Interview: Karoline Rose – SUN

Alors que son concert à l’Espace B commence dans quelques heures, c’est Karoline Rose, tête pensante du groupe de Brutal Pop SUN que je rencontre pour une demie-heure d’échanges à propos de musique, de sa vie et de sa conception de la création, le tout placé sous le signe de l’ouverture d’esprit.

Merci de m’accorder de ton temps, est-ce que tu pourrais présenter le concept de Sun à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler ?
Karoline Rose (chant/guitare) : Je vais essayer ! Sun est un duo live, ce sont mes chansons qui mélangent Pop et Metal. C’est du songwritting Pop, parce que je suis très fan d’Abba et autres… mais aussi influencé par des groupes de Metal, comme Morbid Angel ou autres. Ce qui m’intéresse dans le Metal, c’est surtout le lien grosse caisse/main droite, et moins l’aspect solo de guitares, moule-bite en cuir… C’est ma manière de réunir ce qu’il y a de jouissif dans le Metal à mon sens et de le mettre dans des sons Pop. Ca c’est l’aspect du style musical de Sun. Et à côté, c’est lié au fait que je m’appelle Karoline Rose, j’ai fait beaucoup de choses en solo dans différents univers dans ma vie, et à un moment je me suis dis que je n’avais plus envie de tourner sous mon nom. Parce que j’ai déjà fait plein de choses sous ce nom, mais aussi parce que j’avais envie de faire une sorte d’hommage à mon père qui est décédé quand j’étais toute petite. En fait, il y a deux ans, sa tombe a disparu. On a fait enlever sa tombe sans mon consentement, et je me suis posé cette question : comment est-ce qu’on peut rendre hommage à une personne décédée, ou en tout cas faire son devoir de mémoire si physiquement il n’y a plus rien. C’est un mot qui évoque un peu la chaleur, le père, l’énergie très masculine, et en plus mon père c’est un mec qui m’emmenait en Allemagne sur l’autoroute sans limitation de vitesse, la musique à fond, j’étais pas attachée… (rires) Et il cramait sa vie, mais c’était pas du tout suicidaire, c’était surtout de l’énergie impulsive !

En plus en Allemagne les routes n’ont rien à voir avec celles de chez nous.
Karoline : Carrément, ils ont l’habitude de tracer ! Et j’avais l’envie de faire naître un petit peu ça avec l’aide de Dan Levy, le producteur avec lequel je travaille. Et il m’a dit “mais Karoline vas-y, fais un truc au lieu de faire du Pop-Rock, sors ta voix !”. Et d’où aussi l’idée du duo Sun, je ne veux pas que ce soit uniquement autour de moi, je veux qu’on ait cette silhouette de cette homme qui pourrait représenter mon père. C’est un peu complexe comme réponse, mais c’est ça l’idée !

Donc c’est aussi ça le concept de “Brutal Pop”, mélanger le côté Metal avec une écriture plus axée Pop ?
Karoline : Exactement, j’ai eu cette chance quand j’étais petite, j’ai pu voir Michael Jackson en live au Rock Am Ring en Allemagne, et je ne l’oublierai jamais ! J’ai toujours été fan. La Brutal Pop c’est pas que dans l’écriture, c’est aussi le show. Je me suis toujours dis… Parce qu’il faut savoir que j’ai aussi fait de la comédie musicale, j’ai fait des “faux-pas” si on veut (rires), j’ai fait The Voice

On ne dit pas “faux-pas”, on dit “expériences” !
Karoline : Voilà, des expériences ! J’ai fait aussi 1789 Les Amants de la Bastille ! Et aussi de l’Opéra contemporain, l’hymne d’Avignon avec des pièces de théâtre… j’ai fait beaucoup de choses et je me suis rendu compte que dans un concert… bon pas ce soir puisque c’est une petite salle, mais les gros concerts ont toujours quelque chose d’un peu attendu. Le batteur va être là, le bassiste ici, les retours de cette manière, le pied sur le retour, entre deux titres on remercie… Je me suis dis que même là, ce serait bon d’avoir une sorte de Gojira avec le show de Michael Jackson ! J’ai pas les moyens de faire ça pour l’instant, mais en tout cas je veux proposer quelque chose de différent. Faire communiquer la Pop culture avec le Metal, c’est vraiment quelque chose qui m’intéresse. 

Ton objectif c’est un peu de casser les codes et de tout mélanger en réalité ?
Karoline : Ouais, j’aimerais bien. Pas par envie de faire chier, mais vraiment parce qu’il y a un endroit où les deux univers se rencontrent, et j’aime beaucoup. 

