Review 336 : Nocte Obducta – Irrlicht (Es schlägt dem Mond ein kaltes Herz)

Au nom de l’expérimentation musicale, Nocte Obducta nous offre un nouvel album.

Créé en 1993 sous le nom de Desîhra, le groupe change de nom en 1995, puis le line-up subit quelques changements au cours du temps, dont une séparation en 2006, une reformation sous le nom de Dinner auf Uranos puis un retour définitif en 2011. Marcel (guitare/basse/claviers/chant, Kamera Obskur) guide la formation, aidé par Torsten (chant, Agrypnie, Anomalie, ex-Heretoir, ex-Harakiri for the Sky…), Matze (batterie, Age of Aggression, ex-Agathodaimon), Draghkar (guitare/chant, Horresque) et Heidig (basse) pour Irrlicht (Es schlägt dem Mond ein kaltes Herz), leur douzième album.

C’est avec un son entre Black Metal et Punk que l’album débute grâce à Zurück im bizarren Theater, un morceau à la fois agressif et planant. Le contraste d’influences est violent mais également très séducteur, ce qui offre un paysage riche au groupe pour poser ces hurlements viscéraux. Von Stürzen in Mondmeere est la suivante, et on reste dans ces tonalités sombres et inquiétantes, alors que le vocaliste apporte la dimension morbide au morceau. Le son reste imposant et froid, tout en offrant quelques harmoniques entrainantes. Rot und Grau propose des sonorités inquiétantes et mystérieuses avant de laisser la rythmique s’exprimer grâce à un Black Metal brut. Les transitions sont nombreuses mais efficaces, et donnent du relief au titre, tout comme ce final entêtant.
La courte Der Greis und die Reiterin nous offre une approche plus Punk de la musique du groupe, tout en conservant ce son gras, alors que Der alte Traum propose un aspect aérien et pourtant très Old School de cet univers sombre. Comme le morceau est long, le groupe peut aisément placer des changements d’ambiance maîtrisés, et c’est à nouveau cette diversité qui les rend uniques. On continue avec Bei den Ruinen, un titre plus doux qui nous fait voyager au coeur des ténèbres en compagnie des allemands. C’est avec Noch, le titre le plus long, mais également celui qui nous happe le plus vite, que l’album s’achève. Noir, impénétrable et captivant, le titre nous malmène pendant dix minutes, nous offrant des riffs tranchants, des transitions ésotériques et des passages planants avant de nous laisser.

La musique de Nocte Obducta est complexe à appréhender, mais ceux qui feront l’effort en seront récompensés. Irrlicht (Es schlägt dem Mond ein kaltes Herz) est un album d’une richesse et d’une noirceur incroyable, permettant à l’auditeur de s’évader dans les ténèbres.

80/100

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