
Le son de Consvmer vient des profondeurs.
Formé en Allemagne en 2019, le groupe connaît rapidement une forte popularité dès ses premières sorties, la même année, signant même chez Out Of Line Music après moins d’un an. En 2026, Jacques Gronert (chant), Dennis Fischer (batterie), Fabian Schuhmacher (basse) et Daniel Fischer (guitare) révèlent Abgrund, leur cinquième production, toujours chez le même label.
Abgrund démarre avec un larsen contrôlé suivi d’un premier riff assez simple, mais on sent que le chaos monte progressivement avec l’arrivée des parties vocales, jusqu’à exploser comme on s’y attendait, proposant un groove accrocheur mais très épais au mix moderne parfois même très abrasif sur le final. Le titre cède vite sa place à Einsam qui prend le relai avec des tonalités similaires couplées à des racines Hardcore brutes, mais les hurlements orientent plutôt le morceau vers le Deathcore avant un final inquiétant suivi par l’assassine Gift qui nous explose régulièrement au visage et accentue encore plus l’allure saccadée propice à l’apocalypse dans le pit. On notera également un final un peu étrange qui nous sert à respirer avant que Gier ne charge à bonne allure, assénant frappe après frappe, mais nous surprenant sur un refrain bien plus planant pour mieux revenir plusieurs aux patterns confus, puis à l’instable mais ultra-violente Konstrukt, composition qui n’hésite pas à enchaîner les moshparts. Un sample surprise nous fait croire à un instant de calme, mais il n’en est rien, et la véritable pause s’appelle Schmerz, interlude de moins d’une minute où une voix samplée s’installe dans cet imbroglio de notes avant Wunden qui revient aux tons Metalcore un peu plus traditionnels, mais aussi un passage épuré où même le chant s’efface avant un retour assez majestueux. Le son redevient abrasif avec Krieg, titre énergique et entraînant qui va lui aussi aligner des riffs saccadés et punitifs avant que le groupe ne passe à Willenlos, morceau où l’on retrouve une apparition de leurs compatriotes Dogbite, qui oeuvrent dans un style similaire et qui renforcera l’agressivité déjà en place. C’est cette fois en compagnie d’Acranius que les musiciens rempilent sur Sucht, et là encore la violence est exacerbée, atteignant un niveau presque indécent lorsque les riffs entrent en éruption sous les rugissements inhumains, puis Gottverlassen va venir mettre un point final avec une première moitié qui se rapprocherait d’un chant traditionnel, mais qui ne manquera pas de détoner une dernière fois.
La réputation de Consvmer s’est construite avec des riffs secs et une production moderne qu’ils exploitent également sur Abgrund, en faisant le parfait successeur de leur carrière. De ce que j’entends, les lives sont également excellents, je serais presque tenté de m’en faire mon propre avis…
80/100