Sans aucune opposition donc ?
Karoline : Non, franchement j’ai malheureusement, été très souvent en opposition partout. Quand j’ai fait de la comédie musicale j’étais pas à ma place, pareil pour l’Opéra, le Metal… j’ai jamais été à ma place en Allemagne, en France… (rires). Donc tu vois, je me suis fait ma propre place !

 

Et au niveau de tes influences, tu m’as cité tout à l’heure Abba, Morbid Angel, est-ce que tu en as d’autres ?
Karoline : Une grosse influence oui, un mec qui m’a fait prendre conscience de plein de choses c’est Devin Townsend. Que ce soit Strapping Young Lad ou son projet solo… bien sûr on peut critiquer la production ou autre, mais là n’est pas la question. Il est pour moi… la première fois que j’ai entendu SYL j’ai été impressionnée. Des titres comme Zen ou autres, le contenu des titres n’est pas un énervement, une révolte, parfois c’est juste “c’est génial !”, et cette énergie de folie du Metal, on pourrait la mettre au service de ça. Des accords majeurs ou autre. Le mec il y va, il fait des suites d’accords, il fallait oser ! Et je pense que Devin Townsend m’a un peu montré la voie. Mais évidemment je ne me mets pas du tout au niveau de ce génie, mais… il m’a montré des possibilités musicales sans réellement se poser de questions. Il n’avait pas vraiment de limites ! Quand j’ai mis City… j’en suis toujours pas revenue ! Il y a trop d’énergie, c’est monstrueux !

 

Du coup pour le moment Sun évolue en tant que duo, est-ce que tu comptes garder cette configuration ou amener d’autres musiciens ?
Karoline : On reste sur un duo pour les premiers temps. C’est plus intéressant pour nous, et sur ma guitare j’ai une installation qui fait que j’ai un micro supplémentaire qui capte mes cordes de Mi et La, ça rentre dans un octaver et j’ai deux sorties. Du coup je joue aussi la basse en live grâce à ça, mais à terme j’aimerais peut-être ajouter une troisième personne si on voit que c’est possible. Mais toujours en gardant cette image de l’homme et de la femme, pour moi c’est très important. Par rapport à l’histoire de mon père, mais aussi pour y voir une unité. On est dans un monde assez éclaté, et c’est bien de voir cette unité. Nous on joue avec ce code là, un mec un peu imposant, et finalement ce n’est pas du tout lui qui sera l’élément perturbateur (rires). J’aime bien jouer avec tout ça, mais pour répondre à la question, quand on aura les moyens ce ne sera pas de refus d’ajouter un troisième personnage, une sorte de savant fou un peu Minimoog (ndlr: synthétiseur), voir quelques guitares additionnelles…

 

Pour revenir sur le premier clip que vous avez sorti, Higher Fire qui défonce les codes, est-ce que tu peux m’expliquer le choix de cet univers visuel ?
Karoline : C’est une sorte de collage en fait. Quand on a tourné le clip, on avait pas vraiment les moyens, ni même de producteur… donc on s’est dit que ce qu’on pourrait faire… d’ailleurs un élément de la Brutal Pop que j’ai pas mentionné c’est quand même une prod assez Indie ! J’ai été aussi influencée par les Riot Girls, les L7 et autres… donc de fait c’est quelque chose qui est rentré en compte. Et je me suis dit, ce serait cool de vraiment faire un collage ! Et l’église voisine de chez ma mère était libre, et la mairesse du village qui a dit qu’il n’y avait pas de souci pour tourner un clip dedans ! Donc on a été dans l’église et on a pris des images un peu décousues, mais le fait d’aligner des looks et des images ça crée une émotion. Au montage j’avais énormément de rushs, et j’ai fait un peu comme j’ai pu ! Cette image passe bien avec celle la, un petit filtre, un bout de robe, un bout de cheveux… et finalement quand ça se coupe comme ça, ça génère une émotion et j’avais un peu comme une peinture. Pas une peinture faite avec les meilleures peintures du monde, mais on a notre côté lo-fi, et ça illustre un peu les histoires d’amour, un côté un peu… “la vierge”. Dans le clip, la robe que je porte c’est vraiment ma robe de mariée de quand je me suis mariée (rires). Donc j’avais vraiment ma robe de mariée et j’avais envie de faire ce collage de princesse “on acids” ou un truc comme ça. 

