Review 3484 : Krallice – Scour Order

Prenons un moment pour nous pencher sur Krallice.

Créé en 2007 et mené par Mick Barr (guitare/chant, Encenathrakh), Colin Marston (guitare/claviers, Behold the Arctopus, Dysrhythmia, Encenathrakh, Gorguts…), Lev Weinstein (batterie, Scarcity, Geryon, ex-Woe…) et Nicholas McMaster (chant/basse, Edenic Past, Geryon…), le projet sort déjà son quinzième album, Scour Order, avec l’aide de Profound Lore Records.

Krallice a toujours été un groupe dont j’entendais parler avec beaucoup de respect, mais aussi de crainte quant à son accessibilité, et la pochette réalisée par le guitariste Mick Barr ne m’a pas aidé à faire confiance aux américains tant elle est nébuleuse, mais surtout relativement unique, surtout par rapport aux précédentes. Dès Agonal Shining, le premier titre, je me rends compte dans quoi je m’embarque : un univers dissonant à souhaits, complexe et travaillé comme peu de groupes pourraient le prétendre. Les mélodies sont pourtant toutes très cohérentes, offrant quelques sursauts d’énergie étranges et presque même joyeux, tranchant avec la noirceur du Black Metal que l’on m’avait vendu, mais que je retrouve dans les passages les plus virulents avec cette touche Avant-Gardiste que l’on découvre aussi sur Grievous Corrector. Les parties vocales sont bien plus oppressantes que sur le titre précédent, mais elles restent en adéquation avec cette approche parfois brute que l’on pourrait ressentir pour presque contrebalancer les moments mystérieux avant de devoir encaisser Kill the Guardian qui démarre à bonne allure et qui ne ralentira pas de si tôt, nous exposant à un imbroglio de riffs. Côté chant, on retrouve une touche viscérale intéressante mais assez changeante de temps à autre, rendant le son plus humain alors que les harmoniques s’entremêlent avant un semblant de relâche, puis une nouvelle vague qui nous pousse vers Unceasing Path qui développe une approche plus ambiante pendant un petit moment, avant de finalement lâcher les rênes et repartir à bonne allure. Le son reste toutefois assez brumeux, même dans les passages agressifs, alors qu’il devient presque théâtral sur Living Useless Ritual, laissant claviers et orchestrations faire un travail d’orfèvre pour réhausser certains moments tout en conservant les racines virulentes du Black Metal. On retrouve cette même approche sur Indecipherable Divinities, faisant cohabiter l’approche abrupte avec la dissonance et un mix qui met largement en avant ces deux côtés tout en les rendant presque indissociables, mais Her Green Arms va nous offrir un court moment de répit pour mieux nous laisser encaisser les prochaines vagues de noirceur que le morceau propose, mais aussi les breaks plus originaux et inattendus, qu’ils soient doux ou au contraire bien plus virulents. L’album se termine avec le morceau éponyme, Scour Order, qui va d’abord me rappeler la scène Norvégienne des années 80/90, mais qui va bien entendu changer tout au long de ses treize minutes, et nous proposer toujours plus de sursauts, d’escalades véloces et d’éléments saccadés encore plus dissonants ou mêm… surprenants.

Je ne sais toujours pas comment décrire mon expérience en compagnie de Krallice. Les musiciens savent ce qu’ils font, il n’y a absolument aucun doute là dessus, mais Scour Order est à la fois si brut et si travaillé que plusieurs écoutes seront nécessaires pour en prendre pleinement la mesure.

85/100

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