Review 169 : Verdun – Astral Sabbath

Verdun. Un nom bien évocateur pour un groupe français.

Créée en 2010 à Montpellier, la formation rassemble aujourd’hui Géraud Jonquet (batterie), Florian Celdran (basse, ex-Fleshdoll), Jérôme Pinelli (guitare, Doctor Livingstone) et David Sadok (chant/claviers) pour terminer l’épopée démarrée au premier EP, datant de 2012. C’est donc la fin de cette aventure qui est marquée par Astral Sabbath, leur deuxième album. 

On commence par Return of the Space Martyr, un titre qui sent le Sludge bien gras dès le premier riff. Et c’est en effet ce qui nous tombe dessus après une petite intro. Des riffs lourds et dominés par une basse ronflante ainsi que des hurlements perforants. Comme d’habitude, les titres sont lents et longs, mais également très hypnotiques. Après un break plus planant, la rythmique revient nous assommer avant Darkness Has Called My Name. A l’aide d’accents psyché, le groupe nous enfonce dans un trou de noirceur, duquel il est impossible de ne pas avoir envie de remuer la tête. Les frappes encadrent parfaitement cette vague de saturation, qui s’apaise grâce à des harmoniques inquiétantes avant de déferler à nouveau. ?????????? (“interlude” en russe) est un court titre instrumental qui calme à nouveau le jeu avec des sons dissonants pour nous lancer sur Venom (S). Le groupe développe des sons mélancoliques sur une rythmique parfois aérienne, parfois beaucoup plus lourde. Puis soudain, le tempo accélère, et la furie s’empare du groupe, dont le groove reste plus que prenant.
Avec une introduction douce, The Second Sun apporte des sonorités plus planantes à une rythmique pesante, mais également un chant parfois moins saturé. Ces influences à la limite du Stoner sont plaisantes, mais c’est à nouveau un Doom crasseux et suintant que les français déchargent sans ménagement sur L’Enfant Nouveau. Les harmoniques sont toujours de la partie, et mettent en valeur des hurlements en français. Les riffs sont beaucoup moins sombres, mais les dernières psalmodies du chanteur sont à la fois glaciales et mystiques. Dernier morceau, A?stra?l Sa?bba?th renoue avec un son écrasant et des riffs qui durent. Mais l’ambiance change à nouveau, devenant plus intense, frappant à nouveau, inlassablement. C’est après une nouvelle dose de violence que les dernières harmoniques s’éteignent dans l’air.

Avec Astral Sabbath, Verdun conclut le cycle qui a créé leur son. La qualité des riffs est bluffante, et bien qu’assez peu connu du public Metal, le groupe a de beaux jours devant lui. En résumé, c’était la guerre. Et pour une fois, c’était bien.

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