 

Tu m’as dit avoir fait pas mal de styles différents auparavant, est-ce qu’à la base tu as une formation musicale ?
Karoline : Ouais. En Allemagne, j’ai fait le conservatoire, donc du Classique. Quand je suis arrivée en France, j’ai fait l’école ATLA à Paris (ndlr: école de Musiques Actuelles). Donc j’ai une formation de musiques actuelles après le Classique si tu veux, et j’ai tout fait sur le tas, c’est pour ça que j’ai fait beaucoup de choses. J’ai commencé ma carrière par une pièce de danse. Ils cherchaient une danseuse lookée, qui chante éventuellement, et finalement ils ont pris une chanteuse/guitariste et ils m’ont appris à la danse contemporaine. J’ai travaillé beaucoup avec des chanteurs lyriques, j’ai fait de la variété française… j’ai un peu fait mes armes sur le tas. Le théâtre par exemple, j’ai jamais fait d’école de théâtre ni de conservatoire, mais là j’ai quand même fait le In d’Avignon dans une pièce de Laurent Gaudé, Nous L’Europe et je vais jouer dans le prochain film de Tony Gatlif.

Mais pourtant, tu n’es absolument pas comédienne non plus ?
Karoline : Pas du tout. Enfin je le suis devenu par la force des choses. Mais ma formation de base, c’était vraiment le Classique en Allemagne. Franchement, à l’école c’est vraiment cool cette façon d’apprendre la musique. Il y a ce côté où tu amènes les chansons que tu veux, ton prof t’aide à les relever, à les jouer… et j’avais des groupes de Punk dès 12-13 ans, on avait une salle de répète à la mairie… Y a un côté un peu plus folklo avec la musique !

C’est mis à disposition pour que les élèves s’expriment ?
Karoline : Ouais, exactement ! Les profs me disaient “Ah t’as la crête rouge cette semaine ? Je préférais quand c’était vert !” (rires). Ils savent qu’il vaut mieux te laisser faire comme ça ce sera vite torché (rires) !

 

Vous avez déjà fait deux concerts, comment ça s’est passé ?
Karoline : Super bien, on en a fait un petit peu plus en réalité. Mais ça s’est vraiment bien passé, on a des réactions… moi j’avais toujours un peu peur que ce soit pas très compréhensible… le plus important pour moi c’est que les gens ressentent quelque chose de manière instantanée, et j’étais contente qu’on rencontre notre public. Parce que je le fais pour ça aussi, pour rencontrer un public.

Sinon ça ne sert à rien de faire de la scène, autant jouer seul dans sa chambre !
Karoline : Voilà, c’est ça ! Et c’est du coup assez étonnant, parce que c’est pas tout le temps des amateurs de Metal, parfois on a des très jeunes, parfois des moins jeunes… et je saurais pas donner une sorte d’idée démographique du public de SUN mais… je vois que ça touche les gens et… ça me fait vraiment plaisir. Le retour direct de la scène est important pour moi. Pas en mode boostage d’égo évidemment, mais contente que ça fasse quelque chose. 

Et du coup, c’est toi qui compose tout, ou vous composez à deux ?
Karoline : C’est moi qui compose.

Et est-ce que tu as une méthode de composition ?
Karoline : Alors moi je compose aussi pour d’autres gens, la musique c’est mon métier et j’ai fait par exemple la musique du dernier spectacle de Daniel Larrieu, qui est un super chorégraphe… En gros, si c’est pas une commande, je commence par un guitare/voix, parce que je suis vraiment très axée sur le rythme, et j’ai un truc, c’est que j’ai une très bonne main droite. Donc je fais un guitare/voix, je le pose, et j’ai les paroles en général tout de suite. Je triture un peu l’harmonie dans tous les sens dans ma tête, j’essaye de faire toujours en sorte qu’il y ait le moins de notes possible dans l’accord mais que ça reste compréhensible pour l’auditeur. Ensuite, je vais sur Logic (ndlr: studio d’enregistrement professionnel conçu pour Mac), je programme une batterie, je mets une basse… Et si j’ai envie d’autres choses, je mets d’autres choses, mais en général je commence comme ça. Et vu que j’ai cette base rythmique généralement je… la batterie est déjà incluse. Je la programme et je laisse reposer le titre, j’y retourne plus tard. Ensuite je l’emmène en répète et on voit si ça fonctionne. Si ça fonctionne pas, je change. Mais la batterie j’y ai longuement réfléchi avant de monter SUN. Je me suis dis, il y a un truc qui souvent fait chier, c’est les cymbales. Qu’est ce qui est important, les toms ? C’est important aussi de voir un batteur jouer, donc on vire les toms aigus, on garde que les graves.

Si tu ne les utilises pas, ça ne sert à rien qu’ils soient présents !
Karoline : C’est ça ! Par contre les pieds oui ! La double clairement ! C’est essentiel, on veut une vraie synergie qui fait bien massive ! Toutes ces réflexions je les ais eues en amont, et Dan Levy m’a aussi aidée à réfléchir à ce sujet.

