La violence continue chez Yarotz.
La formation landaise avait déjà secoué la scène française en 2022, mais Fabien Zwernemann (chant/guitare), Vincent Perdicao (basse/chant) et Enzo Laidi (batterie) remettent quatre ans plus tard le couvert avec Resurgence, leur deuxième album.

Un son inquiétant vient nous avertir avant que The Rising Starts ne frappe de tout son poids, imposant dissonance et noirceur alors que les hurlements viscéraux ne sont même pas encore arrivés, renforçant considérablement la violence de la machine. Le morceau est tout de même assez court, servant d’introduction au véritable chaos qui se dévoile sans attendre sur Strengths and Fears, titre bien plus agressif qui profite de ses racines Hardcore pour placer des patterns accrocheurs et efficace malgré sa longueur qui pourrait faire peur, et le rythme entêtant nous prend même parfois de court avec un passage bien plus lent. Reprise immédiate des hostilités sur Hysteric Souls et son énergie communicative qui va elle aussi nous laisser nous empêtrer dans des paysages désolés où la mélancolie est très largement abrasive, tout comme Four Dead Ends qui repart de plus belle pour nous piétiner l’esprit avant d’inclure des éléments légèrement plus rassurants, presque même salvateurs pour les néophytes. On notera un break bruitiste avant de filer vers The Breach qui nous explose immédiatement aux oreilles et sévit au fur et à mesure de ses vagues de violence imprévisibles avant un moment bien plus sage, puis la dernière éruption nous laissera avec A Purifying Bath qui nous offre un court instant pour respirer avant de mieux s’enflammer à son tour. Là non plus, pas de surprise du côté du trio qui ajoute à ses patterns agressifs des touches perçantes et dissonantes qui nous lacèrent les tympans avant le répit grâcieusement offert par Walked in the Sludge, bien plus calme mais tout de même un peu pesant. L’atmosphère se tend, puis Giving up the Ghosts vient nous imposer sa rage brute, mais également ses harmoniques parfois un peu plus légères qui viennent contraster le tout, ainsi qu’un break central habité par une voix samplée avant que le son ne devienne plus imposant. Le final est anarchique à souhaits, mais c’est finalement avec Abyssal que le groupe va rendre les armes, d’abord dans un petit cocon de douceur minimaliste, puis avec des riffs lancinants qui, bien que devenant plus dynamiques, restent dans cette approche enivrante jusqu’au final, avec quelques petites surprises.
Leur premier album sonnait comme un cri du cœur, Resurgence en est une évolution. A la fois plus brut et plus travaillé, il permet à Yarotz de nous montrer son évolution et son épanouissement, et bien que les influences sont toujours chaotiques, il sait comment frapper juste.
90/100