Review 3495 : Moorah – The Beast Called Ego

Moorah sort à nouveau de l’ombre.

Désormais mené par Count Hroozah (chant/guitare), Severan (basse), Silenthell (timbales, Master’s Hammer) et FX Grond (batterie, Aschenvater), le groupe signe chez Art Gates Records pour la sortie de son deuxième album, The Beast Called Ego.

Ashok (Somnum Foris, ex-Root, ex-Cradle of Filth) a également participé aux guitares.

Left Hand of Darkness démarre assez lentement mais avec un son mystique qui emplit peu à peu l’atmosphère, la rendant pesante avant qu’elle ne délivre ses premières mélodies dissonantes et enivrantes pour mieux les laisser s’embraser par la suite, accueillant même quelques parties vocales d’abord brumeuses, puis bien plus furieuses. La rythmique aussi n’hésite pas non plus à suivre la tendance, et bien que quelques parties plus perçantes apparaissent, elle reste très épaisse, mais passera somme toute assez rapidement à Breitspurbahn Egotrip qui va elle aussi s’autoriser une introduction, mais qui passe vite à des riffs malsains et oppressants. Les influences Old School transparaissent naturellement sur ce titre aux harmoniques furieuses qui rivalisent avec les grognements, mais qui va soudainement changer du tout au tout en cours de route, puis reprendre sa charge vers Eternal Ahasver, non sans un autre changement aux racines plus plaintives. Le troisième morceau sera d’emblée bien plus mélodieux, mais il ne tardera pas à se lancer à corps perdu dans une noirceur certes entêtantes tout en offrant une expérience aérienne saisissante pendant que la base abrasive sévit par vagues, laissant quelques touches de douceur créer un contraste enivrant de temps à autre. Retour d’un son plus imposant avec Baptism of Scum, morceau qui va se montrer assez lancinant, plaçant même quelques touches de chant clair pour rendre notre progression presque ritualistique et rendant l’accélération encore plus glaçante, surtout lorsque les percussions se joignent à la rythmique. On enchaîne avec Vasa Ship, titre à la limite du Doom sur ses premiers instants mais qui reste très sombre et qui n’hésitera pas à renouer avec des touches plus brutes ou des éléments criards, rendant encore une fois le tout assez onirique avant d’accélérer un bon coup sur Demon za krkem, titre où des hurlements de terreur se font entendre dès les premiers instants, transformant la déferlante en un véritable océan de noirceur qui – malgré ses moments plus doux – restera empreint de cette puissance occulte libérée lors des passages les plus virulents avant un final majestueux qui signe la fin de l’album.

Moorah parvient avec The Beast Called Ego à créer un véritable cocon ténébreux où l’on retrouve bien entendu des parties mystiques, voire même ritualistiques, mais aussi une certaine violence occulte rare de nos jours.

80/100

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