Du coup après ces compositions il y a des EPs qui sont prévus, des albums peut-être ?
Karoline : Totalement ! J’ai du mal à y croire mais on a deux EPs qui sont prêts. Le premier sort le 22 novembre. Je suis super excitée, on a tourné un clip ! Et on fait les Transmusicales de Rennes le 6 décembre, on joue dans le Hall 3, je ne sais pas si tu vois, c’est un Parc Expo ! Ca va être notre première grosse date ensemble, on a fait des résidences, on va continuer ça, et entre temps notre EP sera sorti ! Et notre deuxième EP sortira courant mars/avril 2020, quelque chose comme ça. Moi je trouve ça pas mal de sortir des choses au fur et à mesure, sinon tu jettes un peu tes morceaux… C’est pas dit après qu’on fera pas un album “full-length”, parce qu’on a beaucoup de titres en stock, mais je préfère commencer comme ça, on développe tranquille et on voit où ça va.

 

Pour les concerts ou les résidences, est-ce que tu as une sorte de rituel avant de monter sur scène, ou une préparation spécifique ?
Karoline : Ca dépend, mais pas vraiment non. En fait moi j’aime bien être sur scène, quand je suis dans les salles, souvent… la par exemple avec SUN on joue aussi. Dans la pièce, Nous L’Europe, j’ai réussi à intégrer le groupe. Ce qui fait que j’ai un rôle de comédienne, et il y a un monologue qui monte, qui monte, et j’ai ma guitare, je m’énerve, et d’un coup Higher Fire se joue. A Avignon, il y avait 800 personnes qui se sont pris Higher Fire dans la tronche (rires) tous les soirs !

Ça a du être original !
Karoline : Eh bien figure toi qu’ils ont kiffé ! On a eu une presse monstre, jusqu’au Guardian en Angleterre ! Ils ont dit “Thrash Metal”, mais “Thrash Metal score (brilliantly performed on voice and guitar by the actor Karoline Rose)”, j’étais tellement fière ! Et du coup, c’est important de le noter car en tant que performeuse, j’essaye d’amener le groupe partout avec moi en jouant, donc j’ai pas vraiment un rituel avant de monter sur scène, mais… moi j’aime bien arriver avant sur les scènes, et traîner là.

Histoire d’analyser un peu tu veux dire ?
Karoline : Ouais, et vu que je suis un peu… je me sens pas vraiment “à la maison” nulle part, la scène c’est vraiment ma maison. 

Du coup on t’installe un matelas à côté ?
Karoline : Mais ouais ! Franchement je serais heureuse (rires) !

 

Est-ce que tu as un petit mot sur la scène musicale en France, que ce soit Metal, Rock, Indépendante ou d’autres styles ?
Karoline : C’est plutôt récent. J’ai vécu un truc qui m’a un peu perturbée, j’ai fait une conférence au MAMA Festival, c’était en Île de France sur “quel levier pour les musiques actuelles en Île de France ?”. Bon, pourquoi pas. Comment ça fonctionne, etc… je suis intervenue en tant qu’artiste, juste pour témoigner, vu que je fais théâtre, musique, comment on fait le lien entre les deux, oui c’est difficile pour les artistes qui ne sont ni débutants ni des stars… On parlait un peu de tout ça, et ensuite je suis allée traîner dans le MAMA puisque j’avais le pass, et j’ai vu énormément d’artistes cette année, qui ne jouaient pas. Mais qui avaient payé un pass pour se vendre, bien habillés, auprès de professionnels. 

Un peu comme un entretien d’embauche tu veux dire ?
Karoline : Voilà ! Et ça m’a fait de petits frissons… je me suis dis “Putain, dans le théâtre y a quand même une sorte de syndicat, de soutien, y a un esprit”… alors que là c’est qu’énormément de musiciens qui font des sets en adaptant les guitares, avec un setup de plus en plus léger, qui travaillent leur musique, t’essayes de rentrer dans de petites cases pour que les “gros” essayent de te capter et de te vendre… Et en fait ça m’a fait froid dans le dos, c’est à nous les artistes, quel que soit notre genre… bon évidemment dans le Metal on se plie un peu moins… mais tu vois, il ne faut pas se plier ! On s’en fout si ça marche jamais ! On s’en fout ! L’important c’est de ne pas devenir des espèces de… de suceurs de bite de “professionnels” tu vois. Ils sont importants les pros, c’est important d’avoir de bonnes relations avec eux mais c’est pas la peine de faire n’importe quoi pour exister alors qu’en France il y a une telle qualité de proposition notamment en Rock Alternatif / Underground / Metal, il y a une grosse explosion… mais évidemment c’est une scène assez difficile d’accès.

