
La violence m’avait manqué, et je sais qu’Archspire est le candidat idéal pour renouer avec elle.
A leurs côtés, Crown Magnetar, The Zenith Passage et Analepsy, trois formations tout aussi violentes qui nous sont offertes à La Machine du Moulin Rouge grâce à notre bien-aimé Garmonbozia Inc. ce soir !
On attaque à l’heure dite avec les portugais d’Analepsy qui vont placer la barre très haut alors que la salle est à peine remplie, proposant après un sample d’intro cataclysmique des riffs épais qui auront tôt fait de faire remuer un public déterminé à en découdre, rien qu’à en voir le circle pit qui se lance sans même que le vocaliste ne le demande. Le show est assez court, mais David Bento (chant) ne manquera pas de nous remercier et de demander toujours plus de violence comme avec ce “bang your fucking heads” avant que le quatuor ne nous lâche un Genetic Mutations dévastateur. Même si je regrette l’absence d’un bassiste pour compléter la paire de guitare (João Jacinto ayant lâché la quatre cordes pour rejoindre son camarade Marco Martins), le groupe a fait un excellent travail pour ouvrir la soirée ! Mention spéciale à Léo Luyckx (batterie) qui joue en permanence avec ses baguettes !
Setlist : The Nexus – Cryogenic Rebirth – Doomsday Protocol – Locus of Dawning – Stretched and Devoured – Recursive Singularity – Apocalyptic Premonition – Genetic Mutations – Quiescence
Changement d’atmosphère avec The Zenith Passage et sa technicité ultra-assumée de chaque instant, peu importe l’instrument, mais là où on serait tentés de croire que le groupe va rester statique et délivrer sa performance, il n’en est rien ! Alors que les guitaristes Justin McKinney et Christopher Beattie passent de longs moments à headbanguer et que Max Sepulveda (batterie) matraque consciencieusement ses fûts, Derek Rydquist (chant) ne cesse de haranguer son public, lâchant quelques “I want to see the circle pit doing forward” entre deux morceaux. Il sera bien évidemment effectué dans les règles de l’art, et c’est une troupe toute aussi déjantée que son assemblée qui nous donne une véritable leçon de technicité ce soir, mettant bien plus en avant le côté Death Metal que Prog pur, et qui me permet de savourer tout en observant le calme et la précision de Brandon Giffin (basse), qui n’est évidemment pas en reste sur la prestation.
Setlist : The Axiom of Error – Divinertia I – Divinertia II – Lexicontagion – Fleshbound Reliquary – Datalysium – Algorithmic Salvation
Retour à l’énergie pure avec le Deathcore de Crown Magnetar que j’attendais depuis un moment déjà, et qui va tout sauf décevoir tant ses riffs sont épais sous les rugissements d’un Dan Tucker (chant) en excellente forme. Seul rescapé du line-up d’origine, on notera également la hargne de Mike Sahm (basse) qui semble avoir tout autant envie de nous hurler dessus avant les breaks menés par Rob Maramonte (guitare) et Matt Kilner (batterie), mais c’est bel et bien le vocaliste qui relance les incessants mouvements de foule rien qu’avec un “You guys having fun out there?” suivi d’un wall of death plutôt bien organisé. Mention spéciale au spectateur qui avait perdu sa chaussure, évidemment rendue par le chanteur, mais à la moitié du set, c’est la totale débandade, et slammeurs ainsi qu’autres stage divers commencent à faire leur apparition, sonnant tout simplement l’ouverture du zoo jusqu’à la fin d’un set surpuissant qui a marqué les esprits.
Setlist : Gun Eater – Impaled Genesis – Domination – Shut Up and Bleed – The Hollowing of Godflesh – Decapitation Ritual – The Killing Stone – Sculptures of Suffering – Godkiller – Dead Crown – Black Lotus
On passe au clou du spectacle, ceux dont la précision et la maîtrise sont désormais légendaires au sein de la scène Death Metal : les fanfarons d’Archspire. Pourquoi “fanfarons”, me demanderez-vous ? Eh bien c’est tout simple, si leur technicité et leur violence sont évidemment connues, le groupe s’est également pris d’un amour tout particulier pour l’absurde, et le show qui avait si bien commencé avec le doublé Drone Corpse Aviator / Remote Tumour Seeker qui ont mis tout le monde d’accord, Oliver Rae Aleron (chant) n’est clairement pas le dernier à vouloir tenter des blagues sorties de son classeur “the best jokes ever” alors qu’il… s’assied sur un mécanisme présent à l’arrière de son pantalon…? On avait déjà le pressentiment avec la pancarte “APPLAUSE” qu’il agite régulièrement à chaque fois que Dean Lamb ou Tobi Morelli (guitares) lâchent un solo ou qu’il utilise un pistolet à bulles, mais le show se transforme en mauvais one-man show parasité façon YouTube par une (réelle ?) application nommée “Free Cash” dont ils semblent faire la promo… Mais revenons aux morceaux joués, qui sont tout bonnement incroyables, joués à la perfection, et… ah, un extrait de Nirvana ? Juste pour le mot “come”, d’accord. Même l’annonce de nouveaux morceaux sera parasitée par leur troll-technicien qui lui donne une nouvelle feuille pour parler de Free Cash… Je passerai sur le jeu de “shoey” qu’ils ont rapporté d’Australie et qui consistera à faire monter deux spectateurs munis de botte pour y boire directement une bière agrémentée de café soluble et de vin rouge (parce qu’on est en France, tout d’même !) mais je retrouve avec un plaisir non dissimulé la violence d’Involuntary Doppelgänger, titre selon moi indémodable depuis des années avant que le show ne s’achève sur… une reprise de Maiden ?! Ah non, c’était juste pour les paroles “One man came”, j’avais presque eu peur qu’ils soient redevenus sérieux. Des ballons donc, sur Carrion Ladder, pourquoi pas. En tout cas, le public a continué jusqu’à la fin ses stage dives et autres folies, ça a probablement dû être apprécié !
Setlist : Drone Corpse Aviator – Remote Tumour Seeker – Red Goliath – A.U.M. – Come as You Are (Nirvana cover, extrait) – Human Murmuration – Limb of Leviticus – Bleed the Future – Golden Mouth of Ruin – Liminal Cypher – Involuntary Doppelgänger – Run to the Hills (Iron Maiden cover, extrait) – Carrion Ladder
Je ne me souvenais pas avoir lu la mention “spectacle comique” pour ce qui était ce soir ma cinquième date d’Archspire, mais le groupe a tout de même assuré ses titres avec la même violence que dans mes souvenirs ! Félicitations aussi à Crown Magnetar, The Zenith Passage et Analepsy pour avoir tous livré un show de haute volée dans leur registre respectif, et merci à Garmonbozia Inc. pour avoir transformé La Machine Du Moulin Rouge en haut lieu de violence musicale !