
Deûle se ressource.
Pour ce deuxième album, nommé L’appel du vide, Elya (chant/claviers), Vincent (guitare) et Pierre (batterie) ont placé leur confiance en Frozen Records et Medication Time Records.
On débute dans la douceur avec Ophélia, premier titre assez long qui va d’abord se montrer minimaliste, puis qui intègre du chant au mélange, le rendant plus vivant, plus lourd, plus dissonant, et finalement plus agressif lorsque hurlements et saturation débutent, proposant un son véritablement viscéral. Le son fluctue, tel une rivière et ses contraintes naturelles avant de passer à la plus brute L’appel du vide, composition éponyme qui propose un groove sombre et presque malsain mais très accrocheur qui sévit sous les touches bruitistes et dissonantes jusqu’à s’embraser, provoquant des sursauts inattendus. L’éruption tant attendue arrivera et nous piétinera avant de passer à la certes virulente mais étrangement plus digeste Vendeurs de mort et à son chant brumeux, proposant une touche inquiétante que je ne connaissais pas encore à la formation, mais qui me plaît beaucoup, et qui propose des passages progressifs intéressants. Le final est évidemment plus diffus, permettant une transition facile avec Danse de chiens gris qui repart lui aussi lentement, proposant des tons brumeux et planants, rendant le mélange hypnotique et le faisant passer en un rien de temps. On notera une vague plus explosive, mais le mot passera à Du sucre dans le béton qui sonne très Post-Rock, presque comme un début de film d’horreur, et qui va soudainement devenir plus étrange, plus imprévisible, presque même Screamo lorsque la vocaliste se déchaîne. On notera une vibe plus abrasive avec Virée nocturne, une chose plus brute, plus agressive et encore une fois viscérale, mais aussi travaillée lorsqu’on entend les leads hypnotiques mais aussi un ton axé Sludge gras et pesant avant ce final un peu chaotique.
Le son de Deûle est aussi travaillé que viscéral, proposant des touches Post-Rock ou plus violentes lorsqu’il le faut alors que la douceur vient d’elle-même. L’appel du vide se vit comme une expérience live, et j’espère pouvoir faire le parallèle très vite.
80/100