Review 3434 : Gåte – Sigil

Gåte entre dans une nouvelle phase de son existence.

Peu après avoir représenté son pays, la Norvège, au Concours Eurovision de la chanson 2024, le groupe mené par Gunnhild Sundli (chant), Magnus Robot Børmark (guitare/claviers), Jon Even Schärer (batterie/chant) et Mats Paulsen (basse/chant) signe chez Season of Mist, label avec lequel il sort son septième album, Sigil.

Le groupe est accompagné par John Stenersen au moraharpa, claviers et chant en live.

Un son cristallin mais mystérieux ouvre l’album, faisant de Bergteken mon premier contact avec le groupe, et si la voix enchanteresse de Gunnhild prend rapidement le relai, ce sont bien les percussions, suivies par des riffs assez aériens qui m’intriguent. Ils sont complétés par quelques claviers et instruments folkloriques, faisant du morceau un hybride entre Folk et Post-Rock, mélange qui va s’intensifier sur Oskorsreia, le titre suivant parcouru de sursauts de saturation qui lui donnent un rythme bien plus énergique, en plus d’être assez saccadés. Il surprendra par son final très accrocheur autant que Sannsiger le fait par sa douceur, créant un véritable contraste entre les deux avant qu’il ne devienne un peu plus pesant, notamment lorsque les voix s’entremêlent avant de passer à Nokon où les racines Folk nous plongent immédiatement dans leur univers mystique. Fermer les yeux nous aide à nous imaginer au beau milieu d’un rituel païen, mais il sera finalement assez vite interrompu pour laisser Bòd frå djupet faire renaître la douceur tout en progressant lentement, les quelques touches de saturation restant dans cette approche brumeuse. Strandvaskar prend alors le relai, feignant de rejoindre son point culminant pour mieux relancer la machine, puis nous laissant respirer quelques instants avant que Songen ne vienne nous charmer avec sa simplicité, se laissant porter par la voix alors que l’instrumentale reste assez épurée. Nouvelle introduction assez calme mais progressive pour Aude, titre suivant qui reste mené par la vocaliste alors que les riffs n’arrivent vraiment que sur la deuxième moitié, proposant des tons lourds et lancinants pour mieux emporter notre esprit jusqu’à Mi Jord et ses tons angoissants. Le morceau va finalement se montrer un peu plus agressif, laissant des éléments électroniques rejoindre la rythmique, affichant de nouveau un décalage avec la dernière composition, Jostedalsrypa, qui reste très douce et propose un duo entre claviers et voix des plus apaisants pour clore l’album.

Bien que Gåte soit assez éloigné de mes préférences habituelles, le groupe insuffle à Sigil une énergie assez pure et organique, faisant de certains titres de véritables hymnes à la douceur, alors que d’autres offrent plus de vivacité. Une belle découverte.

75/100

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