Review 3435 : Einvigi – Latent

Nouvelle complainte pour Einvigi.

Mené par Petteri Granberg (guitare/chant), Joonas Koppanen (basse/chant), Krister Virtanen (guitare, ex-Concrete Icon, ex-Unsphered) et Mikael Ruoho (batterie, Wrathrone), le groupe désormais indépendant annonce la sortie de son quatrième album, Latent, pour 2026.

Resistance nous enveloppe immédiatement dans ses harmoniques lancinantes et aériennes, mais comme je m’en doutais, la quiétude se transforme en noirceur virulente en une accélération, complétée par des hurlements viscéraux. On se retrouve alors pris dans le tourbillon changeant, proposant murmures puis de nouveaux des vociférations, laissant les vagues nous frapper tour à tour en nous menant vers Hourglass Paradox qui dévoile des tonalités bien plus mystérieuses, mais qui s’enflamment également plus rapidement. Le son est toujours entêtant, suivant les phases de fureur, mais il est tout de même un peu plus brut, s’autorisant un final planant où deux voix dansent ensemble avant de se taire pour atteindre Deafening Silence qui prend le temps de développer son atmosphère avant d’y ajouter sa saturation. Là encore, le groupe alterne entre douceur et agressivité avec un naturel stupéfiant, tentant même de mêler les deux pour que la transition soit fluide, nous préparant pour les embrasements spectaculaires avant de repartir dans la mélancolie pour Stigma, composition qui se pare rapidement de tonalités épiques. L’alternance des voix est parfaite pour mener la marche et ses influences presque martiales qui sévissent de temps à autre entre deux racines Folk lors des breaks apaisants, puis c’est dans la dissonance que Waltz of Destruction se dévoile, affichant un son ténébreux et angoissant. Le premier cri est déchirant, confirmant les racines DSBM du titre qui file à son rythme dans la noirceur avec virulence, plaçant même quelques patterns haletants, mais Leviathan nous fera profiter d’un petit moment de répit avant de nous imposer à son tour ses riffs pesants, mais saura aussi nous ménager lors de passages plus brumeux avant d’invoquer une double voix enivrante avant son final. Valeriana lui emboîte le pas en explosant immédiatement, mais finit par proposer une dimension plus éthérée avec le chant clair, mais également avec les leads lumineux qui apparaissent de temps à autre, contrastant avec le calme apparent du break, temporisant la reprise de la violence. L’intensité de son retour nous emporte sans mal vers Latent, dernier morceau qui va proposer une approche assez progressive, prenant le temps de tisser chaque son avant de le remplacer par un plus sombre, ou au contraire plus épuré avant une véritable cassure marquée par un râle en arrière-plan, laissant finalement toute sombreur déferler, perdant peu à peu vie avant un ultime sursaut.

Bien qu’ayant raté la précédente œuvre d’Einvigi, je perçois largement l’évolution depuis les débuts du groupe. Latent est un trésor de noirceur viscérale exprimée par un quatuor en pleine ébullition créative, et c’est un véritable bonheur que de les laisser nous emporter avec eux.

90/100

English version?

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.