Interview : Within the Ruins

Steve Tinnon, chanteur de Within the Ruins, a répondu a quelques-unes de mes questions pour la sortie de Black Heart, le sixième album du groupe.

Chronique de Black Heart

English version?

Bonjour et tout d’abord, merci de prendre un peu de ton temps ! Pourrais-tu vous présenter le groupe et toi, pour quelqu’un qui ne connaît pas Within the Ruins s’il te plaît ? Quel est le lien entre le nom du groupe et la musique que vous jouez ?
Steve Tinnon (chant) : Salut je suis Steve et je suis le nouveau chanteur de Within the Ruins ! Joe Cocchi est notre guitariste, Paolo Galang joue de la basse, et notre batteur on l’appelle juste Drummer (“batteur” en anglais, ndlr) la plupart du temps ! Un des gars du groupe est arrivée avec cette idée à l’époque, et il n’a honnêtement pas de signification précise pour nous. Ca sonnait bien et il est resté haha.

Black Heart, votre sixième album, est sur le point de sortir. Comment vous sentez-vous à ce sujet ? Est-ce que vous avez déjà eu des retours ?
Steve : Les gars et moi nous sentons VRAIMENT bien. Je suis très excité que les gens puissent l’entendre. C’est une direction différente et plus sombre pour le groupe, et quelque chose que je travaille avec eux depuis un moment. Je suis juste vraiment fier de cet album, les sons et l’aventure que ces sons représentent.

Peux tu également nous parler un peu du lien entre l’artwork et l’album ? Est-ce qu’il y a un concept derrière cet album ?
Steve : La plupart de l’album parle de douleur et de colère. Ces dernières années ont été vraiment difficiles pour moi, et je serais reconnaissant à jamais d’avoir l’opportunité d’exprimer ces sentiments avec ces morceaux. J’AIME comment le rendu de cet artwork. Il capture tout ce que je voulais mettre dans la musique. La cage autour de sa tête représente le sentiment d’être en permanence pris au piège à l’intérieur de ta propre tête avec tes pensées. Il y a quelques clés dispersées sur le sol pour montrer les multiples tentatives de sortir de sa propre tête. Il essaye, mais rien ne marche. Mais il est assis là seul, les crânes symbolisent les autres personnes qui sont passés par cette même étape, donc il n’est pas totalement livré à lui-même dans sa lutte. Il y a quelques serpents qui rampent entre les crânes et qui représentent les gens et les situations qui l’ont conduit à être dans cet état actuel. Et enfin, le coeur noir symbolise comment toutes ces choses ont changé qui il est au plus profond de lui. Il essaye toujours de guérir et de devenir quelqu’un de meilleur, mais dans son coeur il n’est tout simplement plus le même qu’avant. La seule personne que nous voulions pour cet artwork était Cameron Gray, et il a largement dépassé nos attentes. Il a également réalisé les pochettes de nos albums Elite et Phenomena, donc c’était un choix facile de travailler avec lui à nouveau.

Comment s’est passé le processus de composition ?
Steve : Pour moi, ça a été en compagnie de pas mal de Jameson ou d’autres marques de bourbon gaga. J’aime en boire pendant que j’écris car ça maintient ma créativité à flots et je creuse profondément chaque morceau que j’écris de cette manière. Joe nous envoie des morceaux presque finis par Dropbox, et j’en choisis un, je me pose une nuit dessus et j’écris les paroles dessus. J’ai toujours des sujets pré-écrits, des lignes, des idées dans mes notes et je les mets à plat en les ajoutant quand j’écris un titre entier. Puis j’en amène quelques uns à la fois pour enregistrer avec Joe et les gars au studio, et on fait ça tous ensemble !

Sur certains titres, il y a une sorte de dualité vocale entre un chant saturé plein de rage et un doux chant clair, comment est-ce que tu fais en sorte de créer cette collaboration entre les deux ?
Steve : Ca dépend du morceau que Joe écrit. Des fois tu peux entendre directement qu’il y avait cette intention d’avoir un refrain chanté, et tu le sais. Mais des fois ce n’est pas toujours évident, et l’idée pour la mélodie et les harmonies viendront au dernier moment quand nous sommes au studio. Et certains titres n’ont pas besoin de chant clair, ils sont bien en étant seulement agressifs. Tout marche bien comme ça !

Il y a deux titres instrumentaux sur Black Heart, appelés Eighty Sixed et Ataxia V, comment avez vous fait en sorte de construire ces titres ? Est-ce que c’est plus simple de construire ces titres que les titres avec du chant ?
Steve : Eh bien évidemment en tant que chanteur, je n’avais rien à écrire pour ces morceaux. Mais je pense que c’est bien que Joe continue cette série Ataxia qui s’étend sur chaque album, et qu’il y ait des titres instrumentaux pour qu’il montre son talent. Sans Joe, ce groupe ne serait pas le même et j’aime qu’il ait quelques titres pour lui.

