Live Report : Morne + Verdun + Point Mort + Fange – Paris

C’est par un dimanche pluvieux que je traverse littéralement tout Paris afin de rejoindre l’Espace B, pour assister à une soirée grasse d’exception : Morne, accompagnés de Verdun, Point Mort (qui fêtent la sortie de leur nouvel EP) et Fange.

Après deux interviews (qui seront rapidement disponibles), la salle s’ouvre, accusant un petit retard, et nous pénétrons dans l’arrière salle du bar.

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Des lumières rougeâtres sont déjà à l’oeuvre pour Fange, collant à la perfection avec leur style saturé et brut de décoffrage. Titubant à moitié tellement il est emporté par ses hurlements, Matthias Jungbluth (chant) laisse également place aux riffs sales et dissonants d’Antoine Perron (basse) et Benjamin Moreau (guitare), qui l’aident au chant. Headbanguant comme un beau diable totalement possédé, il n’hésite pas à se cambrer ou à frôler le sol en éructant des paroles malheureusement incompréhensibles, et parfois couvertes par les blasts intransigeants d’Alexandre Jadi (batterie). Et les morceaux s’enchaînent, rythmés par les grimaces du chanteur, un micro jeté en l’air et des passages beaucoup plus déchaînés que le reste, qui font bouger la foule dans ce petit espace, alors que la salle peine encore à se remplir. Pourtant, Fange est un groupe qui peut dégénérer à tout moment, comme en témoignent les frappes dans l’air ou dans le plafond des membres lors des passages plus calmes. Et leur sortie de scène est évidemment acclamée comme il se doit.

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On change d’ambiance avec le visuel éthéré de Point Mort, qui commence son set dans un nuage de fumée et d’encens. Les lumières ont été totalement changées et nous laissent à peine entrevoir les silhouettes des membres dans ce nuage accompagné d’une saturation extrême et de riffs empruntant autant au Black Metal qu’au Post-Hardcore et à d’autres styles, notamment par les riffs saccadés des guitaristes, surmontés d’une basse hurlante. Telle une banshee sortie des ténèbres, Sam (chant) peut tantôt nous bercer de sa douce voix claire, tantôt nous terroriser avec ses hurlements, sous une batterie qui s’accorde à la perfection avec le moment. “Merci…” murmure t elle doucement alors que le groupe s’accorde quelques instants de pause avant de reprendre de plus belle. Pour être honnête, je n’ai pas vu le set passer, tant la musique des parisiens nous fait entrer dans un état de transe, avec des ambiances aussi diverses que variées, le tout sans aucune fausse note.

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A nouveau l’univers change avec la lourdeur pachydermique de Verdun, qui reprend les lumières rouges du premier groupe. Cependant, David Sadok (chant) passera tout son temps sur la minuscule avancée de scène, lui occasionnant quelques surprises, qui se finiront heureusement bien. De chaque côté, Jérôme Pinelli (guitare) et Florian Celdran (basse) se démènent sur leurs instruments afin de nous offrir une rythmique aussi lourde que massive, et les riffs, bien que très lents, sont surmontés des frappes assourdissantes de Géraud Jonquet (batterie). Et que ce soit le chant clair effrayant ou les hurlements monstrueux, le groupe étale lentement sa rythmique, qui fait headbanguer la fosse. Quelques larsens marquent les pauses entre les morceaux, précédant la gestuelle théâtrale du frontman qui s’accroche au plafond pour hurler ses paroles. Le concert avance, et lorsque les musiciens raccrochent leurs instruments, nous sommes tous surpris, puisque nous n’avons pas vu le temps passer.

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Dernier concert de la soirée, que l’assemblée désertera malheureusement dû à l’heure tardive, ce sont les américains de Morne qui débuteront un set lourd et martial par une intervention de Morgan Coe (basse). “On voudrait remercier toute l’équipe de l’Espace B, on s’appelle Morne!” lance-t-il. Mais le chant est absent, alors que Miłosz Gassan (chant/guitare) se démène en alignant une rythmique impeccable, sur les leads de Paul Rajpal (guitare). Heureusement, le son sera ajusté, nous permettant de profiter pleinement du chant ainsi que des frappes de Billy Knockenhauer (batterie), qui se démène à chaque instant pour tabasser son kit. La fosse est calme, mis à part une fan qui semble beaucoup trop alcoolisée au premier rang, mais le son gras aura raison de sa motivation à motiver la foule. Et le contraste entre riffs lourds et leads perçants est poignant, permettant à l’assemblée de profiter de chaque instant de ce concert, dont les lumières ne seront pas plus clémentes. Les musiciens sont motivés, et se rejoignent parfois pour jouer, mais le set arrive à son terme, et un long passage instrumental sera de mise avant le dernier morceau, qui achèvera leur superbe prestation.

La chaleur redescend, le stand de merchandising est investi de fans n’ayant pas encore effectué leurs emplettes, et la salle se vide. Si Fange a parfaitement ouvert la soirée, Point Mort et Verdun ont tour à tour captivé l’assemblée avant Morne, qui nous as tous assommés avec leurs riffs. Une excellente soirée qui incite encore plus à découvrir la scène locale, non ?

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