
Découvrons ensemble Sea Sleeper.
Après une première vie de dix ans sous le nom Southgate, puis deux autres en tant que Crackling Dawn, le groupe adopte son identité actuelle en 2019, puis travaille sur son nouvel album, qui sort en 2021. En 2026, Jesse Cooley (chant/guitare), Shane Cooley (batterie/chant), Nick Kessler (basse/chant) et Tony Spradlin (guitare/chant) dévoilent leur nouvel album, Burden of Antler, en coopération avec Deep Signal Records.
Une voix samplée inquiétante ouvre Machines of the Bombing Runs, un premier titre qui propose un son abrasif et malsain à souhaits d’une lourdeur apocalyptique, complété par les hurlements terrifiants du vocaliste, créant un véritable vortex d’oppression hybride entre Post-Metal et Deathcore. Même le break en voix claire est dérangeant, et bien que le groupe nous offre un moment pour souffler avant que Manifestor ne prenne le relai avec des harmoniques criardes qui répondent aux vociférations infernales, se lançant parfois dans des solos déstructurés et dissonants qui viendront chatouiller nos tympans. Le titre profite de sa longueur pour relancer régulièrement la machine, et même si on notera une tentative de se montrer rassurant, les sons grinçants surgissent de cette quiétude pour nous mener à Lunar Degenerates et ses propres riffs massifs desquels s’échappent de nouveaux leads explosifs. Le chant clair apporte un ton planant sur laquelle l’instrumentale à tendance à s’aligner dans un premier temps, mais la saturation revient frapper à bonne allure avant de rejoindre Abysmal Trench qui s’inscrit dans une approche plus technique et maîtrisée, tout en n’hésitant pas à abuser de la vitesse ou au contraire des palm-mutes pour proposer un contraste savoureux. Les passages plus calme sont cette fois assez angoissants, rejoignant l’éponyme Burden of Antlers qui reprend immédiatement du poil de la bête et nous matraque régulièrement grâce à une rythmique syncopée quasi-imprévisible aux touches parfois Prog, rendant la composition encore plus étrange, puis c’est avec They’ll Miss You que le groupe propose une noirceur relativement accrocheuse, bien que toujours aussi chaotique et ancrée dans la férocité pure. Au vu du nom du morceau, on aurait pu penser à une touche de mélancolie, mais il n’en est rien, et chaque instant est dédié à notre destruction auditive, laissant toutefois le son ralentir avant de passer à Coma et sa très courte introduction qui s’embrase après seulement quelques secondes de calme. Personne ne sera surpris si je vous dit que le groupe ne semble pas décidé à s’arrêter de ravager nos conduits auditifs à bonne allure, et bien qu’on note un passage plus lent, il n’est pas moins intense, tout comme la martiale et régulière Husk qui propose enfin des touches planantes couplées à cette distorsion désormais habituelle à nos oreilles avec laquelle les musiciens jouent sur différents patterns jusqu’au dernier instant.
Dire que Burden of Antlers est un album abrasif est une chose, l’écouter d’une seule traite en est une autre ! Sea Sleeper n’est pas le premier groupe à jouer avec une distorsion aussi chaotique, mais le combo de l’Oregon est clairement un de ceux qui le fait de manière aussi violente.
80/100