet back in time, and decide to create music together? Were there evolutions inside of Knivad’s lineup?
Jonas: Me, Fredrik and Manne grew up in a small community in the north of Sweden. Music became important to us quite early and after years in various constellations we started Knivad together with our friend Agge. Everyone but Fredrik lived in Gothenburg at the time, but now we are spread all over Sweden, from north to south, with about 100 Swedish miles from drumsticks to the guitar. We don’t rehearse that often.

Do you think you personally evolved as a musician with this new record?
Jonas: Musically, most likely not. But thinking about the challenges we went through personally and which is reflected in the lyrics we can at least say that we evolved as humans in the process of making the record.

Knivad is still signed to Suicide Records, how is this partnership going? What about collaboration with Elevator Records for promotion?
Manne: We couldn’t be happier! Even though Suicide Records is a small label, Roger (the label boss) puts an incredible amount of time and energy into it. We also enjoy complete artistic freedom, something that would likely diminish with a larger label, and which we, given our strong sense of integrity, probably wouldn’t be able to handle. We don’t have that much direct interaction with Elevator ourselves, but they’ve made it possible for us to reach a wider audience in contexts like this, which is great.

I’ve personally never seen you on stage, what can we expect from a Knivad concert? How do you feel on stage during the show? Maybe you have some pre or post-show habits?
Jonas: You shouldn’t expect much at all. We don’t do concerts for various reasons.

What comes next for the Knivad camp after the album release? Do you already have some plans for the future?
Jonas: Absolutely no plans, and that’s the beauty of it. Since we don’t play live there is no next level of this. It’s just the songs meaning much to us, and hopefully a few others. That’s it. Will we continue making music? Yes, probably. The guitar is my go to and my worst enemy, so there’s quite a few songs ready for transformation by the other members already.

Have you ever heard of the French Metal scene? Are there any bands you know and like?
Manne: Bands like Massacra, (early) Mercyless, Deathspell Omega and Mütiilation are all good stuff. I’m also into 90’s Hardcore and have a sweetspot for the band Kickback

Are there any bands you would love to play with? I let you create your dream poster with Knivad headlining and three other bands, even unrealistic answers are accepted.
Jonas: If we did, here’s a poster worth the attention: Knivad, Dissection (Storm of the lights bane-era), Acursed (Swedish Crust) and Morbid Saint.
Manne: I’d loved to have Ludovico Einaudi (Italian composer and pianist) as an opening act! Otherwise I agree with Jonas.

Last and funny question: which dish would you compare Knivad’s music with?
Manne: Probably something served at a soup kitchen. 

That was the last question for me, so thank you very much for your time and your music, last words are yours!
Manne and Jonas: Thanks for having us. ??The last word has not yet been said.

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