Je me souviens des débuts de Within the Ruins lorsque le groupe faisait du pur Metalcore. Quels éléments ont marqué votre évolution ? Pensez-vous vous être améliorés en tant que musiciens ?
Steve : Je pense que je peux parler au nom de tous les gars en disant que le but est toujours de se challenger et de devenir meilleur. Des choses arrivent dans la vie, et tu peux les utiliser pour affûter tes capacités et essayer de nouvelles choses ! Rejoindre ce groupe a définitivement été un challenge pour moi, mais j’aime ça parce que ça me fait rester en alerte et penser différemment à propos de la musique par rapport à ce que j’ai pu faire avant.

Cette année, Within the Ruins fête son quinzième anniversaire. Est-ce que tu as quelques mots à dire sur cette aventure musicale ? Pensiez-vous que le groupe serait actif aussi longtemps ?
Steve : C’est difficile pour tous les groupes de dire combien de temps ils pensent rester ensemble, vraiment. Certains groupes font les choses bien et leur carrière les emmènes à des endroits où ils n’auraient jamais pensé pouvoir aller ! Malheureusement pour d’autres groupes, les choses s’arrêtent avant que tu ne sois prêt à les arrêter, et il n’y a rien que tu ne puisses faire. C’est une industrie dans laquelle il est dur de rentrer, alors je recommanderais à quiconque qui essaye de faire quelque chose avec sa musique, profitez de chaque seconde pendant que vous le pouvez. Je ne suis dans ce groupe que depuis quelques années, mais nous sommes amis depuis un long moment, avec les gars de mon ancien groupe. C’est un véritable plaisir de connaître ces gars depuis autant de temps et de les appeler des amis, et maintenant des partenaires au sein du groupe !

Le groupe a eu beaucoup de changements de line-up, principalement aux postes de bassiste et chanteur. Est-ce que c’est facile de gérer des changements de line-up ? Comment faites vous en sorte de trouver de nouvelles personnes ?
Steve : Il y a eu quelques bassistes, quelques guitaristes, mais le line-up que l’on a depuis bientôt trois ans maintenant est le plus solide que le groupe ait jamais eu. Le chanteur précédent, Tim, était là depuis un long moment, et ça a probablement été le changement le plus difficile à gérer de tous. Changer de vocaliste peut faire ou briser une situation pour beaucoup de groupes, mais la transition n’aurait pu se passer plus en douceur et les choses se sont très bien passées ! Trouver notre line-up actuel a été facile car l’ancien groupe de Paolo et moi, Silence The Messenger, sommes amis avec Within the Ruins depuis des années, donc ça n’a pas demandé de réflexion.

Qu’est ce qui t’inspire pour créer de la musique ? Cela peut être des groupes que tu aimes, ou quelque chose qui n’est pas lié à la musique.
Steve : Être exposé à la musique et jouer d’un instrument à un très jeune âge a basiquement initié cette passion dévorante pour la musique. Quelque chose qui m’aide beaucoup à écrire, ce sont les expériences de vie. Je veux être pertinent et parler de choses que les gens ressentent et dont ils font l’expérience. Je veux mettre des mots à ces émotions pour les gens qui n’en seraient pas capables.

Te souviens tu de la première fois que tu as pris un instrument ? Quand et comment ça s’est passé ? Quels groupes t’ont fait grandir en tant que musicien ?
Steve : Je suis allé dans un collège public et j’ai du choisir un instrument pour rejoindre l’orchestre ou un groupe, donc j’ai choisi le violon ! Ca m’a finalement mené à jouer de la guitare, puisque j’étais déjà familier avec les cordes, et j’ai plus tard voulu essayer le chant. J’écoutais beaucoup de Nü Metal et de Pop Punk à ce moment la, et j’essayais de chanter ou jouer par dessus chez mes parents quand j’étais adolescent, et la passion ne s’est simplement jamais arrêtée haha.

Je sais que le Covid-19 a foutu en l’air pas mal de choses, mais comment est-ce que ça a affecté ta vie en tant que musicien ? Et à propos de ta vie personnelle ?
Steve : Ca a affecté tous les aspects de ma vie, pareil pour les gars du groupe. Je suis barman au Texas, et on a eu des soucis pour rester ouverts alors ça fait mal. Ca affecte aussi la manière dont je peux voir mes amis et ma famille. Et maintenant on sort un album sans savoir quand est-ce que l’on pourra tourner à nouveau. Ne pas jouer ou prévoir de concert est un vrai inconvénient à tout ça, parce que j’ai toujours adoré l’atmosphère et le ressenti que tu as grâce à la musique live. Tout ce que l’on peut faire c’est continuer de rester en bonne santé et espérer que ça s’en aille le plus rapidement possible.