Surtout quand les groupes sont “petits”… ils n’ont que peu de presse et de médiatisation…
Karoline : Grave ! C’est hyper complexe, et souvent vu que ça ne fonctionne pas comme aux Etats-Unis où il y a une scène Underground mais qui ne veut pas dire “débutant”, ça veut vraiment dire “Underground”. En France c’est souvent une frontière qui dit “tu joues dans de petites salles donc tu es peut être débutant ou t’y connais rien” alors que c’est pas forcément vrai. Je trouve qu’il y a des groupes qui mériteraient plus de respect mais qui resteront Underground ad vitam eternam, mais c’est très bien ! 

Certains le veulent en réalité ! Pour revenir sur Devin Townsend, il avait arrêté Strapping Young Lad parce qu’un gros label voulait les signer, et ça ne l’intéressait pas. Même si maintenant ça a évolué avec son Devin Townsend Project.
Karoline : Ouais, mais il a fait son truc. Tu sais, parfois, dire non à un gros truc ça ne veut pas dire que tu ne veux pas dire que tu ne feras rien d’important derrière, ça veut juste dire que tu suis le chemin de ton intégrité. Tous ces gens qui adaptent leur propos artistique à une conjoncture, une économie de marché… Alors la non. N.O.P.E. (rires). Ca m’a fait mal au coeur rien que de voir ça et je me suis dis “non mais les mecs… ça fait chier !”. Un peu de courage !

On va passer à des questions un peu plus funs, c’est quoi ton premier album de Metal ?
Karoline : Alors… c’était Burn My Eyes de Machine Head. Et aujourd’hui encore je le saigne, j’adore la voix de Rob Flynn. Je trouve qu’il a une voix de folie.

Et c’est quoi ta dernière découverte ?
Karoline : En Metal ? Ca fait longtemps que j’ai rien découvert… un truc plus vieux, ce serait pour moi les mêmes trucs… Je suis un peu monomaniaque, j’écoute Gateways to Annihilation, Dominaton (Morbid Angel)… comment il s’appelle cet album d’Immolation qui est génial… et Meshuggah ! Enfin bref, je tourne sur 3 ou 4 groupes, je suis assez puriste. Ah si, j’ai réécouté il y a pas longtemps un groupe italien que j’adorais, Illogicist ! C’était mortel ! Un peu dans la veine de Cynic ! Ils avaient un morceau qui n’est même pas sur Apple Music, il faut creuser YouTube pour l’avoir… sur un sampler d’il y a longtemps ! Un super groupe !

Je note ! Maintenant une question niveau imagination, tu deviens tour manager. SUN doit ouvrir pour trois groupes, qui est-ce que tu choisis ?
Karoline : Ok, mais c’est énorme ! Alors déjà je suis absolument désolée mais je suis obligée puisqu’on parle de live, mais je suis obligée de mettre Babymetal. Parce que c’est du live ! Ensuite… je mettrais Rihanna mais avec Nuno Bettencourt et son Superband. Et là ça devient compliqué… mais non, Cannibal Corpse obligatoirement parce que George Fisher (chant) il est à un mètre de son micro, t’entends le son qui sort de ce machin là… c’est mon chanteur de Death préféré. Autant j’ai pas toujours accroché à tous les albums, mais lui c’est mon idole ! Tous ils gueulent sur leurs micros, lui il est aussi loin, il headbangue en même temps et il te sort ça !

Alors ça si c’est pas éclectique !
Karoline : (rires) Clairement ! Mais je pense qu’on passerait une bonne soirée !

Est ce qu’on peut imaginer que les chanteuses de Babymetal font une collaboration avec Cannibal Corpse ?
Karoline : Mais oui, ce serait cool ! Je peux pas chanter avec George, je l’accompagne juste à la guitare sur Unleashing the Bloodthirsty! (rires)

Mais tu sais que ça existe ? Au Japon toujours, deux demoiselles, un chanteur qui hurle et ça s’appelle Ladybaby !
Karoline : Mais non ! Tiens un autre artiste japonais que j’adore, il a fait des trucs géniaux mais aussi plus pourris, c’est Miyavi ! Qui slappe sur sa guitare ! Notamment quand il était en duo avec son batteur !

Et nous arrivons sur le mot de la fin que je te laisse !
Karoline : Déjà merci beaucoup pour cette interview, mais je n’ai pas grand chose à dire, je suis vraiment contente qu’on ait pu discuter avec ensemble avec d’aussi bonnes questions !

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