Review 3449 : Servant – Lux Ex Inferis

L’éclat de Servant brille à nouveau.

Actif depuis 2021, le groupe emmené par Farago (guitare/chant, Übergang), Samael (guitare), Thanatos (basse) et Apophis (batterie) – tous également membres d’Under the Night Sky – signe déjà son quatrième album, Lux Ex Inferis, avec le soutien renouvelé d’AOP Records.

L’album s’ouvre avec la mystérieuse In Noctem, composition introductive assez courte mais qui a un don tout particulier pour mettre en place une atmosphère mystique entre choeurs, guitares et percussions, n’hésitant pas à laisser la saturation apporter une touche planante tout comme sur Tabula Rasa où elle est immédiatement plus présente, mais aussi et surtout plus énergique. Les parties vocales apportent une touche de viscéralité parfois un peu chaotique qui colle parfaitement au morceau tout en permettant aux harmoniques de planer jusqu’à Glorification, nouvelle composition qui elle aussi développe son approche agressive et fait la part belle à des hurlements intenses des fois teintés d’un écho pesant. Les claviers vont parfois adoucir le mélange en compagnie des leads, mais même le break ne pourra pas empêcher le retour des sons virulents avant que Thanatos, Embrace of the Night ne nous envoûte avec ses riffs brumeux doublés d’une batterie ravageuse. Sur ce morceau aussi, une longue pause est prévue afin de nous laisser sortir la tête des ténèbres pour mieux y replonger dans une dernière accélération qui nous projette jusqu’à De Profundis où la fureur ne se fait pas attendre, laissant le groupe signer l’un de ses titres les plus directs. Bien que très mélodieux, les refrains n’échappent pas à cette rage entêtante, alors que c’est avec des racines Old School assez brutes que Lux Fulget prend la suite et nous emporte à son tour dans son torrent de noirceur impie jusqu’au break salvateur, suivi bien évidemment de l’éternel retour de flammes. Of Stones, Sleep and Death nous accordera quelques instants avant de s’embraser pour de bon, mais là encore les claviers sont omniprésents pour garantir des tonalités éthérées sur certaines parties, créant ce contraste enivrant avant que The Accuser ne vienne le corrompre avec une approche accrocheuse plus accessible. On sent tout de même la pointe mystique qui oeuvre en arrière-plan pour rivaliser avec l’agressivité, mais l’album va déjà prendre fin avec Hypnos I See You qui ne perd pas un instant pour nous charmer avec ses leads avant de charger et là encore nous emporter dans ses vagues sombres pour clore l’album tout en nous proposant une incroyable atmosphère.

Pas de doute, l’évolution de Servant lui est plus que bénéfique, permettant au groupe de signer sur Lux Ex Inferis une de ses plus belles performances à ce jour. Les musiciens sont souvent en mouvement, et j’espère que leurs nouvelles compositions leur permettront d’atteindre encore plus de scènes.

90/100

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