Peut-être que vous avez quand même des choses dans les tuyaux dont tu pourrais nous parler ?
Steve : Mes plans principaux sont simplement de faire en sorte que tout revienne à la normale ! Je veux pouvoir voir mes amis plus souvent, sortir avec ma copine, et j’aimerais vraiment pouvoir jouer ces nouveaux titres pour tout le monde à un moment ! Tout ça te fait reconsidérer le fait que rien n’est jamais acquis, et apprécier de pouvoir vivre une vie normale.

Quel était le premier titre de Metal que tu aies écouté ? Et lequel t’a fait vouloir créer ou rejoindre un groupe ?
Steve : Le premier titre de Metal que je me souvienne avoir écouté c’était Freak On a Leash de Korn. J’ai vu le clip sur MTV à une soirée avec des amis, ça devait être en fin de primaire, et j’ai été soufflé. Ca a ouvert la porte à tout, et là est né mon amour de la musique saturée. La première fois que j’ai joué de la musique en live avec quelques uns de mes amis, on faisait des covers de titres de Blink-182 et on avait aussi nos propres jams à la Pop-Punk. Après mon premier “concert” j’ai su que j’avais besoin d’être sur scène devant des gens et l’aventure a démarré.

Est-ce que vous avez un rituel avant les concerts ? Que peut-on attendre d’un concert de Within the Ruins ?
Steve : Les rituels d’avant concerts pour Within the Ruins sont simples et consistent à boire des bières et des shooters haha. Pas assez pour être vraiment bourrés, mais assez pour lâcher un peu prise, et être dans le mood pour prendre du plaisir sur scène. Tu peux t’attendre à du headbang, des poings en l’air et un super moment à chaque concert de Within the Ruins.

A part la musique, quelles sont tes passions dans la vie ? Et quel boulot voudrais tu faire si ce n’était pas musicien ?
Steve : Au delà du groupe, je suis un mec plutôt simple. J’aime les films, sortir manger à l’extérieur et tout ce genre de trucs, mais j’aime aussi être barman. Je suis assez créatif avec les cocktails quand je ne fais pas de choses avec le groupe, et c’est sympa. Je ne pense pas faire ça pour toujours, mais j’ai développé une passion pour ça, c’est certain, et je vais y rester un moment. C’est aussi un job facile quand tu le besoin de tourner se fait sentir. Je travaille également à lancer une entreprise avec quelques amis à moi. Je ne peux pas annoncer ce que c’est maintenant, mais ça me motive aussi ! Autrement, j’aime juste une “vie normale”, des trucs comme traîner avec ma copine et nos amis. J’aime l’équilibre entre voyager et jouer sur scène, mais quand je suis chez moi j’y reste ou je vois mes potes.

Si je te demandais de comparer la musique de Within the Ruins avec un plat typiquement américain ? Lequel choisirais tu et pourquoi ?
Steve : Haha je pense que je dirais que Within the Ruins est comme un cheeseburger. Ca peut être compliqué comme s’il y a beaucoup de garniture, mais également rester simple et ressembler à une sorte de chaos contrôlé dans un sens, en tant que tout. 

Est-ce que tu aurais un conseil à donner à un tout jeune groupe qui débute son aventure ?
Steve : Il y a TELLEMENT de choses à dire, mais quelques points importants que je conseillerais, c’est de s’organiser et d’avoir ton identité visuelle de prête, et être motivé à travailler dur. Les réseaux sociaux et les services de streaming ont tout changé pour les groupes, et d’un côté ça a rendu les choses plus difficiles pour se faire remarquer. Sois simplement prêt à faire le travail qu’on fait la plupart des groupes que tu vises ont du faire pour en arriver là où ils en sont aujourd’hui. Ce n’est pas un chemin facile, en aucun cas, mais fais les efforts nécessaires et les choses pourront marcher pour toi. 

Dernière question pour moi, je te laisse créer ton line-up de rêve. Within the Ruins est le groupe d’ouverture, et il y a trois groupes supplémentaires ! Lesquels choisirais tu ?
Steve : Oh mec, c’est fun. Pour moi, le line-up devrait être Within The Ruins, Behemoth, Lamb of God, et Slipknot en tête d’affiche. Ces groupes ont plein d’excellents musiciens, font des concerts extraordinaires, et chaque soir ce serait tellement fou d’en faire partie. Je pourrais mourir heureux après avoir fait une tournée comme celle-la haha.

Encore une fois merci pour ton temps, je te laisse les mots de la fin !
Steve : Mais de rien, avec plaisir, et merci à toi de m’avoir permis de partager des trucs cools avec toi et ton public ! Notre nouvel album Black Heart sort le 27 novembre, et quand tout ça sera fini on a hâte de reprendre les concerts, et de tous vous voir !

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