Review 3443 : Aborym – Metachaos

La machine Aborym est à nouveau en marche.

Toujours mené par Fabban (basse/chant, Summoning Saturn Voids, ex-Malfeitor…), le projet complété par Atum (batterie, Divine Codex, ex-Impiety, ex-Malfeitor…) et Munholy (guitare, ex-Malfeitor) signe chez Avantgarde Music pour la sortie de son neuvième album, Metachaos.

Red Latex Baphomet pose immédiatement le ton avec un son agressif et oppressant à souhaits, actant le retour du groupe dans une violence glaciale et mécanique comme il l’a toujours fait, complétant les riffs saccadés avec des grognements malsains. Il n’y aura qu’un court temps mort sur ce titre, permettant de reprendre notre souffle avant que les leads n’apparaissent pour mieux rejoindre le titre éponyme Metachaos où le groupe va coupler des touches entêtantes avec une approche enivrante et même parfois surprenante de dissonance. La composition restera assez sage comparée à Enshrined in Putrefaction qui démarre en trombe et surfe sur sa folie ravageuse assez contagieuse qui nous fera sans mal remuer le crâne alors que le blast sévit, ne cessant que pour passer à l’infernale mais cependant assez majestueuse The Afterlife qui va elle aussi imposer son atmosphère pesante. Tout dans ce morceau semble menaçant, même les mélodies qui se tissent naturellement entre les nappes de claviers qui planent en arrière-plan, profitant de la longueur du morceau pour capturer notre esprit, laissant une voix terrifiante nous emporter vers Creatures of the Night. Un sifflement nous surprend, puis la rythmique repart à bonne allure, frappant tout son saoul alors que la noirceur nous envahit peu à peu, proposant même quelques éléments Old School avant de passer à Satiate with My Sperm qui, au delà de son nom grivois, va nous recouvrir d’un voile ténébreux couplé à des riffs très directs, mais qui sait aussi invoquer des harmoniques angoissantes. Même constat avec The Crescendo of Demise qui propose un ton très étouffant dès ses premières notes, mais qui va les nuancer avec un chant clair presque rassurant, créant un contraste intéressant que les musiciens semblent parfaitement maîtriser et qu’ils n’hésitent pas à transformer en véritable torrent de noirceur ou au contraire en quelque chose de presque doux. On enchaîne avec Altar of the Lacerated qui propose un début assez original mais là aussi très axé Industrial pour mieux faire éclore sa force de frappe par la suite, taillant la composition au fil de ses riffs, mais c’est avec Voci Notturne que le trio posera le point final, laissant libre cours aux influences les plus théâtrales pour créer un paysage désolé sans même avoir besoin des instruments traditionnels.

Pas de doute, Aborym est à présent lancé pour réaliser quelque chose de grand, tout en s’accrochant à ses influences ténébreuses. Metachaos sait tout autant profiter de l’agressivité ambiante que de tonalités plus pesantes, en faisant un vrai bonheur à écouter.

85/100

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